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Automobile : Derrière le virage électrique, la course aux minerais de transition

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Publié le 18 juillet 2022

C’est une question de survie pour les grands noms de l’automobiles. Alors que l’Union européenne vient de confirmer la fin des véhicules thermiques à compter de 2035, les constructeurs n’ont pas de temps à perdre pour faire basculer leurs modèles. L’enjeu majeur est de sécuriser les approvisionnements en minerais indispensables à cette transformation comme le lithium, le cobalt, le nickel, le cuivre et d’autres minerais qui se trouvent hors des frontières européennes.

Le secteur de l’automobile se transforme à marche forcée. “Le marché du véhicule électrique va passer de celui des ‘early adopters’ à un phénomène de ‘mass market’ en l’espace de deux à trois ans. Ce changement est majeur“, indique Alexandre Marian, spécialiste auto du consultant AlixPartners. Les ventes de voitures électriques ont doublé l’an passé avec 6,6 millions d’unités écoulées dans le monde, dont la moitié en Chine. Elles représentent désormais 10 % des ventes de voitures neuves et la bascule s’intensifie avec deux millions de véhicules électriques vendus au premier trimestre 2022, soit une hausse de 75 % sur un an.

Cette transition est soutenue par les pouvoirs publics. Les subventions ont doublé en 2021 pour atteindre près de 30 milliards d’euros au niveau mondial. Surtout, la réglementation accélère le mouvement puisque l’Union européenne a acté la fin des véhicules thermiques à compter de 2035. Les constructeurs, de leur côté, ont multiplié par cinq le nombre de véhicules disponibles entre 2015 et 2021 : environ 450 modèles électriques sont désormais en vente.

Les besoins en lithium multipliés par six d’ici 2030

Mais cette transformation est freinée par des obstacles. A commencer par d’importantes tensions sur les matières premières, ce qui fait monter leurs prix. “La fabrication des véhicules électriques nécessite deux fois plus de matières premières que les véhicules thermiques“, explique Alexandre Marian. Ces véhicules ont besoin de nickel, cobalt ou lithium notamment. “La hausse du coût des matières premières nécessaires à la fabrication d’un véhicule électrique a plus que doublé en moins d’un an, il est passé de 3000 dollars à 6500 dollars depuis septembre 2021 pour les véhicules électriques et de 1400 à 2800 dollars pour les voitures thermiques“, précise Alexandre Marian.

Les besoins en lithium sont notamment critiques. Selon l’AIE, ils devraient être multipliés par six d’ici 2030. Un risque d’autant plus élevé en Europe car le continent produit un quart des voitures électriques mais importe la plupart des matières premières, tout comme les États-Unis. “Les gouvernements européen et américain ont pris des engagements forts pour développer des capacités de production de batteries“, indique l’AIE.

Partenariats stratégiques et coopération entre groupes

Depuis quelque temps déjà, des constructeurs sécurisent leurs approvisionnements en matières premières via des partenariats stratégiques de long terme avec des fournisseurs de minerais“, confirme Alexandre Marian. Par ailleurs, des groupes coopèrent pour créer des gigafactory dans le domaine des batteries avec des initiatives communes comme celle de TotalEnergies, Daimler et Stellantis. Les trois groupes se sont associés pour investir dans leur coentreprise Automotive Cells Company (ACC), qui fabrique des batteries pour le secteur automobile.

Mais la “majorité de la chaîne logistique devrait rester chinoise jusqu’en 2030″, souligne l’AIE. Comme pour les semi-conducteurs, c’est l’Asie et en particulier la Chine qui conçoit les trois quarts des batteries à lithium-ion, la technologie dominante, et contrôle plus de la moitié des capacités de transformation et de raffinage du lithium, du cobalt et du graphite. Reste à savoir si le secteur automobile européen sera en mesure de rééquilibrer le marché d’ici 2035. “Le chemin de l’adaptation va être très difficile“, estime Alexandre Marian. 

Mathilde Golla @Mathgolla

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