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Anarchie la marguerite entre les dents

anarchie

Bouddhistes du drapeau noir

On ne va pas se mentir non plus. Il y a le dérèglement climatique, les guerres, la poussée des haines et de l’extrême-droite. L’être humain est un animal qui va mourir. Et peut-être même plus tôt que prévu. « Il n’y a rien à faire, donc on ne fait rien. » Le néo-libéralisme a réussi à mettre ça dans la tête des gens. Bien sûr, on peut être pessimiste dans les faits. Mais nous sommes de ceux qui ne se résignent pas. « La vie est belle et elle est courte, alors il vaut mieux crever en se disant que l’on a fait quelque chose de bien, non ? », m’a lancé un jour un copain anar. J’avais un peu mieux compris le sens de la vie.

L’anarchie est une utopie politique. Le monde que nous imaginons n’existera sans doute jamais. Mais ce rêve est notre carburant qui nous fait avancer et nous pousse à faire. Car l’anarchie est une joie concrète. Il y a de quoi se réjouir : nos nouvelles anarchies sont sensibles à de nouvelles questions. Elles remettent en cause le salariat, les pollutions, la consommation, le patriarcat, l’école, le racisme…
Pas besoin de fouiller le passé ou d’idéaliser le futur. On peut créer une brèche dans le présent, là, maintenant, et expérimenter tout de suite. Les exemples existent de partout. Et ça marche. Rien ne nous empêche d’ouvrir des espaces de luttes et d’émancipation, comme autant d’exemples pratiques de l’anarchisme. Dans une Zad, en soirée, dans un lieu collectif, un squat, une manif, lors d’une partie de foot improvisée, d’un pogo en concert, en grève, en séance de graff, en tractage, dans sa coopérative de travail… On se libère et on crée de la vie.

Penser l’anarchie est, pour moi, une méditation de tous les instants. En comprenant nos mécanismes sociaux, j’explique le monde et enlève les voiles de mon esprit. Puis, en créant et expérimentant ces moments hors du temps, je vis une paix intérieure. « Croire que la réalisation tranquille et généreuse du désir naturel d’aimer soit possible ruine les idéologies qui aveuglent, mutilent et répriment », écrit le poète Gary Snyder dans un texte où il rapproche le bouddhisme et la révolution. (4)
Ça me rend heureux lorsque je parle à des gens heureux. Ça me rend joyeux de choisir avec les autres les règles du jeu. Ce jeu, c’est la vie. Le temps n’a jamais été aussi propice à cueillir des marguerites et à les offrir à son voisin. L’anarchie est joyeuse et bienveillante. C’est pour cela que je l’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie !

Clément Villaume

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