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Aviation : l'Europe embarque le monde vers la décarbonation en misant sur la tech

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Publié le 04 février 2022

ENVIRONNEMENT

Lancée le 4 février sous l’égide de la présidence française de l’Union européenne, le gouvernement français a dévoilé la “déclaration de Toulouse”. Cette feuille de route des acteurs de l’aviation publique et privée vise à atteindre le net zéro en 2050. Le texte est signé par 42 États, les 27 de l’Union mais aussi les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, ou encore le Maroc, ainsi que des compagnies aériennes, des organisations et des entreprises. Toutefois les mesures annoncées sont jugées peu ambitieuses par les ONG.

La “déclaration de Toulouse” marquera-t-elle un tournant dans la transformation du transport aérien ? C’est le souhait de Jean-Baptiste Djebbari, le ministre des Transports. Alors que le secteur représente autour de 3% des émissions totales de gaz à effet de serre, ce pacte détaille les engagements de l’aviation pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Le texte est signé par 42 États, les 27 de l’Union mais aussi notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, le Maroc et la Géorgie. Des dizaines d’organisations et d’entreprises, parmi lesquelles des aéroports, des compagnies aériennes, des avionneurs et des énergéticiens, ont également paraphé la déclaration, a révélé Jean-Baptiste Djebbari en saluant un moment “historique“.

Les signataires du document “appellent tous les partenaires du monde entier à travailler ensemble” en vue de la 41e assemblée de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI, une agence de l’ONU) convoquée fin septembre. “L’idée est d’arriver à l’AG de l’OACI le plus armé possible afin d’embarquer tout le monde à bord“, a plaidé le 4 février le ministre disant croire “qu’il y a un consensus international qui se forge actuellement” sur l’objectif de 2050.

Compensation carbone et innovation tech

Au menu de cette déclaration figure le développement de carburants alternatifs. Ces derniers ne sont pas issus du pétrole mais produits à partir d’huiles usagées ou de résidus forestiers et agricoles par exemple. Aujourd’hui, ils représentent moins de 0,1% du carburant utilisé par l’aviation en raison notamment de prix élevés et de filières embryonnaires. Les signataires de la déclaration s’engagent aussi à améliorer les opérations et optimiser les infrastructures aéroportuaires. Le secteur promet en outre de développer l’innovation technologique via la conception, motorisation, utilisation de l’électrique, de l’hybride ou de l’hydrogène (l’avion à hydrogène ne devrait pas voler avant 2035). Enfin, la déclaration mentionne le déploiement d’un mécanisme de compensation carbone.

“On est clairement déçus par ces mesures”, souligne Matteo Mirolo, responsable de l’aviation durable de l’ONG Transport et Environnement qui a refusé de signer le texte. “Tant que les États se réfèrent à l’OACI et au système Corsia, qui reposent sur les compensations carbone, nous ne nous associerons pas. Les politiques environnementales de l’OACI ont prouvé à maintes reprises qu’elles étaient inefficaces”, précise le responsable de l’association européenne qui salue toutefois la démarche des États de vouloir atteindre la neutralité carbone en 2050.

“Il faut réduire le trafic aérien”

Même constat du côté du Réseau Action Climat : “Cette déclaration est importante car elle engage le secteur aérien à atteindre la neutralité carbone mais les mesures présentées sont insuffisantes“, indique Pierre Leflaive, responsable transport de la fédération d’associations. Ils prônent tous deux l’adoption de mesures ambitieuses et une baisse du trafic aérien. “On ne peut pas se contenter de solutions technologiques, il faut réduire le trafic aérien“, indique Pierre Leflaive.

Il défend ainsi la “fin des extensions aéroportuaires si elles induisent une hausse du trafic ou encore de taxer d’avantage le kérosène au même niveau que les autres carburants“, comme le propose le paquet climat européen “fit for 55”. De son côté, Matteo Mirolo défend “une tarification ambitieuse du carbone, un vrai signal prix qui concerne tous les vols au départ de l’Union Européenne“, souligne-t-il. L’objectif est de réduire le trafic aérien et de favoriser un report modal vers des moyens de transports plus verts. “La France peut changer la donne en soutenant le paquet climat européen”, lance Matteo Mirolo.

En fin d’année, l’IATA, organisation de quelque 300 compagnies aériennes réalisant plus de 80% du trafic mondial, avait déjà entériné l’objectif de zéro émission nette d’ici 2050 sans aborder la question de la baisse du trafic.

Mathilde Golla @Mathgolla

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