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Bengladesh : plus de cinquante morts, dont des enfants, dans le gigantesque incendie d'une usine

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Publié le 12 juillet 2021

Une usine d’alimentation détenue par Hashem Food and Beverage, a été ravagée par un énorme feu le 8 juillet au Bengladesh. Plus de cinquante personnes sont décédées, dont des enfants qui travaillaient dans l’usine. Huit ans après l’effondrement du Rana Plaza, l’usine textile bangladaise qui a provoqué la mort de près de 1130 personnes, essentiellement des ouvrières, les mesures de protection promises par le gouvernement tardent à se concrétiser. 

Il a fallu 47 heures aux pompiers pour venir à bout du feu qui s’est déclaré le 8 juillet dans une usine d’alimentation au Bengladesh, rapporte Dhaka Tribune. Cette usine de Rupganj, ville industrielle proche de Dacca, fabriquait des bonbons, des nouilles et des jus de fruits. Le bâtiment abritait notamment du plastique et de produits chimiques inflammables. Lorsque les secours sont arrivés au troisième étage, ils ont trouvé 52 cadavres. Les travailleurs n’avaient pu s’enfuir car la porte d’accès à l’escalier principal, qui aurait pu leur permettre de se réfugier sur le toit, était fermée à clé, ont indiqué les pompiers à l’AFP.

Selon le chef de la police locale, Jayedul Alam, non seulement cette porte était verrouillée, mais de nombreux règlements de sécurité n’étaient pas respectés dans l’usine. “C’est un meurtre délibéré”, a-t-il déclaré. D’autant que des enfants travaillaient dans l’usine. La ministre du Travail, Monnujan Sufian, a indiqué qu’une enquête avait été lancée sur l’emploi d’enfants dans cette usine.

Des enfants de 11 à 15 ans

Devant la carcasse calcinée de l’usine, une trentaine de survivants et de parents des victimes, ont confirmé que des enfants travaillaient dans cette usine, pour 20 takas (20 centimes d’euro) de l’heure. La loi au Bangladesh permet aux mineurs de travailler à partir de 14 ans, mais dans des emplois non dangereux, ce qui n’était pas le cas de cette usine, a expliqué la ministre du Travail. “S’il est prouvé qu’il employait des enfants, nous poursuivrons non seulement le propriétaire, mais aussi les inspecteurs du travail”, a-t-elle ajouté.

Les incendies et les effondrements de bâtiments sont relativement fréquents au Bangladesh, un pays pauvre d’Asie du Sud, en particulier dans son importante industrie textile, en raison d’un manque de respect des normes de sécurité. En 2013, l’effondrement du Rana Plaza avait créé un électrochoc à l’international. 

L’électrochoc du Rana Plaza 

Dans cette usine, également située dans la banlieue de Dacca, plus de 1 130 ouvriers, essentiellement des femmes, avaient trouvé la mort après l’effondrement d’un atelier de confection, mettant en lumière la face sombre de la sous-traitance des grandes marques occidentales de mode. Si cet évènement a notamment poussé à une loi sur le devoir de vigilance des multinationales, sur place, les réformes promises dans ce domaine par le gouvernement tardent à se concrétiser.

Selon l’Organisation internationale du Travail, l’incendie de l’usine de Hashem Food and Beverage “illustre la nécessité urgente” que les autorités et l’industrie du bâtiment du Bangladesh s’assurent que les usines respectent les normes de sécurité. L’OIT a recensé une trentaine d’incendies et des milliers de morts ces dernières années. “Bien que chacune de ces tragédies ait provoqué un tollé général, des conditions de travail dans les usines textiles sont restées en grande partie inchangées”, résume Dhaka Tribune.

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP 

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