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À l’approche de la COP27 : cinq rapports alertent sur la catastrophe climatique à venir

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urgence climatique autorite de regulation

Publié le 02 novembre 2022

ENVIRONNEMENT

En amont de la COP27 sur le climat, qui s’ouvre dimanche 6 novembre à Charm-el-Cheikh, en Égypte, de nombreux rapports ont été publiés ces derniers jours notamment par l’Agence internationale de l’énergie, l’Organisation météorologique mondiale ou encore l’ONU. Ils montrent tous que le monde va droit dans le mur. Novethic vous propose un récapitulatif des principales infos à retenir.

Vers un réchauffement compris entre +2,6 et +2,8 degrés

2022 aura été une “année gâchée” pour le Programme des Nations-Unies pour l’environnement (PNUE), qui a publié le 27 octobre son traditionnel rapport sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions, estimant qu’”une fenêtre d’opportunité se referme”. “Nous sommes très loin du niveau et de la rapidité de réduction d’émissions nécessaires pour nous mettre sur la voie d’un monde à 1,5°C”, a averti dans un communiqué, Simon Stiell, secrétaire exécutif d’ONU Climat.

Le rapport montre que les engagements internationaux nous placent sur la trajectoire d’un réchauffement de 2,6°C tandis que les politiques de réductions telles qu’actuellement menées par les États nous conduisent vers un réchauffement de 2,8°C. Or l’accord de Paris fixe pour objectif de contenir “l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C” et si possible à 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle.

La mise en œuvre effective des engagements actuels se traduirait par une baisse des émissions mondiales de 10% en 2030 par rapport à aujourd’hui, là où il faudrait qu’elles chutent de 30% pour tenir l’objectif de 2°C, et de 45% pour limiter le réchauffement à 1,5°C. Soit de trois à neuf fois plus! Des engagements “pitoyablement pas à la hauteur”, a lancé le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres dans un message vidéo cinglant. “Nous nous dirigeons vers une catastrophe mondiale”.

Les émissions de gaz à effet de serre battent de nouveaux records

Cet avertissement intervient alors que, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), les concentrations atmosphériques des trois principaux gaz à effet de serre – dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4) et protoxyde d’azote (N2O) – ont battu de nouveaux records en 2021. 

D’après le Bulletin de l’OMM, depuis le début des mesures systématiques, il y a près de 40 ans, jamais la progression annuelle des concentrations de méthane n’a été aussi forte qu’en 2021. Par ailleurs, le taux d’accroissement du dioxyde de carbone entre 2020 et 2021 a été supérieur à la moyenne du taux d’accroissement annuel des dix années précédentes.

En 2021, la concentration de l’atmosphère en dioxyde de carbone s’élevait à 415,7 parties par million (ppm), celle de méthane à 1.908 parties par milliard (ppb) et celle de protoxyde d’azote à 334,5 ppb, soit une progression de 149%, 262% et 124%, respectivement, par rapport à l’époque préindustrielle, lorsque les activités humaines ne perturbaient pas encore l’équilibre naturel de ces gaz dans l’atmosphère.

La transition écologique ne va pas assez vite, estiment des experts

Un consortium d’organismes de recherche a également publié un rapport le 26 octobre sur l’état de l’action climatique, qui passe au crible 40 indicateurs. Ils concluent que dans pratiquement tous les secteurs de l’économie mondiale, la transition écologique est bien trop lente pour éviter une catastrophe climatique. Qu’il s’agisse de l’électricité, de l’industrie, des transports, de la production alimentaire, de la déforestation ou de la finance, le constat est le même : les progrès doivent s’accélérer de manière spectaculaire – dans de nombreux cas, ils doivent être multipliés par dix ou plus – pour rester en phase avec l’objectif du traité de Paris de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C ou 2°C. “La dure vérité est qu’aucun des 40 indicateurs que nous avons évalués n’est en voie d’atteindre ses objectifs pour 2030”, a déclaré l’auteur principal du rapport, Sophia Boehm, chercheuse au Systems Change Lab.

L’AIE prévoit un pic mondial des émissions de CO2 liées à l’énergie en 2025

La (relative) bonne nouvelle est venue de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui annonce que l’invasion de l’Ukraine par la Russie pourrait avoir un effet paradoxal et positif pour le climat avec un pic des émissions mondiales de gaz à effet de serre liées à l’énergie dès 2025, en raison d’une “réorientation profonde” des marchés mondiaux de l’énergie depuis le mois de février. C’est la première fois que les trois scénarios étudiés par l’AIE identifient un pic ou un plateau de consommation de chacune des énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole).

“Ce n’est pas suffisant pour éviter de graves impacts climatiques, mais c’est un progrès par rapport à la situation dans laquelle nous étions il y a quelques années”, a commenté sur Twitter Fatih Birol, le directeur exécutif de l’AIE.

L’agence souligne également le besoin d’investissements massifs dans les énergies propres, à hauteur de 4 000 milliards de dollars dans le scénario zéro émission nette en 2050.

Concepcion Alvarez @conce1 avec AFP

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