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[À l'origine] Légiférer sur le climat, une invention du XXIème siècle

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Publié le 03 avril 2021

ENVIRONNEMENT

Le projet de loi Climat et résilience est actuellement voté à l’Assemblée nationale. L’idée de protéger l’environnement n’est pas nouvelle. Mais si les premières tentatives pour préserver la biodiversité et les ressources datent d’il y a plusieurs centaines d’années, légiférer sur le climat est un concept bien plus récent.

C’était en 1669. Une ordonnance de Jean-Baptiste Colbert promulguait des méthodes d’aménagement et de conservation des forêts. Une illustration parfaite de ce que “protéger l’environnement” signifiait alors : une préservation de la biodiversité et des ressources naturelles. Les premières régulations ont ainsi d’abord été dans ce sens. Il a fallu attendre le début du XXIème siècle pour voir naître les premières politiques climatiques.

La France a mis en place la première loi Adaptation Climat en 2011 à la suite du Grenelle de l’environnement de 2009 et à la stratégie nationale d’adaptation au changement climatique adoptée en 2006“, explique Nathalie Blanc, spécialiste des mobilisations environnementales et de l’Anthropocène, qui est intervenue dans le cadre de la Convention Citoyenne pour le climat. “La politique climat en France et ailleurs repose sur deux pieds : l’atténuation et l’adaptation, l’une visant à réduire les émissions, l’autre à adapter les populations et les infrastructures”, ajoute-t-elle.

En ce qui concerne l’atténuation des émissions de CO2, les mesures sont plus tardives encore, avec “la loi de 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte”. Mais l’ambition n’était déjà pas au rendez-vous. À peine promulguée, la loi “s’est trouvée tout de suite dépassée par la réalité des émissions“, détaille la chercheuse.

Un plan d’action d’abord international

Les premières mesures climatiques en France sont donc récentes. Pourtant, la prise de conscience du rôle des émissions de CO2 dans le réchauffement du climat ne date pas d’hier. “Sur le plan scientifique, le potentiel d’augmentation de la température mondiale résultant des activités industrielles libérant du dioxyde de carbone a été identifié pour la première fois par Joseph Fourier, John Tyndale et Svante Arrhenius en 1827, 1859 et 1889 ” explique Nathalie Blanc.

Mais l’action climatique à l’échelle de la France s’inscrit d’abord dans une prise de conscience plus globale. La démarche ne va en effet pas de soi : il s’agit de légiférer sur un processus qui dépasse largement à la fois les frontières géographique et temporelle. “C’est seulement à la fin des années 1970 que l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a commencé à s’inquiéter du fait que les activités humaines pourraient entraîner un réchauffement important de l’atmosphère” ajoute la chercheuse. En 1979, l’OMM organise la première Conférence mondiale sur le climat, qui rassemblait alors principalement des scientifiques. Le protocole de Kyoto, premier accord international à ce sujet, n’est signé qu’en 1997 et n’est entré en vigueur que huit ans plus tard.

 Pauline Fricot, @PaulineFricot 

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