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[Articles] Transition agroécologique ; Qu’est-ce qui bloque?

De plus en plus d’agriculteurs conventionnels adaptent leurs pratiques face aux exigences sociétales et aux défis climatiques. Mais entamer une transition agroécologique reste souvent un parcours du combattant. Enquête

 

D’un côté, des chiffres prometteurs : 41 600 fermes sont engagées en agriculture biologique 1, 67 000 paysans commercialisent tout ou partie de leur production en circuit court 2 (vente directe à la ferme, magasins de producteurs, marchés, AMAP 3…) et 70 % des Français sont prêts à changer leur consommation pour des produits plus responsables 4.

De l’autre, une réalité plus amère : hausse de 25 % de l’usage des pesticides en dix ans, alors que le Grenelle de l’environnement (2009) prévoyait une baisse de 50 % ; crise profonde du milieu agricole, en proie aux faibles revenus, au surendettement, à une masse de travail conséquente entraînant des burn-out voire des suicides 5. Ces maux affectent majoritairement l’agriculture conventionnelle, laquelle représente plus de 90 % des terres cultivées en France. Héritière du modèle productiviste d’après-guerre, où l’urgence était de nourrir le peuple, l’agriculture intensive est aujourd’hui remise en question en raison de son impact environnemental et humain. Sa configuration est complexe et diverse, mais pour de nombreux agriculteurs conventionnels, tendre vers de nouvelles pratiques agricoles est difficile.

Des agriculteurs conventionnels en perte d’autonomie

Pâturage, rotation des cultures, désherbage mécanique… Autant de pratiques plus respectueuses du sol que Benoît 6, céréalier conventionnel en Maine-et-Loire, aimerait mettre en place sur son exploitation de 95 hectares. Mais le poids des investissements et les charges mensuelles le freinent dans sa démarche. « Je suis enfermé par le montant des reprises de la ferme avec les bâtiments, le matériel, les terres, qui ne permet pas d’entamer des changements tout de suite », explique l’agriculteur qui a investi environ 350 000 euros sur douze ans.

Plus au nord, à Saint-Aubin-des-Landes (Ille-et-Vilaine), Franck Niel, 42 ans, éleveur laitier depuis 2001, était lui aussi en réflexion pour sortir son exploitation de 150 hectares d’un modèle intensif. Mais « quand on a la tête dans le guidon, à travailler soixante-dix heures par semaine, week-end inclus, en étant à moins 20 000 euros chaque mois, c’est dur de se projeter autrement », confie l’agriculteur. Il a finalement décidé de quitter la profession. « J’avais l’impression d’avoir perdu le “bon sens paysan” et j’en avais marre de vivre pour travailler face à des industriels qui s’enrichissent toujours plus pendant que nous, on se démène pour dégager un revenu décent 7. »

Un problème majeur, selon Noël Hamard, éleveur laitier en conventionnel, bientôt à la retraite, installé à Michel-en-Chanveaux (Indre-et-Loire). « En trente-cinq ans, le prix du litre de lait est passé de 30 à 34 centimes. Vous vous rendez compte ? Alors que le beurre, par exemple, était à 70 centimes en 2007 et est aujourd’hui à 1,90 euro », déplore l’agriculteur qui n’a pas pris de vacances depuis dix ans. « C’est toujours le même combat, on essaye de revaloriser les prix avec la grande distribution, mais elle souhaite garder ses marges. »

PAC opaque

Pour s’assurer un revenu minimal et compenser cette baisse, Franck, Benoît ou encore Noël bénéficient des aides directes de la Politique agricole commune (PAC), pilier historique de l’Union européenne instauré en 1962 pour moderniser l’agriculture et sécuriser les paysans. Ces aides représentent en moyenne 47 % des revenus des paysans

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