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Avec la hausse des prix et un risque de coupures cet hiver, la France a-t-elle changé de culture sur l’électricité ?

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Thermostat iStock

Publié le 09 décembre 2022

L’électricité n’a jamais été considérée comme un problème en France, où elle était jusqu’ici abondante et abordable. Mais l’arrêt de nombreux réacteurs nucléaires et l’envolée des prix due à la guerre en Ukraine change la donne. Soucieux de leur facture et sensibilisés à d’éventuels risques de coupure, les Français, entreprises et ménages, acceptent de changer leurs habitudes. Et le résultat est immédiatement perceptible avec une baisse inédite de la consommation constatée ces dernières semaines.

Et si la crise énergétique que nous traversons marquait l’entrée dans une nouvelle ère ? Alors que les multiples alertes sur l’urgence climatique n’ont jamais réussi à freiner notre consommation d’électricité, la hausse des prix et les risques de coupure semblent avoir réussi à inverser la tendance de façon inédite. EDF constate ainsi une baisse de 10% de la consommation chez ses clients particuliers, entreprises ou tertiaires, au mois de novembre par rapport à l’année dernière, a indiqué le groupe jeudi. La clientèle de l’électricien national comprend environ 70% des ménages français, et 55 à 60% des entreprises.

Ces chiffres confirment la tendance relevée par le gestionnaire du réseau électrique RTE, qui voit la baisse de la consommation nationale s’amplifier. La semaine du 28 novembre au 4 décembre a ainsi été marquée par un recul de 8,3% par rapport à la moyenne des années précédentes sur cette même période (2014-2019), corrigée des différences de température par rapport à la normale. Et sur les quatre dernières semaines, la consommation d’électricité en France à température normale affiche une diminution structurelle de 6,6%.

Baisse constatée dans l’industrie mais aussi chez les ménages

Comment expliquer cette baisse ? Elle a d’abord été identifiée dans le secteur industriel dès l’automne, dans un contexte de hausse des prix de l’énergie, comme le précise RTE. Certaines entreprises ont ainsi décidé de suspendre leur activité à l’instar du verrier Duralex qui a arrêté la production dans son usine de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) jusqu’en avril pour économiser de l’énergie et préserver ses finances.

Mais les chiffres les plus récents montrent que la baisse de consommation concerne également le secteur résidentiel (majoritaire en volume) et tertiaire. La semaine du 28 novembre, la consommation agrégée des secteurs résidentiel et tertiaire était ainsi inférieure d’environ 7% au niveau de 2021, précise le gestionnaire du réseau qui attend de voir si la tendance se confirme. Du côté d’EDF, on attribue d’abord ces résultats aux efforts consentis par les usagers, à qui l’énergéticien indique avoir envoyé quelque 50 millions de courriers.

Jusqu’à cet hiver, les Français n’avaient pas vraiment à se soucier de l’électricité, abondante et parmi les plus abordables au niveau européen. Mais la hausse des prix, bien que plafonnée pour les ménages, et les récentes communications du gouvernement sur d’éventuels risques de coupure semblent avoir contribué à une prise de conscience. Le tout sur fond d’appels à la sobriété et de mise en avant des écogestes.

Un million de téléchargements pour Ecowatt en une semaine

En une semaine, l’application Ecowatt a ainsi été téléchargée un million de fois, pour atteindre deux millions de téléchargements au total. Elle permet de prévenir d’éventuels risques de tension, en donnant l’état du réseau, afin que chacun réduise sa consommation au maximum. L’application “EDF et moi”, qui permet aux clients de suivre leur consommation, a quant à elle fait l’objet de 140 millions de connexions de janvier à fin octobre, deux fois plus que sur la même période l’an dernier.

Depuis deux mois, 60 000 clients ont aussi rejoint l’option “Tempo”, soit environ 7000 par semaine contre une moyenne de 100 nouveaux clients par semaine au 1er semestre 2022. Avec cet abonnement, les usagers sont incités par des tarifs à ne pas consommer en période “rouge” (limitée à 22 jours par an), “s’effaçant” ainsi aux moments de forte tension sur le réseau électrique. Ce dernier subit cet hiver l’arrêt d’un nombre élevé de réacteurs nucléaires pour maintenance ou réparations.

C’est bien la preuve qu’avec de la pédagogie, mais aussi un signal prix fort, les Français sont capables de changer. Reste à voir si ces nouvelles habitudes vont durer dans le temps car les risques de tension sur le réseau ne se cantonnent pas qu’à cet hiver.

Concepcion Alvarez @conce1 avec AFP

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