La COBEL Academy propose des Webinaires & Master Class

Appel à manifestation d’intérêt « Le travail, la santé et la performance : quels nouveaux modèles productifs ? »

Les modèles usuels de la performance s’essouflent et peinent à reconnaître l’importance de la contribution du travail au fonctionnement des organisations productives. Le travail est ainsi très souvent considéré comme un coût devant être réduit et non comme une ressource essentielle à l’action collective et à la création de valeur. Il en résulte des approches et des outils gestionnaires (reporting) « hors-sol » et inadaptés pour évaluer véritablement la contribution du travail à la vie et au développement de l’entreprise.

Les modèles de performance retenus sont le plus souvent fondés sur l’optimisation des tâches et gestes individuels et une vision « court-termiste » de l’activité. L’intensification et l’accroissement de la charge de travail induits entravent le développement et la consolidation de la santé des personnes ; les salariés se plaignant également d’un manque de sens du travail. Les projets technologiques et organisationnels sont le plus souvent déployés sans anticiper leurs usages au travail et sans requérir la participation des salariés. Les entreprises, en butte à une pression actionnariale et des exigences de rentabilité posées a priori se déforment progressivement et finissent par manquer de ressources pour leur développement.

Les conséquences sur la santé (mais aussi sur l’environnement), entrainées par des modes d’organisation préjudiciables à de bonnes conditions de travail sont, quant à elles, considérées, comme des dégâts inévitables pris en charge par la collectivité au titre des dépenses sociales. Enfin, ces modèles peinent à prendre en charge les nouveaux enjeux liés à la « servicialisation » des activités de travail, à la montée des exigences de qualité et de soins (Care), et à la transition écologique

Dans ces conditions, il semble nécessaire de rechercher des alternatives qui permettent de concevoir autrement les modalités d’articulation entre la santé des personnes, le travail et la performance des organisations.

Plusieurs enjeux et conditions peuvent être repérés pour les développer, notamment : 

  • Montrer et évaluer les effets utiles du travail pour les bénéficiaires et le développement de l’entreprise.Démontrer l’intérêt d’une transformation des modèles productifs existants en s’appuyant sur une meilleure reconnaissance de la valeur du travail,
  • Développer la capacité des acteurs à interroger les modèles productifs,
  • Collaborer avec les acteurs qui peuvent agir sur le fonctionnement de l’entreprise, la conception du travail, son organisation et son importance stratégique,
  • Mieux appréhender les finalités économiques du travail pour lui donner une place centrale.
  • Redonner une dimension politique au travail et appréhender le travail comme source de création de valeur.

Les travaux attendus doivent cibler en priorité les TPE/PME (et non les grands groupes), c’est-à-dire :

  • Des contextes d’autonomie de gestion, d’accès facilité au dirigeant et aux représentants du personnel,
  • Une capacité à revoir la stratégie et de réinterroger le modèle productif,
  • Enfin un ancrage territorial important, s’appuyant sur des écosystèmes locaux.

Objectifs

  • Rechercher et concevoir des modèles de production alternatifs, 
  • Repérer et soutenir un projet d’intervention et le développement de méthodes à destination de TPE/PME afin d’accompagner cette évolution,
  • Repérer et soutenir l’émergence d’un système local d’acteurs pertinent (bénéficiaires, chambres consulaires, SPSTI, acteurs du développement socio-économique, élus locaux, partenaires sociaux…) autour de l’entreprise afin de développer des logiques de coopération à l’échelle territoriale,
  • Contribuer à la conception collaborative d’un référentiel sur le travail comme facteur de santé et de performance ; référentiel porté par le réseau Anact-Aract selon une approche paritaire.

Qui peut répondre ?

Des laboratoires de recherche, des consultants et intervenants, des acteurs publics, des associations assurant des missions de veille, de prospective, d’innovation sociale et organisationnelle, de recherche et développement, d’expérimentations auprès des entreprises.

Caractéristiques des projets attendus

Les projets, qui pourront se dérouler sur le dernier trimestre 2022 et l’année 2023, devront permettre de :

  • En direction des entreprises et des territoires : 
    • Transformer des situations de travail et des modèles productifs,
    • Améliorer les conditions de travail et la performance,
    • Installer des dynamiques durables entre les acteurs à l’échelle du territoire,
    • Repérer les pratiques de coopération, les compétences, les formes d’organisation qui soutiennent ces transformations.
  • En direction du champ de l’amélioration des conditions de travail :
    • Transférer des expériences et des méthodologies d’intervention,
    • Enrichir la réflexion scientifique, 
    • Contribuer à l’élaboration d’un référentiel,
    • Mettre à disposition les résultats, les modes opératoires et les méthodes à destination du public.

