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[Articles] Biodiversité : quel bilan écologique pour Emmanuel Macron ? (8/8)

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Episode 8/8. Depuis son élection, Emmanuel Macron s’est positionné à plusieurs reprises comme le « président du climat », de son appel aux chercheurs américains lors du retrait des États-Unis de l’Accord de Paris à son récent discours d’inauguration à la COP26. Mais, dans les actes, qu’en est-il ? Avec la fin de son quinquennat vient le temps du bilan. Agriculture, mobilité, habitat, climat… Voici une série de huit épisodes consacrés aux mesures écologiques prises par Emmanuel Macron, dont deux épisodes seront publiés chaque semaine jusqu’à l’échéance des élections. Pour ce huitième et dernier opus, on analyse ses politiques dans le domaine de la biodiversité.

Durant son mandat, le président aura fait une myriade de cadeaux aux chasseurs : prix du permis de chasse divisé par deux, opposition au moratoire de chasse des tourterelles des bois, autorisation de chasse d’une centaine de milliers d’oiseaux sauvages… Malgré des avancées, la préservation de la biodiversité ne semble pas prioritaire.

Ci-dessous : en rouge les mesures négatives, en grises les neutres, et en vertes les positives.

      1. Création des agences régionales de biodiversité

En 2018, les premières agences régionales de la biodiversité (ARB) essaiment sur le territoire français. Elles collaborent avec les collectivités et les associations sur des projets en lien avec la préservation ou la restauration de la biodiversité. La première a vu le jour le 12 avril en Île-de-France.

      2. Plan de relance pour la forêt

En plein dérèglement climatique, le plan de relance prévoit un budget de 200 millions d’euros pour encourager le renouvellement des forêts. Un plan qui oublie cependant de prendre en compte des aspects essentiels, selon France Nature Environnement (FNE), comme les coupes rases ou les monocultures de forêts. Selon l’association, il présente, en plus, un taux de diversification des essences insuffisant.

      3. Politiques publiques pro-chasse

Emmanuel Macron a multiplié, durant son quinquennat, les « gestes » envers les chasseurs : il s’est opposé à un moratoire sur la chasse à la tourterelle des bois – une espèce vulnérable au niveau mondial –, a divisé par deux le prix du permis de chasse et regroupé l’Office français de la biodiversité avec l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, renforçant encore la capacité d’influence des chasseurs.

      4. Stratégie nationale de lutte contre la déforestation

Cette stratégie  SNDI,  adoptée  le 14 novembre 2018, vise à entériner en 2030 l’importation de produits forestiers ou agricoles (notamment des filières de cacao, d’hévéa, de soja et d’huile de palme) qui contribuent à la déforestation. Cette politique n’est cependant qu’incitative.

      5. Plan de lutte contre les nitrates

Le 3 décembre 2021, le gouvernement a présenté son septième plan de lutte contre les nitrates agricoles qui, depuis son lancement en 1991, n’a pas donné de grands résultats. Critiqué par les associations écologistes, il ne s’attaque pas à la racine du problème : l’azote épandu dans les champs qui ne cesse d’augmenter depuis les premiers plans nitrates.

      6. Création de la zone de protection d’habitats du Mont

Le 1er octobre 2020, l’arrêté préfectoral sur la création d’une zone de protection d’habitats du Mont Blanc a été signé. Il départage la   zone   de   protection  de 3 175 hectares en une zone centrale (où seuls l’alpinisme et le ski sont autorisés) et une zone de transition. Les véhicules (à moteur ou non) et l’organisation de manifestations sont interdits sur l’ensemble du site.

      7. Protection des serpents

Le 11 février 2021, un arrêté a mis à jour la liste des amphibiens et des reptiles protégés sur le territoire français. Cet arrêté interdit la chasse ou la maltraitance, sous peine de deux ans de prison et de 150 000 euros d’amende, de l’ensemble des serpents.

