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Après le traumatisme du confinement, le télétravail ne prend plus

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Publié le 07 décembre 2021

Face à la recrudescence de la pandémie, le Premier Ministre Jean Castex a appelé les entreprises à ouvrir deux à trois jours de télétravail par semaine. Si le gouvernement “invite” mais n’oblige pas, comme ce fut le cas au début de la pandémie, c’est qu’il craint que le traumatisme du premier confinement, marqué par une hausse des burn-out, ne se rejoue. L’enjeu est aussi de faire “cohésion” alors que des tensions émergent entre les cols blancs et les cols bleus.

Alors qu’une cinquième vague de Covid-19 déferle sur la France avec, en toile de fond, de fortes craintes quant au variant Omicron, le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé le 6 décembre de nouvelles mesures sans restrictions trop importantes. À l’ordre du jour notamment : le télétravail. “Toutes les entreprises qui le peuvent et ne le font pas encore doivent mobiliser le télétravail, la cible étant deux à trois jours par semaine de télétravail” a appelé le Premier ministre.

Au moment où l’activité économique reprend des couleurs, le gouvernement a fait le choix de ne pas rendre obligatoire cet outil qui, pratiqué toute la semaine, permet de réduire le risque de contamination jusqu’à 30 %. C’est d’ailleurs un des leviers que proposait d’actionner le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, appelant à un recours “massif” au télétravail. Mais le premier confinement a marqué les esprits. Et le gouvernement ne veut pas reproduire le traumatisme vécu par des millions de salariés qui ont encore du mal à digérer ces mois d’isolement. 

Une étude publiée le 10 novembre par le cabinet Empreinte Humaine établit notamment un lien direct entre le télétravail et une augmentation des burn-out en France. Perte du collectif, fatigue, isolement… il y aurait aujourd’hui en France 2,7 fois plus de salariés en burn-out sévères qu’en mai 2020. Selon les chiffres de la Dares (Direction de l’Animation de la recherche, des études et des statistiques), publiés le 4 novembre, le télétravail est, parallèlement, continuellement en baisse. Les entreprises qui imposent au moins un jour de télétravail par semaine ne représentent plus aujourd’hui que 8 % de salariés contre 10 % fin septembre et 19 % fin août. En novembre 2020, un quart des salariés télétravaillait au moins un jour par semaine, et 44 % d’entre eux toute la semaine. Nous assistons donc à une sacrée décrue.

Une entreprise à deux vitesses

Si le gouvernement est si réticent, c’est aussi que le patron du Medef, considère que revenir à un télétravail obligatoire serait une “erreur”. “Il faut laisser le dialogue de proximité se faire. Il y a eu beaucoup d’entreprises qui ont signé des accords”, pointe Geoffroy Roux de Bézieux. Même ton du côté du président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CPME) qui explique avoir eu “énormément de mal à ramener à l’activité des gens en télétravail depuis très longtemps”. Chose rare, les syndicats ne sont pas non plus favorables à l’imposition du télétravail, pointant ainsi la “fracture” entre les salariés qui en bénéficient et les autres. Si les cols blancs ont accès au télétravail, les cols bleus, eux, restent sur la touche. 

“Pour certains salariés qui ne peuvent pas télétravailler, l’image du télétravail, c’est un peu la glande !”, pointe Geoffroy Roux de Bézieux. Si l’accès au télétravail n’est pas un sujet aussi clivant que les écarts salariaux, des tensions émergent avec la crainte d’une entreprise à deux vitesses. Déjà lors du premier confinement, le fossé était visible : 15 % des ouvriers et 21 % des employés pouvaient télétravailler à temps plein contre 57 % des cadres et 58 % des professions intermédiaires, selon les chiffres de l’Insee. Alors qu’une révolte des bas salaires se joue dans plusieurs grandes entreprises depuis le confinement, le gouvernement veut éviter de jeter de l’huile sur le feu. La ministre du Travail, Élisabeth Borne, espère que la “la pression sur les entreprises” évitera “de revenir à des obligations”. 

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