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Algues vertes, hydrocarbures, fuite d’huile… la reprise du tourisme français engluée dans des problèmes écologiques

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Publié le 15 juin 2021

ENVIRONNEMENT

Un navire, qui effectuait des forages en baie de Saint-Brieuc pour un parc éolien, a subi une fuite d’huile provoquant une nappe dans la zone. Cet accident survient quelques jours seulement après la marée noire et les galettes d’hydrocarbures retrouvées sur plusieurs plages corses après le dégazage d’un bateau. Entre l’huile, les hydrocarbures mais aussi, en fond, les algues vertes, le tourisme français pourrait payer cher ces catastrophes écologiques. 

Une pollution d’une ampleur “significative”. Voilà comment la préfecture maritime de l’Atlantique a qualifié le 15 juin une fuite d’huile de 100 litres qui a eu lieu le matin même en baie de Saint-Brieuc dans les Côtes-d’Armor. Un navire de forage, baptisé Aeolus et appartenant à la société Van Oord, réalisant des travaux dans le cadre d’un projet de parc éolien, serait à l’origine de cette pollution. 

La société Ailes marines, filiale d’Iberdrola qui construit le parc, a évoqué un “problème technique” ayant “entraîné l’écoulement de fluide hydraulique (…) utilisé dans les systèmes de guidage des foreuses”, selon un communiqué. “Ce fluide, spécialement conçu et développé pour les travaux en mer, est biodégradable selon les critères internationaux de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques]”, écrit la société, qui ajoute : “Il est considéré dans l’industrie comme l’un des plus respectueux de l’environnement.”

Plages fermées

Une explication qui n’a pas suffi à la ministre de la Transition écologique. Dans un tweet, Barbara Pompili a précisé qu’elle ne tolérerait “aucune négligence dans le déploiement des parcs éoliens en mer”. “À Saint-Brieuc, nous veillons à ce qu’Iberdrola prenne toutes les mesures pour nettoyer la pollution et assurer la poursuite du chantier dans des conditions irréprochables”, a-t-elle poursuivi. La ministre a fait passer au cours de ce rendez-vous “un message de tolérance zéro sur la manière dont doit être mené le chantier” et réclamé la “plus grande transparence” vis-à-vis de tous les acteurs, a indiqué son cabinet à l’issue de l’entretien.

Cet évènement intervient alors que plusieurs plages ont dû être fermées en Corse à cause d’une pollution aux hydrocarbures. Le 11 juin, à l’occasion d’un exercice militaire aérien, deux nappes d’hydrocarbure ont en effet été repérées au large des côtes de l’île de Beauté. Si les nappes ont tendance à prendre le large, certaines galettes d’hydrocarbures sont venues souiller plusieurs plages. Selon les autorités, cette pollution serait le résultat du dégazage illégal, ce procédé qui consiste à ce qu’un navire nettoie ses cuves et rejette en mer ses eaux polluées. Une action totalement proscrite qui est normalement réalisée dans un port.

“Entrave au développement touristique”

Ces deux événements dont le dernier a été qualifié par la ministre de la Transition de “pur acte de délinquance écologique”, viennent assombrir l’horizon de la reprise du tourisme en France. Alors qu’Emmanuel Macron a appelé les Français à passer leurs vacances dans l’Hexagone, en misant sur le “tourisme vert” et le “patrimoine nature”, les hydrocarbures et les fuites d’huile pourraient bien faire dévier les citoyens de ces destinations. D’autant que ce ne sont pas les seuls problèmes écologiques que les vacanciers pourraient rencontrer. 

Depuis le mois d’avril, sur la baie de Saint-Brieuc notamment, où a eu lieu le 15 juin la fuite d’huile, des échouages très importants d’algues vertes ont été constatés. Ce mélange vaseux sentant l’œuf pourri, qui recouvre certaines plages de Bretagne, pose de vrai problème de santé publique et environnementale. Le phénomène, survenu pour la première fois au début des années 70 ne cesse de prendre de l’ampleur avec l’industrialisation de l’élevage et la forte concentration des eaux bretonnes en azote et nitrate qui font proliférer les algues. Deux récents rapports, celui de la Cour des comptes et du Sénat ont conclu à la nécessité d’une lutte plus ambitieuse et efficace contre les algues vertes. Le maire de Port-Louis (Morbihan), Daniel Martin, est clair : les algues vertes sont “une entrave au développement touristique”. 

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP

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