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À Sciences Po, les étudiants bousculent l’institution sur l’écologie

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Sciences Po

Publié le 15 avril 2022

Des étudiants se mobilisent dans plusieurs écoles et universités pour manifester leur déception face aux résultats des élections. Ils revendiquent de mettre plus en avant la question climatique. À Sciences Po, des étudiants rêvent d’un sursaut écologique de l’établissement. La fin du partenariat avec TotalEnergies est une avancée, mais ils demandent un véritable engagement contre les énergies fossiles.

Les manifestations dans les universités s’enchaînent ces derniers jours suite aux résultats des élections. À la Sorbonne, Normale Sup ou encore Sciences Po, des étudiants ont occupé les locaux pour exprimer leur colère. Ils revendiquent notamment un sursaut écologique de la part des candidats. Ces manifestions s’inscrivent dans un contexte déjà tendu dans certaines écoles. Les étudiants de Sciences Po s’inquiètent déjà depuis plusieurs années du faible engagement de leur établissement dans la transition écologique.

Récemment, ils estimaient pourtant avoir emporté une “victoire historique”, selon l’Unef, le syndicat étudiant. Le partenariat entre Sciences Po et TotalEnergies a en effet pris fin, après plus de 15 ans de renouvellements successifs. La fondation Total versait un montant de 200 000 euros par an en moyenne, finançant des programmes d’égalité des chances. L’établissement rue Saint-Guillaume annonce développer de nouveaux partenariats avec de grandes entreprises et fondations, ce qui représente en moyenne 15 millions d’euros par an.

 “La fin normale d’un partenariat”

Pour l’établissement comme pour TotalEnergies, il s’agit simplement de la “fin normale d’un partenariat”, décidée en janvier. Cette annonce ne suffit pourtant pas à rassurer les étudiants qui demandent plus de transparence et de dialogue avec les étudiants. Certes, un comité des dons a été mis en place pour choisir les partenariats, mais les critères des décisions ne sont pas communiqués. Ils reprochent toujours à leur école de ne pas avoir pris d’engagement contre les énergies fossiles.

Les étudiants veulent donc maintenir la pression. L’UNEF demande le “réinvestissement massif de l’État dans l’université et la fin des financements privés”. L’association Sciences Po Zéro Fossiles a choisi de concentrer sa lutte contre TotalEnergies, malgré la présence d’autres partenariats contestés, notamment des banques investissant fortement dans les énergies fossiles ou l’industrie aéronautique. Elle reproche à la multinationale son puissant “soft power”,  avec par exemple la communication de nombreuses offres d’emploi et de stage et, jusqu’en 2020, la présence de deux professeurs associés à TotalEnergies dans le master “Énergie, ressources et développement durable”. Ils ont été remplacés après une enquête du magazine Reporterre sur les biais dans leurs discours sur les énergies et la géopolitique mondiale.

Un mouvement mondial de désinvestissement des énergies fossiles

Les revendications des étudiants de Sciences Po s’inscrivent dans un mouvement global. Aux États-Unis, l’ONG Climate Defense Project regroupant des étudiants de Yale et Stanford, a déposé plainte contre les universités refusant de se désengager du fossile. Harvard a de son côté annoncé qu’elle renonçait à investir dans les énergies fossiles. En fil rouge, l’association 350.org aide les étudiants de Sciences Po et d’autres universités autour du monde à militer pour le soutien aux énergies renouvelables, apportant des formations et aidant à faire le lien entre les promotions.

Sciences Po commence pourtant à bouger. En 2019, le programme “Climate action, make it work” a lancé de nombreuses initiatives comme une consultation “Campus durable” et un état des lieux sur la place de la transition écologique au sein des cours. La même année, le Shift Project publiait la même année un rapport sur l’enseignement supérieur français, aboutissant à une mobilisation des directeurs et députés. Il montre que seulement 24 % des formations abordent les enjeux climat-énergie. Sciences Po a de son côté annoncé que 24 heures de cours obligatoires sur la transition écologique seront ajoutés à ses formations à la prochaine rentrée. Le comité des dons contiendra également un siège supplémentaire occupé par un représentant étudiant. Une initiative du nouveau directeur Mathias Vicherat qui devrait engager de nouvelles discussions sur les critères d’acceptation des dons.

Fanny Breuneval

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