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À Bordeaux, l'extension d'un magasin Zara refusée en raison du travail forcé des Ouïghours

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Publié le 30 novembre 2021

Zara, qui voulait étendre un de ses magasins dans le centre-ville de Bordeaux, vient d’essuyer un refus par une Commission départementale. Un refus motivé par l’ouverture d’une enquête visant Inditex, la maison mère de Zara, pour “recel de crime contre l’humanité” après un rapport d’ONG l’accusant d’acheter du coton issu de camps de travail persécutant les Ouïghours. Des accusations qu’Inditex réfutent. 

C’est un coup dur pour Zara. L’enseigne de fast fashion avait demandé l’autorisation de doubler la surface de son magasin dans le centre de Bordeaux, rue Sainte-Catherine. Le but était de passer de 1000 à 2000 m2. Mais l’extension du magasin a été refusée le 9 novembre par la Commission départementale d’aménagement commerciale qui a émis un “avis défavorable”.

Les trois membres qui ont émis leur veto, une adjointe du maire écologiste de Bordeaux, un élu écologiste de la Métropole et une conseillère de la Région Nouvelle-Aquitaine (PS-PCF-PRG), ont notamment invoqué l’existence d’une enquête judiciaire en cours sur des soupçons de recours au travail forcé d’Ouïghours en Chine par les sous-traitants d’Inditex, la maison mère de Zara. “C’est une décision politique que nous assumons. Nous avons voulu donner un signal fort en refusant l’agrandissement de magasins qui ne maîtrisent pas suffisamment leurs sous-traitants”, a souligné l’élu Alain Garnier, qui représentait la Métropole à cette commission.

Un vêtement en coton sur cinq viendrait d’un camp de travail ouïghours

L’enquête judiciaire évoquée par les élus a été ouverte en juillet dernier par le Parquet national antiterroriste de Paris. Elle vise quatre géants du textile en France dont Inditex, Uniqlo France, le chausseur de sport Skechers et le groupe SMCP qui détient notamment Sandro et Maje. Cette enquête fait suite à une plainte, déposée en avril dernier par trois ONG, l’association Sherpa, le collectif Éthique sur l’étiquette, l’Institut ouïghour d’Europe ainsi qu’une femme ouïghoure ayant été internée dans la province du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine.

Depuis plus de deux ans maintenant, les défenseurs des droits humains accusent la Chine de persécuter la minorité musulmane ouïghoure. Plus d’un million d’entre eux seraient internés dans des camps de travail forcé. Il y a un an, 180 ONG avaient publié un rapport dans lequel elles évaluaient qu’environ un vêtement en coton sur cinq vendus dans le monde contenait du coton ou du fil venu du Xinjiang qui serait lié au travail forcé des Ouïghours. Pour les plaignants, la question est de savoir si les grands noms de l’habillement ont profité du travail forcé de cette communauté persécutée. 

Actions dans les magasins Zara

Zara est régulièrement la cible de “happening” d’associations. Le 2 octobre dernier, l’ONG SumOfUs a ainsi organisé une action devant deux de ses magasins à Paris visant à “informer la clientèle de Zara de la complicité de la marque dans le travail forcé des Ouighours”. Inditex a toujours contesté les accusations. Le directeur général d’Inditex France, Jean-Jacques Salaün, défendait il y a peu sur Novethic la lutte contre le travail forcé comme “ADN du groupe”. Le groupe cite notamment un rapport, sorti en novembre, basé sur des données douanières, qui tente d’identifier comment le coton du Xinjiang peut entrer dans les chaînes d’approvisionnement internationales. Parmi les 103 marques internationales listées par les auteurs de l’enquête comme participant au travail forcé des Ouïghours, ne figure par le groupe Inditex.   

La maison mère de Zara devrait donc faire appel devant la Commission nationale pour l’aménagement commercial. “Avec l’impact de la fast-fashion sur l’environnement et les soupçons de recours au travail forcé des Ouïghours, le projet de Zara nous a semblé contrevenir aux critères de développement durable”, justifie Sandrine Jacotot, adjointe aux commerces à la mairie de Bordeaux.

Marina Fabre Soundron @fabre_marina avec AFP

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