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Balades botano-photovoltaïques

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Dans les Hautes-Alpes, pour informer les riverains et « convoquer le vivant » menacé par des projets de centrales solaires, l’association Soupes et bobines et un botaniste organisent des visites de terrain.

Le rendez-vous était sur le parking de l’église de Montéglin, dans les Hautes-Alpes. Étienne Decle entame la présentation. « C’est notre 6e balade botano-photovoltaïque, annonce-t-il. Elle est organisée par Soupes et bobines, association d’éducation populaire qui se mêle de ce qui la regarde, et le Collectif citoyen pour un autre photovoltaïque dans les Alpes du Sud. Quel que soit le stade d’avancement des projets, on fait découvrir le terrain, pour que les riverains soient informés et que le monde vivant soit convoqué. L’une de nos précédentes balades a eu lieu à Garde-Colombe. Depuis, le projet a été suspendu suite à un avis défavorable du préfet, qui a estimé qu’il ne fallait pas détruire ces terres agricoles de bonne qualité. »

Cartographie participative

La petite troupe se met en marche, traverse un lotissement, débouche sur un champ. Première pause. Gérard, de l’association Terre de liens, prend la parole. « Les terres concernées sont dans la continuité de celles-ci. Sous leur aspect de friche, ce sont des prairies naturelles de qualité. Les sols sont assez profonds, c’est labourable. On ne sait pas de quoi on aura besoin dans 10, 20, 30 ans pour notre alimentation. » Aurélien Ferrand, botaniste, rappelle que dans les années 50, Laragne-Montéglin était présenté comme le « jardin des Hautes Alpes, avec une multitude d’amandiers en fleurs ». Un vieux monsieur se souvient : « Il y a dix ans, il y avait des pommiers partout ! »

C’est reparti. Sur le chemin, Aurélien nous montre l’armoise vulgaire. « Les gens en mettaient dans leurs chaussettes. Ils disaient : “Si tu portes l’artemise dans ta chemise, la fatigue n’a pas de mise.” » Et l’absinthe, « arrivée avec l’empierrement du chemin ». Nous voilà sur les lieux de l’éventuel parc : une friche naturelle, et un champ planté de chênes truffiers. Les plans du projet passent de main en main.

« Il y a beaucoup de cornouillers sanguins : c’est la pré-forêt, qui amène la chênaie. Elle prépare le sol pour des arbres plus importants, explique Aurélien. La ronce protège les graines et les jeunes arbres des animaux. Vous voyez les chênes truffiers là-bas, qui ont été plantés et sont arrosés ? Ils sont bien moins beaux que ceux qui ont poussé dans la friche. On voit toute l’importance du mycellium et des plantes qui poussent avant. » Troëne, églantier, clématite, et des petits pommiers qui ont repoussé…

« Quel est le sens de sacrifier des terres agricoles ? »

Le botaniste raconte les usages de ces plantes, souligne l’utilité de la haie dense que nous longeons, qui abrite aussi bien les oiseaux que les promeneurs matinaux. Sur le chemin du retour, halte devant la station de pompage, qui a nécessité « d’énormes investissements, il y a quinze ans », pour irriguer les cultures de la zone. « Quel est le sens de sacrifier des terres agricoles juste à côté ? »

Vin ou jus de pomme chaud avant de se quitter. Chacun·e repart avec une petite fiche. Pour participer à la cartographie de ce projet photovoltaïque, et des autres projets de la vallée du Buëch, tout le monde est invité à lire les comptes-rendus de conseils municipaux, consulter les demandes de permis de construire, les modifications de Plan local d’urbanisme… Bref, à mener l’enquête.

LG

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