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5 clés pour favoriser l’épanouissement en entreprise

Chroniques d’experts

Management

Le 01/06/2021

© Getty Images


Temps de lecture : 6 minutes

Si l’épanouissement relève avant tout de la volonté de chaque individu, dans la sphère professionnelle, les managers jouent un rôle clé pour le susciter auprès des collaborateurs.

Votre épanouissement vous amène, selon l’écrivain Stefan Zweig, à « saisir en vous le monde entier ». Vous accomplissez vos possibles. Vous vous réalisez. Vous donnez un sens à votre vie par l’action consciente en lien avec les autres. L’épanouissement va ainsi au-delà de ce que l’on appelle communément le bonheur, et qui est souvent défini comme le ressenti d’émotions positives. L’activité professionnelle est un des domaines où l’on peut s’épanouir, sans être le seul ni le plus important. Pour autant, cela ne dépend pas entièrement de soi – l’ego pouvant en effet s’épuiser à vouloir satisfaire la volonté individuelle de changement. Le manager, en particulier, a un rôle important dans la construction d’un environnement favorable à l’épanouissement des collaborateurs, comme le montrent les avancées récentes en psychologie et en management (« S’épanouir en temps de crise », éd. Eyrolles). Cinq grandes dynamiques entrent ainsi en jeu pour construire un épanouissement durable.

La puissance acquise

Christian a commis une erreur dans la gestion de sa gamme de produits. Les critiques fortes dont il a fait l’objet ont ravivé en lui des remises en cause douloureuses du passé et l’ont amené à se « geler ». La seule action dont il était capable était l’envoi de mails de justification. Son responsable l’a aidé à organiser une réunion pour mettre au point une nouvelle procédure pour que l’erreur ne se reproduise pas. Christian a été étonné de la facilité avec laquelle il a pu finalement s’épanouir dans l’action constructive et repartir vers de nouveaux projets.

S’épanouir consiste d’abord à agir. Les actions menées sont l’une des principales sources de joie de vivre d’une journée. Si on est en crise, on peut avoir tendance à se renfermer sur soi, à procrastiner exagérément, à ruminer sous prétexte de réfléchir. L’antidote ? L’action. Il s’agit d’être à nouveau ouvert, de redevenir constructif. Cela passe par certaines compétences, comme l’organisation, la flexibilité et la capacité à réagir face aux défis, la prise d’initiative, la créativité et l’innovation. On fera alors croître son estime de soi et sa confiance en soi, source d’une énergie nouvelle.

Cette dynamique est fondée sur la notion de puissance acquise, qui a été découverte à la fin des années 1960, à la suite d’expériences effectuées avec des animaux, puis avec des êtres humains. Lorsque les participants n’avaient pas de contrôle sur leur environnement de façon répétée (par exemple, s’ils recevaient des chocs sans pouvoir les arrêter), ils développaient une résignation face à l’adversité. En revanche, lorsqu’ils avaient la possibilité maîtriser la situation, ils saisissaient par la suite les opportunités d’action qui se présentaient. C’est donc notre environnement qui façonne notre tendance à l’impuissance ou à la puissance.

Dans le cadre professionnel, on développe de l’impuissance lorsque l’on peut se faire taper sur les doigts, être remis en cause ou faire l’objet de critiques, indépendamment de la qualité de son travail. Quant à la puissance, nous sommes à même de la faire grandir lorsqu’on nous accorde un véritable pouvoir d’agir et que nos réussites sont ensuite clairement reconnues. C’est en particulier la pratique de l’empowerment qui la favorise. Ce mode de management en plein développement consiste à donner à chaque collaborateur les moyens d’être responsable de ses décisions et de ses actions dans une zone de délégation donnée.

La présence consciente

Sophie, qui était débordée par ses missions de directrice des opérations, a préféré fermer les yeux sur un collaborateur qui passait trop de temps à surfer sur les réseaux sociaux. Au bout de quelques semaines, l’effet dévastateur sur le moral des autres collaborateurs lui ont fait penser qu’elle n’avait plus d’autre choix que de le licencier. Un travail d’acceptation, lié à la pratique de la méditation de pleine conscience, l’a amenée à maîtriser ses émotions, à recadrer la personne et à bâtir une situation plus apaisée pour toute l’équipe.

