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Airbus et Roll’s Royce vont faire voler des avions alimentés à 100 % en biocarburants

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Publié le 23 mars 2021

Le secteur aérien représente à lui seul 2 % des émissions de CO2 de la planète. Appelé à urgemment réduire son impact environnemental, le secteur considère que la moitié de l’effort proviendra d’un changement de carburant, l’autre du design des avions et de l’optimisation du flux aérien. C’est pourquoi Airbus et plusieurs partenaires industriels vont tester la performance d’avions utilisant 100 % de biocarburants.

Le secteur aérien est pris dans un étau. D’un côté, il y a la crise du Covid-19 qui réduit drastiquement les déplacements mondiaux. De l’autre, il y a la prise de conscience généralisée du poids du secteur aéronautique en matière d’émission de CO2 qui éloigne certains voyageurs des avions. Ainsi, le secteur aérien s’est fixé pour objectif de réduire d’ici 2050 ses émissions de CO2 de 50 % par rapport à leur niveau de 2005. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.

Pour y parvenir, Airbus et plusieurs partenaires ont lancé une étude sur les émissions en vol d’un avion de ligne utilisant 100 % de biocarburant d’aviation durable : le SAF (Sustainable Aviation Fuel, littéralement carburant d’aviation durable). Ces biocarburants provenant d’oléagineux, d’huiles recyclées, d’algues, de sucres ou encore de résidus de bois. Les avions sont actuellement certifiés pour voler avec 50% de SAF.

Ici, l’objectif est “d’étudier les effets d’un carburant 100 % durable sur les émissions et les performantes des avions“, affirment Airbus, le motoriste Rolls Royce, le centre de recherche aérospatiale allemand DLR et le producteur de SAF Neste dans un communiqué commun. Un premier vol de ce long-courrier A350-900 équipé de moteurs Trent XWB a eu lieu à Toulouse. Il sera suivi “par des tests sur les émissions en vol qui débuteront en avril et reprendront à l’automne“. Un avion Falcon du DLR sera utilisé pour mesurer les émissions des moteurs, notamment de CO2, principal gaz à effet de serre.

Les SAF et l’hydrogène

À lui seul, le changement de carburant doit permettre d’attendre la moitié des gains de réduction d’émissions de CO2 promis par le secteur. Le reste proviendra d’une amélioration des moteurs et des avions afin qu’ils consomment moins et d’une meilleure gestion du trafic aérien. Selon l’Association du transport aérien international (Iata), les SAF peuvent réduire les émissions de CO2 de 80 % par rapport au kérosène sur l’ensemble de leur cycle d’utilisation. Le secteur compte avoir la capacité de voler avec 100 % de SAF d’ici 2030.

Reste à régler la question de la disponibilité de ces biocarburants. La production de SAF était de 50 millions de litres par an en 2020 et devrait atteindre 100 millions de litres en 2021. Il faudra toutefois passer à des volumes bien supérieurs alors que la flotte mondiale d’avions commerciaux a consommé 360 milliards de litres de kérosène en 2019. D’autres pistes sont envisagées pour abaisser la part de kérosène, comme l’utilisation d’hydrogène. Mais dans ce cas, il s’agit de créer des avions et des motorisations adaptées à ce carburant. Airbus espère mettre en service un tel appareil commercial en 2035.

En parallèle, le fabricant d’avions européen vient de dévoiler l’empreinte carbone de ses avions tout au long de leur vie. L’avionneur a ainsi calculé que les 863 appareils qu’il a livrés en 2019 émettront un total de 740 millions de tonnes de CO2 au cours de leur durée d’utilisation par les compagnies aériennes, estimée à 22 ans. Cela correspond aux émissions de CO2 émises par la France pour la seule année 2019. “Nous voulons vraiment démontrer notre engagement à promouvoir la décarbonation du secteur“, explique à l’AFP Julie Kitcher, vice-présidente exécutive d’Airbus.

Ludovic Dupin avec AFP

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