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Abstention : quatre pistes à explorer pour remobiliser les électeurs

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Publié le 29 juin 2021

Aux deux tours des élections régionales 2021, près de deux tiers des électeurs ont décidé de faire l’impasse sur la visite de leur bureau de vote. C’est une vraie crise démocratique. Si l’appel à réformer l’offre politique se fait entendre, on peut aussi repenser la façon de voter. Certains pays ont opté pour le vote obligatoire d’autres pour pour le vote électronique… Novethic explore quatre pistes alternatives pour faire revivre la démocratie.

Ne plus voter pour un seul candidat

Le scrutin uninominal, où nous votons pour une seule personne ou une liste, ne permet pas de refléter le raffinement de nos opinions politiques. Pire ce mode de vote est parfois faussé par des “petits” candidats. On se souvient du cas de Lionel Jospin, éliminé au premier tour de l’élection présidentielle 2002, à la faveur de Jean-Marie Le Pen. Aussi, politologues et mathématiciens s’attellent à trouver des modes de scrutins plus justes. Il existe par exemple le “vote alternatif” où l’on classe les candidats par ordre de préférence, méthode déjà employée pour certaines élections en Australie ou en Irlande. Le vote par approbation permet lui de voter pour plusieurs candidats, ce qui permet de voter pour un “petit” candidat, sans éliminer un candidat proche mieux placé. Enfin, la meilleure méthode, celle avec le moins de biais, est le “jugement majoritaire” où chaque candidat est “noté” individuellement. Celui qui a la meilleure évaluation finale est élu. Toutes ces méthodes ont été expliquées par la chaîne Youtube Science Étonnante dans sa vidéo “Réformons l’élection présidentielle !”.

Le vote électronique pour éviter de se déplacer

À chaque élection, le vote électronique est dégainé par certains politiques comme la solution miracle à l’abstention de plus en plus forte des Français. Cette technique peut recouvrir à la fois le vote sur des machines directement dans les bureaux de vote, et le vote par correspondance sur Internet encore inexploré en France. Pour les partisans de cette méthode de scrutin, le vote électronique permettrait de “moderniser la démocratie” et de mieux répondre à l’attente des citoyens, notamment des plus jeunes. Mais le seul retour d’expérience au sein de l’Union européenne est l’Estonie où le vote par Internet a été développé à grande échelle. Outre des failles de sécurité et des problèmes d’atteintes à la vie privée, le passage au vote électronique n’a pas eu d’effet significatif sur la participation dans le pays, rapporte l’Université libre de Bruxelles dans une étude.

Revoir le calendrier électoral

Une note de la Fondation Jean Jaurès, un groupe de réflexion proche du Parti Socialiste, propose des pistes de réforme pour redonner de l’intérêt pour le vote. Parmi celles-ci, la fondation suggère de revoir le calendrier électoral afin de renforcer la légitimité des élus. Et c’est notamment l’élection présidentielle qui est visée, le groupe de réflexion émettant l’idée de la fusionner avec les élections législatives. Ce quasi-crime de lèse-majesté en France, où la présidentielle demeure l’élection la plus emblématique, permettrait de rééquilibrer les pouvoirs entre le président et le parlement. La Fondation propose également de renforcer les compétences des collectivités locales, ou encore de développer les referendums locaux pour impliquer davantage les citoyens dans la vie politique de leur région.

Primaire populaire : repenser la sélection des candidats

Pour repenser la façon dont fonctionne la démocratie, un collectif citoyen a lancé en mai un processus de primaire populaire pour les élections présidentielles. L’objectif :  développer un espace qui permette d’avoir une candidature unique choisie et portée par les électeurs, pour rassembler les partis de gauche et les écologistes. Le point de départ n’est pas le candidat mais le programme. Celui-ci a été construit en amont par des citoyens et citoyennes autour de 10 mesures comme une “vraie” loi climat, un revenu de solidarité ou la garantie d’un emploi pour tous…Les candidats volontaires doivent ensuite être parrainés par des citoyens. Plus tard, à l’automne, les électeurs devront sélectionner le candidat final au jugement majoritaire : ils devront attribuer à chacun d’entre eux une mention (très bien, bien, à rejeter…).

La Rédaction

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