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À partir du 3 novembre, 9h22, les femmes travaillent gratuitement

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Publié le 03 novembre 2021

C’est un marqueur symbolique des inégalités entre les femmes et les hommes. Selon le collectif féministe Les Glorieuses, les Françaises ont commencé à travailler bénévolement depuis le 3 novembre à 9h22. La date a été calculée à partir de l’écart de salaire, estimé à 16,5% cette année contre 15,5% l’année dernière. La pandémie et les confinements ont exacerbé les inégalités. 

La date est emblématique et le problème bien réel. À partir du 3 novembre, à 9h22, les Françaises travailleront gratuitement jusqu’à la fin de l’année, alerte la lettre d’information Les Glorieuses. Depuis cinq ans, le Collectif féministe calcule chaque année la date à laquelle les femmes cessent symboliquement d’être payées en raison des inégalités salariales.

L’échéance est établie à partir de l’écart de salaire entre les femmes et les hommes, estimé à 16,5 % cette année contre 15,5% l’année passée. Un “pourcentage en hausse constante depuis 2018” déplore la créative de l’infolettre Les Glorieuses, Rebecca Amsellem. L’an dernier, la date tombait le 4 novembre à 16h16, et  le 7 novembre en 2016. A ce rythme, les femmes toucheront un salaire équivalent à celui des hommes dans 267,6 ans.

Ce constat est sans appel : des mesures concrètes doivent être mises en place dès aujourd’hui afin d’éviter d’attendre 2234 pour voir naître l’égalité salariale, a ajouté l’activiste dans le communiqué. Évitons des dizaines d’années d’inégalités grâce à un plan économique adapté. Oui, l’égalité coûte de l’argent, il en va de même pour sauver l’industrie aéronautique. Et c’est un choix que le gouvernement est en mesure de faire pour ses citoyens et citoyennes” .

Des inégalités exacerbées avec le confinement

La crise sanitaire a exacerbé les inégalités entre les hommes et les femmes. “41 % des femmes de moins de 65 ans déclarent que leurs revenus ont diminué depuis le début du confinement”  a souligné l’enquête COCONEL (Coronavirus et confinement : enquête longitudinale ) menée par l’Institut national d’étude démographique en juillet 2020.  En 2020, les femmes constituaient 70 % des travailleurs pauvres, 83 % des temps partiels et 62 % des emplois non qualifiés selon l’Institut du genre en géopolitique.

Parallèlement, le confinement a alourdi la charge mentale des femmes au sein des ménages, notamment pour la garde des enfants. “Elles sont 21 % à s’être arrêtées de travailler à cette occasion” , souligne le think tank, soit “le double des hommes“. Elles bénéficiaient également de conditions moins favorables que leur conjoint. Selon une étude publiée par le Boston Consulting Group (BCG) fin février auprès de 2 000 salariés, elles étaient 1,3 fois moins nombreuses que les hommes à bénéficier d’un espace isolé en télétravail, et avaient 1,5 fois plus de risque d’être interrompues au cours de leur journée. 34% d’entres elles estimaient être proches du burn-out ou sur le point de craquer, soit 21 points de plus que leur homologue masculin. La principale autrice de l’étude, Jessica Apotheker, craignaient des conséquences sur le long terme, et une perte de la prochaine génération de dirigeante, en dérochage.

Par le biais de cette annonce symbolique, les militantes féministes souhaitent interpeller les candidats l’élection présidentielle. “L’objectif des candidat.es est de défendre et proposer un projet de société qui réponde aux défis concrets de notre société pour que l’on tende vers plus de justice et d’égalité” explique le communiqué des Glorieuses. Elles appellent notamment à revaloriser les salaires des métiers dans lesquels les femmes sont plus nombreuses comme les métiers du soin, du secrétariat ou de l’enseignement, à favoriser la transparence des grilles salariales des entreprises ou à encourager la pratique de l’éga-conditionnalité, c’est-à-dire le conditionnement de l’attribution des aides publiques au respect des règles paritaires.

Pauline Fricot, @PaulineFricot 

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