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À mi-parcours, la Convention des entreprises pour le climat veut faire émerger de nouveaux modèles

Publié le 13 janvier 2022

Lancée officiellement en septembre 2021, la Convention des entreprises pour le climat est déjà à mi-parcours. Une “claque” pour certains, un “élan collectif exceptionnel” pour d’autres. Après la prise de conscience, les 150 dirigeants sélectionnés entrent dans le dur pour faire changer le modèle de leur entreprise. Des “ambassadeurs” qui devront pousser le reste du tissu économique français à réaliser leur transition. 

C’était en décembre 2020. Après le retentissement de la Convention citoyenne pour le climat, le monde économique récupère le flambeau. À la barre, Eric Duverger, ancien cadre de chez Michelin pendant plus de 20 ans, veut “réinventer l’entreprise à haute conscience écologique”. En quelques mois 150 dirigeants de grandes et petites entreprises comme Heineken, Pierre & Vacances, Crédit Agricole… rejoignent la Convention des entreprises pour le climat. La mission est ambitieuse : construire 150 feuilles de routes environnementales pour ouvrir un nouveau cap d’ici 2030 qui influera sur l’ensemble des secteurs économiques.

Dès la première session, portant sur le déclic climatique et la prise de conscience de l’impasse de notre modèle de développement, le ton est donné. “C’était vraiment une claque”, atteste Christophe Martin, directeur général de Renault Trucks. “Je n’étais pas très sensibilisé à ces sujets, j’étais loin de réaliser où on en était. Cette part d’émotion était vraiment nécessaire pour monter à bord”, ajoute-t-il. Même constat chez Céline Romain, directrice de RH Solutions et membre du Comex 40 du Medef : “Je n’aurais jamais imaginé que ce parcours puisse être aussi puissant, qu’il y ait un telle énergie collective”.

Des dirigeants ambassadeurs

Au total, les dirigeants doivent suivre six sessions. La réinvention des modèles économiques et les outils de mesures de la performance étaient au menu des sessions 2 et 3. La prochaine, dédiée au “génie humain” aura lieu fin janvier. “Les dirigeants sont clairement montés en compétences, ils sont désormais au niveau de connaissance de leur responsable RSE”, affirme Eric Duverger. “Il y a une émulation chez les participants qui permet de monter le curseur”. Du BTP en passant par la santé jusqu’à l’agroalimentaire, tous les secteurs sont représentés. Le but étant d’avoir une diversité de profils pour infuser un maximum dans le tissu économique français en s’appuyant sur ses dirigeants “ambassadeurs”.

Ces derniers, tirant les premiers enseignements de la CEC, ont lancé des chantiers dans leur propre entreprise. “Chez Renault Trucks, on développe, fabrique et vend des camions, donc on fait partie du problème. La question est : comment faire tourner son entreprise quand le postulat est de vendre moins de camions ?“, s’interroge Christophe Martin. Le chef d’entreprise mise sur trois axes : l’évolution de l’offre vers plus d’électrique, le développement d’un modèle basé sur l’économie circulaire plutôt que sur les “camions kleenex” et enfin l’optimisation de la logistique alors qu’aujourd’hui la moitié des camions roulent remplis à 50 % seulement. “On a déjà 300 commandes de camions à reconditionner. C’est nouveau, on est les premiers en France à le faire”, explique le dirigeant.

“Plus loin et plus vite”

La CEC permet d’aller “plus loin et plus vite”, abonde Carole Neyrinck, responsable RSE du groupe ARaymond qui participe à toutes les sessions de la CEC avec le PDG de l’entreprise familiale, Antoine Raymond. “L’idée est d’avoir un rayonnement, de lancer une dynamique et d’embarquer avec nous nos sous-traitants mais aussi d’autres entreprises qui pourraient nous aider à développer l’économie circulaire et régénérative”. Le groupe, spécialisé dans des solutions d’assemblage pour, entre autres, l’automobile, réfléchit notamment à faciliter le désassemblage pour récupérer les pièces et pouvoir les réutiliser.

Si les réflexions sont lancées, certains manquent à l’appel. Les entreprises du CAC40 sont les grandes absentes de ce panel. “On compte sur l’effet d’entraînement de la CEC pour les inciter à rejoindre le mouvement avec un format plus adapté à leurs agendas très chargés”, réplique l’ancien directeur marketing de Michelin, Eric Duverger. Les initiateurs de la CEC comptent aussi peser sur les élections présidentielles en portant leurs préconisations dans le débat. L’idée est notamment de pousser de nouvelles réglementations. Le ministère de la Transition écologique sera en tout cas attentif à leurs recommandations. Avec l’Ademe, l’Agence de la Transition écologique, il a demandé à la CEC de fournir un mode d’emploi pour répliquer au niveau régional voire national les éléments clés d’une transition réussie.

Marina Fabre Soundron @fabre_marina

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