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Après la Coupe, l’heure de la COP

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Amusante synchronicité, que ces deux matches fous, dans la nuit de dimanche à lundi. Les Champs-Elysées déserts. La fête au Qatar, sous drapeau argentin. Puis cette victoire au forceps à l’autre bout du monde, à Montréal, pour sauver la biodiversité sur la planète. Après la Coupe, voici l’heure de la COP, que les médias avaient presque failli oublier tant son échec semblait patent. Mais, comme le peuple, la presse aime les rebondissements et les victoires. Cette semaine, vous en aurez donc deux. 

Que de joie à Doha, communicative jusque dans le camp adverse ! Après tant d’émotions : l’incompréhension d’abord, la peur face à ce 2-0, puis le suspense, la remontée, l’espoir, ce score incroyable de 3-3 en finale de coupe du monde, mais finalement, la défaite des Bleus, in extremis. « La tête haute », « Fiers de nos Bleus », titre la presse française. Tout est dit. La place de la Concorde est remplie. L’équipe de France a derrière elle la nation toute entière. 

Et si l’on décalait le regard ? Ce tour de force, celui d’unir un peuple, de susciter une communion collective, est sans nul doute la plus belle valeur portée par le football et par le sport collectif en général. Savez-vous que dans le secteur sportif en France, 84% des structures sont de statut associatif et fonctionnent grâce à leurs bénévoles ? Elles relèvent pleinement de l’économie sociale et solidaire, souvent sans le savoir. Et ce sont elles qui font tourner dans nos quartiers les  petits clubs, qui donneront demain nos grands champions.

Décalons le regard un peu plus loin, sur le terrain de la géopolitique mondiale. Savez-vous que la finale de la coupe du monde s’est jouée le jour de la fête nationale au Qatar, le 18 décembre, jour de l’unification du pays en 1878 sous l’égide la famille Al-Thani ? Cette famille règne encore aujourd’hui. Elle impose un pouvoir que nul ne peut contester, puisque ce pays n’est pas une démocratie. Dans le même temps, elle vient saper nos démocraties de l’intérieur, en corrompant les plus hautes sphères du Parlement européen. Une famille richissime grâce aux hydrocarbures de son sous-sol, mais qui n’assume aucune responsabilité face aux enjeux écologiques de notre siècle en construisant des stades de foot climatisés.

Heureusement, il y a eu ces deux triplés. Celui de Kylian Mbappé d’abord, qui ramène le score à égalité, avant de s’incliner devant le résultat des tirs au but, hébété, inconsolé par un Emmanuel Macron trop pressant, resté inconsolable encore aujourd’hui. 

Et puis, cet incroyable triplé « 30-30-30 » : protéger 30% de la planète, restaurer 30% des écosystèmes, et consacrer 30 milliards d’investissements par an dès 2030 pour protéger la nature, la biodiversité, la vie sur terre. A Montréal, 195 États se sont donc accordés sur des « mesures urgentes » pour l’avenir de la planète… après quatre ans de discussions. On n’y croyait plus ! Bien sûr, l’Europe n’a pas gagné sur la réduction des pesticides. Les entreprises, elles, ne sont obligées à rien. Et aucune contrainte ne pèse sur les Etats qui ne respecteraient pas leurs engagements, pour le moment.

Mais cet accord est tout de même qualifié d’historique… comme cette finale de coupe du monde ! Pour qui regarde le verre à moitié plein, les objectifs de Montréal sont clairement mieux-disants face à la situation d’aujourd’hui. Pour qui regarde le verre à moitié plein, la France vient de jouer sa 4e finale en 24 ans, un exploit, et elle est encore vice-championne du monde. Allez, regardons le verre à moitié plein, c’est Noël.

Bonnes fêtes à vous, on se retrouve en 2023 !


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