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Au rythme actuel, nous aurons atteint les 1,5°C de réchauffement dans moins de dix ans

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objectif 1 5 C de rechauffement ARMANDO BABANI AFP 01

Publié le 25 mars 2022

ENVIRONNEMENT

Quelques jours avant un nouveau rapport du Giec, une étude très alarmante indique que nous pourrions dépasser la barre symbolique des 1,5°C de réchauffement planétaire dans moins de dix ans. En 2021, après un repli des émissions dû à la pandémie de Covid-19, celles-ci sont nettement reparties à la hausse. Une tendance qui semble se poursuivre en ce début d’année, si bien qu’à ce rythme, nous aurons consommé notre budget carbone dans un scénario 1,5°C d’ici 2031.

Dix ans : c’est le temps qu’il nous reste avant de franchir la barre symbolique des 1,5°C de réchauffement. C’est ce que révèle une étude publiée dans la revue Nature le 21 mars dernier, quelques jours avant un nouveau rapport très attendu du Giec sur les solutions face au changement climatique. Les auteurs s’appuient sur la notion de budget carbone dans un scénario 1,5°C, soit la quantité maximale d’émissions de gaz à effet de serre qui limiteraient le réchauffement à 1,5°C, avec une probabilité de 67 %.

Derrière ces termes un peu techniques, il y a des chiffres extrêmement parlants. Selon le Giec, le groupe intergouvernemental d’experts sur le climat, à compter de 2020, la planète disposait d’un budget carbone de 400 gigatonnes de CO2 (GtCO2) dans un scénario 1,5°C. Or, en 2020, nous avons émis environ 33 GtCO2 malgré la pandémie de Covid-19, et encore 34,9 GtCO2 en 2021, avec un rebond de près de 5 % des émissions. Le calcul est simple. À ce rythme-là, il nous reste 9,5 années avant de totalement consommer notre budget carbone et donc d’exploser l’objectif 1,5°C, en 2031.

“Nous marchons les yeux fermés vers la catastrophe climatique”

Le plus incroyable, c’est que même si la pandémie de Covid-19 et les confinements mondiaux qu’elle a entraînés se répétaient chaque année, ce ne serait pas suffisant. En effet, en 2020, les émissions de gaz à effet de serre mondiales avaient baissé de 6 %. Or il faudrait qu’elles diminuent chaque année de 8 % pour être dans les clous. “Des actions de réduction des émissions plus coûteuses et plus agressives sont donc nécessaires pour freiner la tendance à la croissance des émissions et contribuer à atteindre les 1,5°C” concluent les auteurs.

Le monde marche “les yeux fermés vers la catastrophe climatique”, a encore alerté le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. “Cette addiction aux combustibles fossiles nous conduit vers une destruction collective”, a-t-il affirmé, avant le coup d’envoi d’une réunion de deux semaines visant à valider le prochain rapport du Giec sur les scénarios permettant de limiter le réchauffement de la planète. L’invasion de l’Ukraine par la Russie, a ajouté Antonio Guterres, pourrait faire dérailler encore davantage l’action en faveur du climat, de nombreux pays s’engageant dans une recherche effrénée de nouveaux approvisionnements en gaz et pétrole.

Selon une autre étude publiée le 22 mars par un consortium scientifique britannique, les pays producteurs de pétrole et de gaz les plus riches – les États-Unis, le Royaume-Uni, la Norvège, le Canada, l’Australie, le Qatar ou les Émirats Arabes Unis – devraient cesser d’ici 2034 toute production pour espérer contenir le réchauffement climatique à 1,5°C, dans une logique “équitable” et en prenant en compte le niveau de PIB hors dépendance au pétrole et au gaz. Mais il se trouve que ces mêmes pays sont en ce moment très fortement sollicités par l’Union européenne pour remplacer les hydrocarbures russes.       

Concepcion Alvarez @conce1

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