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+50°C, tempêtes de sable, manque d'eau… L’Irak, aux premières loges du changement climatique

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Canicule chaleur Irak AFP Hussein Faleh

Publié le 23 juin 2022

ENVIRONNEMENT

Si l’été ne fait que commencer, l’Irak étouffe déjà sous les effets de la chaleur. Plus de 50°C ont été enregistrés dans plusieurs villes, où les habitants tentent de se protéger malgré les coupures de courant quotidiennes. Canicule, sécheresse, désertification… Des phénomènes qui devraient se multiplier, alors que les Nations Unies classent l’Irak parmi les cinq pays les plus vulnérables face au changement climatique.

“La chaleur nous tue”, témoigne Abbas, 20 ans, depuis un chantier de Bagdad sur lequel il travaille sous un soleil de plomb. Ici, le mercure a atteint les 50 degrés sous abri au début du mois de juin. Une canicule inhabituelle pour le pays, où les fortes chaleurs sont pourtant la norme. Malgré cette vague de chaleur, le jeune irakien n’a pas le choix. Il dit travailler 11 heures par jour pour 30 000 dinars (environ 20 euros). C’est très peu, “mais celui qui reste assis à ne rien faire meurt de faim”, explique-t-il, en se versant une rasade d’eau fraîche sur le crâne.

A Bassora, plus au sud, où l’air est chargé d’une lourde humidité venue du Golfe, la situation n’est pas mieux. Les irakiens “vacillent”, raconte une habitante, qui ne dort plus la nuit à cause de la chaleur. Et pour cause : le 20 juin dernier, le thermomètre a enregistré 51,6°C selon les météorologistes, soit seulement 0,4°C de moins que le record mensuel national. 

Mais échapper à la canicule n’est pas à la portée de toutes les bourses. Par manque d’entretien et de capacité, le réseau électrique est défaillant et n’assure que quelques heures de courant par jour. Payer le propriétaire d’un groupe électrogène privé coûte environ 100 euros par mois pour une famille de quatre personnes.

La désertification gagne du terrain

Un été en enfer, après un printemps ponctué d’une dizaine de tempêtes de sable et de poussière, elles-mêmes causées par le changement climatique et la désertification de l’Irak. “Avec les canicules et les tempêtes de sable qui vont se multiplier, nous nous attendons à traiter davantage de patients pour des pathologies liées au climat”, indique Seif Al-Badr, porte-parole du ministère de la Santé à l’AFP.

Le climat change, les températures augmentent et l’Irak est aux premières loges, avertit son président Barham Saleh. Il a appelé à faire de la lutte contre les effets du changement climatique “une priorité nationale, car c’est une menace existentielle pour les générations futures”.

Dans les campagnes, les récoltes s’annoncent catastrophiques. “La désertification affecte 39% des terres irakiennes, la raréfaction de l’eau est un problème dans toutes nos régions”, expose Barham Saleh. Le niveau des fleuves ne cesse de baisser à cause des déficits en précipitations et des barrages construits par les voisins turcs et iraniens. Et ça n’est qu’un début. La Banque mondiale a estimé qu’en l’absence de politiques adaptées, l’Irak pourrait connaître d’ici 2050 une chute de 20% de ses ressources en eau douce disponible.

“Le lac est mort”

Une triste réalité pour les habitants de la région de Samawa, aux portes du désert, qui avaient l’habitude de venir pique-niquer sur les berges du lac Sawa. Aujourd’hui, plus rien ne témoigne de son existence, si ce n’est les ruines des infrastructures touristiques qui l’entouraient. “Cette année, pour la première fois, le lac a disparu”, déplore le militant écologiste Husam Subhi.

Le changement climatique et la hausse des températures sont pointés du doigt. Mais aussi “plus d’un millier de puits creusés illégalement” non loin pour l’agriculture et les usines de ciment et de sel des environs, qui “ont drainé des quantités importantes d’eau depuis la nappe phréatique qui alimente le lac”, précise Youssef Jabbar, directeur du département environnemental de la province de Muthana.

Malheureusement, Sawa n’est pas le seul plan d’eau confronté aux affres de la sécheresse en Irak. Régulièrement, les réseaux sociaux sont inondés de photos de zones asséchées au sol craquelé, comme dans les marais mésopotamiens inscrits à l’Unesco, à Howeiza ou encore le lac Razaza, à Kerbala.

Florine Morestin avec AFP

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