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Anoushka, sans verge et contre tout

Puisque la pornographie est un sport de combat, Anoushka revendique aussi le collectif pour produire un cinéma alternatif. « Avec les acteurs, on mange ensemble, on discute des scènes, de leurs envies, de leurs peurs, de leurs doutes… Je crée un cocon bienveillant, où on discute ensemble. Bien qu’il y ait les lumières et le montage, je recherche toujours une grande part de réel. La majeure partie du temps, les acteurs lâchent prise, donc il n’y a pas de simulation. Ce sont de vrais orgasmes. »

Respect du temps de repos, pas d’horaires à rallonge… Loin des grosses productions qui brassent le dollar, Anoushka respecte les travailleuses et travailleurs du sexe. Comble de l’industrie du X : les actrices sont souvent plus payées que les hommes. Dans un tournage avec Anoushka, les hommes et les femmes sont payés avec le même tarif horaire. Indépendante, elle réalise ses films en coproduction avec Canal +, avec, assure-t-elle, une grande liberté de ton, « même s’il leur faut une ou deux scènes hétéros car ça correspond à leur public. »

« Le sexe, on l’invente, on rigole, on prend du plaisir »

Anoushka s’attache à montrer une diversité de corps dans son porno alternatif. « Tous les corps sont beaux. Même avec de la pilosité, de la cellulite, des vergetures… Tout le monde n’est pas hyper bien gaulé, donc on s’identifie beaucoup plus. »

« Le porno mainstream est très codifié. Les acteurs sont limite des robots, avec des positions abracadabrantes, continue-t-elle. Aujourd’hui, ces images sont responsables de la sexualité des jeunes et créent des complexes. Mais on ne peut pas leur demander d’éduquer, ce n’est pas la vraie vie, ça reste du cinéma. On ne regarde pas Fast and Furious [une série de films d’action avec beaucoup de courses-poursuites à voiture] pour apprendre à conduire ! »

Avec les copains dans la cour d’école ou par hasard sur la toile, la professeure de biologie Anne de Labouret alerte sur l’influence du porno sur les enfants. Selon elle, l’âge moyen de premier visionnage d’images pornographiques se situe autour de 10 ans. Et 100 % des enfants verront de la pornographie avant leur majorité.

« Le sexe est un moment de partage. On l’invente, on rigole, on prend du plaisir », complète Anoushka. Au lieu de frustrer le chaland avec des stéréotypes hétéros, la réalisatrice montre les faiblesses, parle de nos peurs. « Aujourd’hui, c’est l’image qui prime. On doit être au top tout le temps. Moi aussi, je me remets énormément en cause. Est-ce que je suis à la hauteur ? Je ne sais pas si un réalisateur homme se pose autant de questions… Il faut casser les clichés. Le porno féministe fait par des femmes n’est pas exclusivement réservé aux femmes. » Je confirme.

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