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Approvisionnement électrique : les entreprises appelées à se saisir des signaux envoyés par le dispositif Écowatt

Crise gazière européenne, parc nucléaire français en souffrance, sécheresse historique, retard de l’EPR de Flamanville et dans le déploiement d’énergies renouvelables censées compenser la fermeture ces dernières années de plusieurs centrales thermiques… La situation est tendue. Elle est même « exceptionnelle », selon Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE, l’opérateur du réseau de transport d’électricité. Et si d’habitude, la période dite à risque se concentre sur l’hiver, « elle commence cette année dès novembre ou décembre qui sont des mois aussi risqués que janvier, poursuit-il. C’est inédit ».

RTE a présenté, mercredi 14 septembre 2022, ses perspectives pour l’automne et l’hiver 2022-2023, une étude statistique qui évalue les probabilités d’arrêts temporaires de l’approvisionnement (délestages) et la conduite à tenir pour les éviter. Le risque est faible, estime l’opérateur. Du moins si les Français mettent en place des mesures de sobriété et sont réceptifs aux messages d’alertes envoyés. « Nous allons inciter les entreprises à utiliser Écowatt qui est le Bison futé de l’énergie », a réagi Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition énergétique.

Entre zéro et vingt-huit activations

Ce dispositif est la première lame des quatre mesures de sauvegarde du réseau envisagées par l’opérateur. Les trois autres sont « l’interruptibilité », c’est-à-dire l’arrêt immédiat des sites énergo-intensifs (les industriels concernés sont dans ce cas rémunérés) ; une baisse de tension de 5 % sur le réseau de distribution ; et le délestage (tournant et limité à deux heures), sujet qui fera l’objet d’une nouvelle communication mi-octobre. Il n’y a pas d’effondrement possible du réseau (black-out), a en revanche martelé plusieurs fois Xavier Piechaczyk. Ces quatre mesures seront plus ou moins utilisées selon la météo et l’état du parc électrique.

Dans le scénario le plus favorable – notamment si l’appel à la sobriété est entendu et que les réacteurs nucléaires peuvent rapidement redémarrer –, « vous n’entendrez pas parler de nous », poursuit-il. Sauf si l’hiver est très rigoureux. Dans un scénario intermédiaire, les mesures de sauvegarde pourraient être activées une à six fois. Si les ennuis s’accumulent (peu de sobriété, retard dans le redémarrage des réacteurs à l’arrêt, imports limités), même un hiver chaud nécessiterait quatre à sept activations. Contre six à huit avec les normales saisonnières et douze à vingt-huit si l’hiver est froid ou très froid. La plupart du temps entre 8 et 13 heures. Puis entre 18 et 20 heures.

Ne pas rester dans le rouge

« Les situations extrêmes ne sont pas les plus probables », souligne Xavier Piechaczyk. Apprendre à se servir d’Écowattn’en est pas moins une nécessité. D’abord en s’organisant pour recevoir les alertes de l’opérateur, disponibles par courriers électroniques ou SMS, mais aussi via une interface de programmation (API) qui permet d’automatiser la mise en veille d’un système de chauffage ou l’ajustement d’un process industriel. Ensuite en apprenant à comprendre cet indicateur qui affiche trois couleurs.

  • Vert : tout va bien.
  • Orange : il n’y a pas de risque de coupure, mais les marges du système électrique sont réduites pour répondre aux aléas. La réduction de consommation est donc bienvenue.
  • Rouge : on est face à un déséquilibre qui imposera des coupures s’il n’y a pas de gestes de réduction volontaire de la consommation à la réception du message.

Le chauffage : sujet numéro 1

Si les entreprises disposent chacune de marges qui leur sont propres, le gouvernement publiera début octobre son plan national de sobriété avec des bonnes pratiques à généraliser et des mesures sectorielles identifiées par les neuf groupes de travail à l’ouvrage depuis l’été. En attendant, RTE donne quelques pistes.

Le chauffage électrique représente 30 à 40 % de la consommation lors des journées froides d’hiver. « Dans le tertiaire, c’est 12 GW entre 8 et 13 heures, et 6 GW en fin de journée », détaille Jean-Paul Roubin, directeur de l’exploitation de RTE. Si les entreprises, administrations et ménages baissaient la température et décalaient certaines périodes de chauffe, cela pourrait réduire l’appel de puissance d’environ 5 GW quand Écowatt vire au rouge. Des efforts sur l’éclairage auraient un impact supplémentaire de 1,5 à 2,1 GW.

Des prix déraisonnables

Jouer collectif influe sur l’approvisionnement électrique… ainsi que sur les prix. Et le message subliminal envoyé par RTE vise d’ailleurs à calmer les marchés à terme. Jusqu’alors, les prix de l’électricité avaient le défaut de se calquer sur ceux du gaz. Aujourd’hui, ils n’ont plus aucun lien avec les coûts réels des producteurs ! « Les marchés sont passés brutalement d’une situation où le risque n’existait pas, à une prise en compte de la situation du pire qui est très improbable », regrette Xavier Piechaczyk.

Sur la même longueur d’onde, la première ministre Élisabeth Borne met en garde les entreprises tentées de signer des contrats d’achat trop longs. Si Écowatt fait ses preuves, sans doute les prix pourraient-ils retrouver des niveaux plus acceptables.

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