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Aux JO de Pékin : Neige artificielle et cheminées industrielles sous les feux de la rampe

BigAirPekin

Publié le 10 février 2022

ENVIRONNEMENT

Exit les montagnes blanches. Aux Jeux olympiques de Pékin, l’épreuve de Big Air, une discipline de snowboard et ski freestyle s’est déroulée au milieu d’usines et d’anciens hauts-fourneaux. L’installation surréaliste a fait polémique sur les réseaux sociaux. De son côté, la Chine, qui s’était engagée à organiser des jeux “verts”, vante “la réussite” de la réhabilitation de cet ancien site industriel. 

Une rampe de lancement géante recouverte de neige 100 % artificielle installée au milieu de tours de refroidissement, cheminées et hauts fourneaux, c’est le site d’une “nouvelle discipline olympique : le ski friche-style”, ironise sur Twitter Nicolas Haeringer du mouvement 350.

Les commentaires d’internautes indignés par le décor improbable n’ont pas tardé : “Je pensais que c’était du Seveso à ski ?”, “La montagne, ça vous gagne…” ou encore “Ce sont de vraies images ou un trucage ?”. Les images sont bien réelles. Pour Pékin, organisateur de ces JO d’hiver, la reconversion de cette ancienne aciérie qui accueille les épreuves de Big Air, est un modèle de “durabilité”.  

L’un des sites industriels les plus polluant

Créée en 1919, cette zone sidérurgique implantée dans une banlieue à l’ouest de Pékin et exploitée par l’entreprise privée Shougang, a employé “des milliers de personnes”, raconte Associated Press (AP). L’usine a fait de la Chine un leader mondial de la production d’acier. Mais elle a aussi largement contribué à polluer l’air de le capitale, pointe l’agence de presse. En 2008, Pékin décide de déplacer les activités de l’usine à 250km de la zone, lorsque le Comité international olympique lui attribue l’organisation des JO d’été. La capitale chinoise veut dépolluer le lieu et changer d’image avant le début de la compétition.

La transformation du site est en cours. En plus d’autres équipements sportifs, des bureaux, des boutiques, des cafés, un musée et un parc aquatique devraient voir le jour. En 2016, le comité d’organisation des JO d’hiver 2022 s’y était installé. La Chine avait promis des jeux respectueux de l’environnement. Pas sûr que ses arguments pour défendre la réhabilitation de cette friche fasse oublier l’utilisation d’une neige entièrement artificielle pour les disciplines en plein air ou la destruction d’une réserve naturelle pour la construction de pistes de ski qui ont aussi beaucoup fait réagir.

Le Big Air urbain, une aberration écologique bien avant Pékin 2022

“Le big air urbain de Pékin est une aberration, mais il n’est pas spécifique aux Jeux Olympiques”, précise sur twitter Nicolas Haeringer, “(…) la discipline big air a depuis 30 ans quitté les montagnes pour les zones urbaines”. Selon le représentant du mouvement 350, le snowboard a lancé le mouvement, “il s’agissait pour les marques de mettre en avant le côté urbain de leurs gammes de vêtements”.

Ces tremplins ont depuis été implantés dans de nombreuses villes du monde, en toute saison. Une entreprise s’est d’ailleurs spécialisée dans le secteur conclut Nicolas Haeringer, citant pour exemples deux installations… une à Istanbul, l’autre à Sao Paulo. 

Marion Chastain @MarionChastain

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