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Bilan 2020 : une baisse des AT/MP mais une augmentation des affectations psychiques au travail

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Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, le nombre d’accidents du travail a diminué de 17,7 % par rapport à 2019, avec 539 833 accidents du travail.

La majorité des secteurs ayant eu recours au chômage partiel ou au télétravail a constaté une baisse des accidents de travail proportionnellement à leur diminution d’activité. Les accidents de travail ont ainsi fortement diminué dans les services, en particulier pour les activités de travail temporaire (- 23,9 %)  et le secteur tertiaire (- 23,3 %), mais aussi l’édition et la communication (- 19,4 %), l’alimentation (- 18,9 %) ou le commerce non alimentaire (- 18,4 %).

Par contre, du fait de leur forte sollicitation pendant la crise sanitaire, la sinistralité de plusieurs métiers a augmenté: les ambulances (+2,4 %), les centrales d’achats (+ 5 %) et la vente à distance (+ 14%).

La manutention manuelle reste à l’origine de la moitié des accidents, suivie par les chutes de plain-pied (17%), les chutes de hauteur (12%) et l’outillage à main (9%).

Les accidents de trajet ont également diminué de 19, 7 % par rapport à 2019. Cette diminution est constatée à des degrés divers dans la plupart des grandes régions et la tendance s’explique également par les périodes de confinement.

Remarque : parmi les accidents de véhicule, l’augmentation des accidents de vélos et de trottinette, déjà constatée en 2019, continue en 2020, avec une hausse de 14,8 % de ce type d’accident. Les deux régions particulièrement concernées sont l’Ile-de-France et Nord-Picardie.

Les maladies professionnelles ont baissé de 18,8 % entre 2019 et 2020 (40 219 maladies professionnelles), soit dans une proportion équivalente à celle des accidents travail et de trajet.

Même si les maladies professionnelles liées aux troubles musculosquelettiques (TMS) ont diminué de 19,6 %, les TMS restent à l’origine de 87 % des maladies professionnelles. Les autres pathologies reconnues comme maladies professionnelles sont notamment les maladies d’origine professionnelle liées à l’amiante (2 488) et les pathologies fréquentes : surdité, allergies, asthme, eczéma,etc. (904).

Pour rappel, le nouveau tableau 100 du Code de la Sécurité sociale a intégré les pathologies liées aux infections au Sars-CoV2 au titre des maladies professionnelles. Les professionnels salariés et exerçant en libéral dans le secteur de la santé, contaminés dans le cadre de leur travail et ayant subi une affection respiratoire grave, bénéficient d’une reconnaissance automatique s’ils ont eu une aide à la respiration (apport d’oxygène ou assistance ventilatoire). Les personnes des autres secteurs d’activité dans le même cas voient leur demande examinée par un comité d’experts médicaux.
Toutes les conséquences sévères ou prolongées de la Covid-19 peuvent faire l’objet d’une étude médicale pour une éventuelle reconnaissance en maladie professionnelle, à partir du moment où le lien avec la situation professionnelle est établi.
5 018 dossiers complets de demandes de maladie professionnelle ont été déposés auprès des caisses primaires d’Assurance Maladie et CGSS au 13 août 2021, dont 82 % concernent des soignants. À ce jour, 1 690 de ces dossiers ont été pris en charge.

L’évolution des affections psychiques reconnues poursuit sa hausse observée ces dernières années, tant en nombre de maladies déclarées à titre professionnel qu’en nombre de prises en charge accordées.

1 441 maladies professionnelles relevant de troubles psychosociaux, soit environ 37 % de plus qu’en 2019, ont donné lieu à une prise en charge favorable par l’Assurance Maladie – Risques professionnels, sur la base de l’avis des comités d’experts médicaux saisis sur chacune de ces demandes.

Remarque : l’Assurance Maladie précise que cette augmentation est probablement liée, elle aussi, à l’impact de la pandémie sur le contexte professionnel des salariés du régime général.

Claire Touffait, Dictionnaire permanent sécurité et conditions de travail des Editions Législatives

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