      8. Création du parc national de forêts

Durant le quinquennat, plusieurs parcs ont vu le jour : le Parc national de forêts, dans l’est de la France, le Parc naturel régional du Mont-Ventoux, dans le Vaucluse, celui de Baie de Somme- Picardie maritime, ainsi que la Réserve naturelle nationale du massif forestier de la Robertsau et de La Wantzenau, en Alsace. Un arrêté préfectoral a été signé en 2020 afin de créer une zone de protection d’habitats du Mont Blanc.

      9. Un plan loup qui menace l’espèce

Malgré les recommandations des scientifiques, le plan loup 2018-2023 mis en place par le gouvernement autorise un abattage toujours plus massif des loups. En 2019, Emmanuel Macron a fait passer le pourcentage d’abattage de 12 à 17 %, au risque de menacer l’espèce.

      10. G7 de la biodiversité

Les 5 et 6 mai 2019, les ministres de l’Environnement et de l’Énergie des pays membres du G7 se sont réunis à Metz (Moselle). À l’issue de ce sommet, une charte sur la biodiversité a été adoptée. Un document symbolique qui ne comporte pas de mesures contraignantes pour les sept pays signataires les plus industrialisés.

      11. Absence de décision face aux projets polluants de Gardanne

L’usine Alteo a rejeté pendant des dizaines d’années ses boues rouges directement dans la mer, en plein cœur du parc national des Calanques de Cassis. Malgré les pressions du tribunal de Marseille, aucune mesure n’a été prise par le gouvernement pour stopper ces pollutions.

      12. Interdiction temporaire de la chasse à la glu

En août 2020, Emmanuel Macron a décidé d’interdire la chasse à la glu des grives et des merles, une technique de chasse qui attirait les oiseaux et les piégeait dans une glu collée à une branche.

      13. Autorisation du massacre d’oiseaux

Quelques jours à peine après son intervention au Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui a eu lieu à Marseille en septembre 2021, Emmanuel Macron a autorisé le massacre de plus de 110 000 oiseaux sauvages. Quatre arrêtés visent à autoriser, pour la période 2021-2022, la chasse de 106 500 alouettes, 1200 vanneaux huppés, 30 pluviers dorés et 5800 grives et merles. En décembre 2020, le Conseil d’État avait annulé l’arrêté du gouvernement autorisant la chasse de 6 000 courlis cendrés pour la saison 2019-2020.

      14. Enfouissement des déchets à Stocamine

Le 18 janvier 2021, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a décidé de confiner définitivement les 42 000 tonnes de déchets industriels de l’ancienne mine de Stocamine, à Wittelsheim (Haut-Rhin), au risque de contaminer les nappes phréatiques alentour – dont l’une des plus grandes d’Europe.

      15. Autorisation de la restauration de vallée de la Sélune

Le 14 novembre 2017, Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique, est revenu sur la décision de Ségolène Royal : les deux barrages hydroélectriques de Vezins et La Roche-Qui-Boit seront détruits. Annoncé fin 2009, le projet de restauration de la biodiversité reprend de plus belle.


-> Bilan : 6 mesures sur 15 positives


Lire aussi :

Agriculture : quel bilan écologique pour Emmanuel Macron ? (1/8)
Climat : quel bilan écologique pour Emmanuel Macron ? (2/8)
Habitat : quel bilan écologique pour Emmanuel Macron ? (3/8)
Mobilité : quel bilan écologique pour Emmanuel Macron ? (4/8)
Consommation : quel bilan écologique pour Emmanuel Macron ? (5/8)
Energie : quel bilan écologique pour Emmanuel Macron ? (6/8)
Santé environnementale : quel bilan pour Emmanuel Macron ? (7/8)

Pour aller plus loin 
Dossier sur le bilan écologique d’Emmanuel Macron à retrouver dans son intégralité dans notre K60.

Pour en savoir plus ou lire la suite : Source | Lien vers l'article

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