Une autre façon de s’épanouir complémentaire à l’action est la contemplation. Nous pouvons apprendre à arrêter régulièrement, ne serait-ce que temporairement, le tourbillon des pensées, des émotions, des sensations et des actions qui constituent nos journées. Nous pourrons alors accueillir ce qui est négatif comme un signal intéressant pour agir, le moment venu, en conscience. Peuvent alors mieux émerger la concentration, l’attention, la clarté, la patience et, finalement, la maîtrise de soi et les décisions pertinentes.

La présence en pleine conscience relève de trois processus. La « défusion » permet tout d’abord de nous rendre compte que nos pensées et nos émotions ne sont pas nous-mêmes. Une colère est passagère, nous pouvons nous en détacher sans la laisser piloter nos actions. Ce que l’on appelle l’« expansion », c’est l’acceptation des pensées et les émotions les plus négatives sans chercher à les rejeter ni à les combattre. Un sentiment de culpabilité, s’il est accueilli, n’est plus un fardeau et laisse la place à un plus grand espace intérieur. Enfin, la « connexion » renvoie à la capacité à vivre le moment présent sans qu’il soit chargé des difficultés du passé ou d’une tension exagérée vis-à-vis de l’avenir. Ces trois processus peuvent s’acquérir par la formation ou par l’accompagnement.

Le lien à l’autre et la vision

La troisième dynamique fondamentale de l’épanouissement est la mise en lien avec les autres. L’espèce humaine est hypersociale. Nous prenons du plaisir dans la relation, ce qui est un facteur d’efficacité de l’action commune. Le manager peut utiliser plusieurs techniques pour favoriser le lien social, comme « l’inclusion »  ou une méthode de prise de décision horizontale. Les équipes qui découvrent ces techniques sont souvent surprises de l’impact favorable qu’elles ont sur la bienveillance pour l’autre, la cohésion dans l’équipe et, in fine, sur la qualité du travail collectif et la satisfaction des clients.

La quatrième grande dynamique de l’épanouissement s’enclenche quand on se fixe des buts et qu’on s’engage pour les réaliser. L’action efficace est en effet orientée vers des réalisations futures qui ont de la valeur et qui sont désirables, ce que l’on appelle la vision. C’est cette image d’un futur inspirant qui donne une direction et une cohérence à nos activités. Cette construction imaginaire est à la fois utile individuellement et collectivement lorsque nous agissons en grand nombre. C’est parce que nos capacités de coopération sont décuplées par la vision que de très grandes entreprises peuvent fonctionner efficacement, alors même que les personnes au travail ne sont pas en lien direct. Le manager a un rôle important dans la clarification de la vision de l’entreprise pour son équipe, ainsi que dans la mise en cohérence entre les visions individuelles et la vision commune.

Epanouissement et émotions positives

La puissance acquise donne l’énergie pour agir. La présence consciente permet un enracinement serein. La mise en lien enclenche la coopération. Quant à la vision, elle renforce l’action efficace, en montrant la direction à suivre. Lorsque ces quatre dynamiques sont favorisées, une cinquième peut apparaître comme une conséquence naturelle et durable : l’expérience des émotions positives. Bonne humeur, satisfaction, plaisir, enthousiasme, gratification, fierté… Ces émotions positives pourront, à leur tour, avoir l’impact favorable qu’on leur reconnaît aujourd’hui : « élargir » les esprits et favoriser les « constructions » communes, ce qui nourrira à nouveau l’épanouissement de chacun dans un cycle vertueux.

L’épanouissement reste du ressort de chaque individu, qui peut décider dans quels domaines il veut le déployer. Il n’en reste pas moins que les managers peuvent avoir recours à des techniques pertinentes pour construire un environnement qui lui est favorable.

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