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27 collectifs de salariés écolos s'unissent pour transformer les grands groupes français

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Publié le 22 avril 2021

ENVIRONNEMENT

Axa, Michelin, Edf, Vinci… Au sein de grandes entreprises, des salariés engagés dans la transition écologique ont créé des collectifs pour transformer leur groupe de l’intérieur. 27 d’entre eux ont décidé, ce 22 avril, de s’unir pour lancer “Les Collectifs”. Leur but est de créer un vaste réseau pour pousser leur employeur à repenser les business models au regard de l’urgence climatique.

S’unir pour peser davantage dans la balance. Vingt-sept collectifs de salariés engagés dans la transition écologique viennent de lancer une nouvelle fédération baptisée Les Collectifs. Cette dernière réunit des salariés venus de grands groupes comme Engie, IBM, Airbus ou Michelin, qui veulent transformer de l’intérieur, leur entreprise. “Il suffit de 10 % des collaborateurs pour changer toute l’entreprise”, assure cette nouvelle association, citant la Harvard Business Review. 

“On s’est rendu compte qu’il y avait une multitude de collectifs de salariés qui s’auto-organisaient au sein des entreprises pour mener des actions sur la transition écologique mais qu’ils n’étaient pas connus et qu’ils ne se connaissaient pas les uns des autres“, raconte Antoine Trouche, membre de Pour un Réveil écologique, un collectif d’étudiants de grandes écoles qui militent pour que l’écologie devienne la priorité de leurs futurs employeurs. “Pendant un an, on a décidé de réunir ces différents collectifs, de créer des ponts entre eux afin de former un vrai réseau”, explique-t-il.

“Un lobbying interne”

De cette expérience est née une cartographie qui recense les différents collectifs de salariés présents en France. Le but est de partager les bonnes pratiques, de généraliser l’entraide mais surtout créer une vraie communauté qui ait du poids. “C’est un lobbying interne”, témoigne Lucile Jerber, qui a lancé, il y a trois ans, le collectif Bee Green d’IBM. “Plus on est nombreux, moins les entreprises peuvent éviter la discussion”, croit-elle. 

Le collectif, qui compte plus de 200 salariés, a dans un premier temps travaillé sur les écogestes, le remplacement des gobelets en plastique par des mugs, des bouteilles par des gourdes, pour monter en puissance et sensibiliser les salariés sur leur cœur de métier. Bee Gree propose ainsi des ateliers d’une demi-journée pour redéfinir les métiers en y intégrant l’environnement. “On sent qu’il y a une convergence entre la pression des salariés et celles des clients qui posent de plus en plus de questions sur l’impact carbone des produits que l’on propose”, explique Lucile Jerber.

Du côté de Michelin, le collectif mobilise son travail autour de quatre axes allant de la sensibilisation des salariés au travail sur la neutralité carbone. “On souhaite vraiment challenger notre entreprise et, à long terme, pouvoir jouer un rôle dans la réorientation de son business model”, défend son créateur, Alexis Treilhes, analyste cycles de vie chez Michelin. “On sait que ce ne sera pas facile, mais ce n’est pas impossible”, croit-il.

Changer d’échelle

Certains ont déjà essayé de mener des actions en questionnant le modèle économique de l’entreprise dans laquelle il travaille, mais ils se sont heurtés à un mur. “Clairement, on nous a remis à notre place”, témoigne un salarié d’une grande entreprise qui préfère rester anonyme. “Je me dis qu’avec notre nouvelle fédération, on va pouvoir montrer qu’on est puissant et nombreux. Mais si rien ne bouge, je ne resterai pas dans une entreprise qui est bloquée dans le monde d’avant“, argue ce salarié. L’ambition de Les Collectifs est justement de permettre un changement d’échelle des mobilisations actuelles dans un esprit constructif. 

“En France, on compte des millions de salariés dont les entreprises vont devoir se transformer. On veut les aider dans cette démarche, en y apportant du sens. Les dirigeants doivent s’appuyer sur les forces vives de leur entreprise pour y arriver et ce nouveau mode d’engagement ne peut que leur faciliter la tâche”, résume Quentin Bordet, qui a lancé le collectif Go Green au sein du Boston Consulting Group. 

Marina Fabre, @fabre_marina

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