Pourquoi répondre

Les projets sélectionnés pourront bénéficier :

  • d’un appui financier ;
  • d‘un accompagnement du réseau Anact-Aract qui pourra comprendre : l’apport ponctuel d’expertise sur les sujets « conditions de travail, organisation, relations sociales, dialogue professionnel et social, etc. » ; l’aide aux porteurs de projets dans les étapes de prototypage, modélisation et capitalisation des expérimentations menées ;
  • enfin d’une valorisation des projets soutenus et du partage des enseignements auprès d’un « groupe miroir », composé de partenaires institutionnels publics, à des fins de diffusion et d’enrichissement des formes d’innovation publique et de transfert de celles-ci.

Modalités de prise en charge

Les dépenses éligibles sont les suivantes :

  • Les dépenses de personnel liés à la conduite du projet.
  • Les frais de déplacement et de logistique.
  • Les prestations nécessaires à la conduite du projet et à l’atteinte des résultats escomptés (design, communication, conseil…)

Co-financement

Un co-financement à hauteur de 20% du montant total du projet est attendu de la part des porteurs de projet (autofinancement ou financements ad hoc). Dans le cas de financement spécifique obtenu par le porteur de projet, il conviendra de justifier du co-financement obtenu.

Montant maximal de financement

Le montant maximal de financement par projet octroyé par l’Anact est fixé à 80 000 € net de taxe.

Critères de sélection

Pour être retenus, les projets devront répondre aux critères suivants :

  • Pertinence du projet au regard de l’objet de l’appel à manifestation d’intérêt
  • Approche innovante de la problématique “conditions de travail” retenue
  • Dimension participative et capacité à mobiliser l’ensemble des parties prenantes concernées par la problématique
  • Mobilisation dans le pilotage et/ou l’animation du projet de plusieurs partenaires (institutionnels, partenaires sociaux, …)
  • Dimension collective du projet permettant de faire travailler plusieurs entreprises/structures ensemble
  • Ancrage territorial ou sectoriel du projet
  • Capacité de contribution du projet à l’émergence et à la structuration d’une demande sociale (exemple : un projet faisant suite à une étude, un sondage, l‘expression d’un collectif, etc.)

En répondant à cet appel à manifestation d’intérêt, les porteurs s’engagent à s’inscrire dans une dynamique de production et de partage de “communs de la connaissance”. Le comité de sélection interne à l’Anact est souverain, aucun recours ne sera possible en cas de refus d’un projet soumis, dans le cadre du présent appel à manifestation d’intérêt.

Calendrier

  • Date de limite des candidatures : le 30 septembre 2022
  • Date de sélection des projets : le 11 octobre 2022
  • Calendrier de mise en oeuvre : les projets devront s’achever au plus tard le 30 novembre 2023

Modalités de réponses

Envoyer votre proposition à fabrique@anact.fr comprenant :

  1. la description du projet (contexte, objectifs, problématique, cibles, déroulé méthodologique envisagé incluant un phasage détaillé, pilotage et comitologie, résultats escomptés, perspective de pérennisation et d’essaimage) ;
  2. un budget détaillé (dépenses de personnel, frais de déplacement et logistique, achats de prestations, les co-financements envisagés ou existants et leur nature) ;
  3. Les partenaires mobilisés et leur contribution attendue.

La Fabrique CTO, qu’est-ce que c’est ? 

La Fabrique CTO – Conditions de travail et organisation, c’est le dispositif d’innovation du réseau Anact-Aract. Il entend repérer, faire émerger, valoriser des projets :

  • traitant des problématiques émergentes de conditions de travail ;
  • s’appuyant sur la conception participative, le dialogue et l’expérimentation de nouvelles formes d’organisation du travail ;
  • impliquant des coopérations avec des représentants de l’écosystème d’appui aux “entreprise”.

Tout savoir sur la Fabrique CTO

Pour en savoir plus ou lire la suite : Source | Lien vers l'article