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Au Royaume-Uni, une entreprise de cosmétiques nomme un représentant de la nature au sein de son conseil d’administration

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Faith in nature CA nature ok

Publié le 01 décembre 2022

ENVIRONNEMENT

Outre-Manche, l’entreprise de cosmétiques Faith in nature vient de nommer un administrateur pour représenter la nature au sein de son conseil d’administration. Le rôle est pris en charge par un binôme issu de deux associations de défense des droits de la nature, Lawyers for Nature et le Earth Law Center. L’objectif est de prendre en compte la nature dans toutes les décisions stratégiques afin de réduire au maximum les impacts négatifs des activités. Un projet pilote est lancé en France.

C’est une démarche totalement inédite. L’entreprise britannique Faith in nature, spécialisée dans les cosmétiques vient de nommer un administrateur pour représenter la nature au sein de son conseil d’administration, en tant que directeur non-exécutif. Pour cela, elle s’est tournée vers deux associations, Lawyers for Nature et le Earth Law Center. “Pour aller plus loin dans sa démarche, l’entreprise s’est demandé ce que la nature dirait si elle pouvait s’exprimer, en partant du principe que la nature est le boss”, explique Alexandra Pimor, directrice du développement académique au sein du Earth Law Center.

Elle a justement été désignée pour porter la voix de la nature au sein du conseil d’administration. Un rôle qu’elle partage avec une collègue de Lawyers for Nature, avec l’appui d’une communauté d’experts. “Pour l’instant, j’ai assisté à trois conseils. Nous sommes dans une phase d’observation, on discute énormément avec les membres et on fait des recherches pour déterminer les impacts environnementaux de tel ou tel projet afin de donner un avis. On verra à long terme ce que ça permet de changer, mais d’ores et déjà, c’est la culture d’entreprise qui est transformée. Car dans toutes les décisions, on se pose la question de ce que dirait la nature. C’est tout à fait nouveau”, raconte Alexandra Pimor.

Un projet pilote lancé en France

L’entreprise, pionnière sur le sujet, a dû modifier ses statuts afin de préciser qu’en plus de bénéficier aux actionnaires, l’entreprise fera de son mieux pour “avoir un impact positif sur la nature dans son ensemble” et “minimiser la perspective de tout impact négatif de ses activités commerciales sur la nature”. “Donner à la nature un droit de vote et une voix au sein d’une structure d’entreprise, c’est reconnaître les droits de la nature et faire un grand pas vers le rééquilibrage des relations entre les entreprises et le monde naturel. Mais cela ne devient vraiment puissant que lorsque de très nombreuses entreprises font comme nous”, a déclaré Simeon Rose, directeur de création au sein de Faith in Nature.

Pour que cette démarche soit répliquée, le Earth Law Center s’est associée avec Notre Affaire à Tous en France, l’ONG à l’origine notamment de l’Affaire du siècle, afin de lancer un appel à volontaires et monter un projet pilote dans l’Hexagone. “Nous sommes en discussion avec une entreprise en particulier”, affirme Marine Yzquierdo, avocate et responsable plaidoyer au sein de Notre Affaire à Tous. Pour elle, cette approche peut faire émerger “une nouvelle forme de gouvernance qui prendra en compte les autres valeurs de la nature, et non pas seulement les valeurs marchandes instrumentales attribuées par la loi du marché”.

Depuis plusieurs années, la reconnaissance des droits de la nature progresse. Récemment, un écosystème naturel a pour la première fois obtenu le statut de personnalité juridique. Il s’agit de la Mar Menor, une lagune située dans le sud-est de l’Espagne. Au niveau mondial, d’autres écosystèmes emblématiques ont obtenu une personnalité juridique comme le parc national Te Urewera en Nouvelle-Zélande ou le fleuve Yarra en Australie. En Inde, le Gange et son affluent, la Yamuna, ont eux aussi été officiellement dotés de leur propre personnalité juridique. En France, l’initiative la plus aboutie est la déclaration des droits du fleuve Tavignanu en Corse, qui a été soutenue par une motion adoptée par Bastia et la collectivité de Corse.

Concepcion Alvarez @conce1

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