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Bilan écologique du quinquennat : “il n’y a pas eu de changement de logiciel sur la façon dont on pense la transition”

Publié le 09 janvier 2022

ENVIRONNEMENT

Entre ceux qui estiment que tout a été fait en matière d’écologie et ceux qui dénoncent un quinquennat perdu, la vérité est plus nuancée selon le bilan dressé par la consultante Marine Braud en collaboration avec l’institut Terra Nova. Si elle estime que de nombreuses mesures ont effectivement été prises, ne laissant aucun angle mort, le changement de logiciel pour penser la transition n’a pas été opéré. Les choix sur le modèle de société n’ont pas été tranchés et devront l’être lors du prochain mandat.

“Personne n’a fait autant que nous depuis 2017 pour la planète” versus “Un quinquennat perdu”. Entre ces deux positions radicales, Marine Braud, consultante spécialisée dans la transition écologique, a voulu dresser un bilan plus nuancé, publié avant Noël par Terra Nova et riche d’enseignements. Celle qui est passée par le cabinet de la ministre de la transition écologique pour assurer le lien avec la société civile et le suivi de la convention citoyenne pour le climat parle sans tabou et ne s’appuie que sur des informations publiques, tient-elle à préciser.

Oui ce quinquennat est celui qui en a fait le plus sur l’environnement“, reconnaît-elle. “Mais ce n’est pas assez pour aligner la France sur ses objectifs climatiques ni pour stopper l’érosion de la biodiversité”, ajoute-t-elle. “Ce débat est celui d’un autre temps et le mandat écoulé est finalement celui d’un changement d’époque : il ne suffit plus de réaliser quelques actions phares pour pouvoir se prévaloir d’un bilan écologique satisfaisant. L’écologie ne peut plus être considérée comme une forme de supplément d’âme, elle doit être à la base du cadre de pensée et d’une politique transversale” résume-t-elle.

“Il n’y a pas eu d’angle mort”

Elle liste les nombreuses mesures prises depuis 2017 sur la fin du plastique à usage unique, l’augmentation de la surface terrestre sous protection, le moratoire sur la chasse à la glu, la stratégie nationale contre la déforestation importée qui a inspiré la commission européenne,  l’abandon de projets emblématiques comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Europa City ou la Montagne d’or…  Sur le volet législatif, le mouvement En marche ! recense 54 lois adoptées durant le quinquennat portant des mesures en faveur de la transition écologique. “Aucune législature précédente n’avait consacré une telle part de ses débats aux enjeux environnementaux” note le rapport. “Il n’y a pas eu d’angle mort, les sujets peu voire pas traités au cours des mandats précédents ont été mis sur la table, et les promesses de campagne de 2017 globalement tenues. Mais au-delà des mesures, il n’y a pas eu de changement de logiciel sur la façon dont on pense la transition” explique Marine Braud.

L’agriculture, domaine dans lequel on observe le statu quo le plus important, est selon elle l’archétype d’un schéma de pensée qu’il faut réussir à dépasser. “Sur les enjeux de pollution, les produits phytosanitaires, le glyphosate, le gouvernement s’est confronté à la réalité des usages agricoles. Il a fait marche arrière ou a agi a minima au lieu de conserver les objectifs, d’identifier les impacts négatifs, de proposer des modalités d’accompagnement et des cibles intermédiaires pour mener à bien la transition” explique la consultante.  

“Déterminer un projet de société commun pour les prochaines décennies”

Si les dépenses publiques en faveur de la transition écologique n’ont jamais été aussi élevées, le rapport recommande qu’une programmation pluriannuelle des financements pour la transition écologique soit mise en place. Le prochain gouvernement aura d’ailleurs la charge de produire d’ici 2023, soit dans la première année du quinquennat, une loi de programmation quinquennale fixant les grands objectifs énergétiques (énergies renouvelables ; consommation d’énergie ; sortie des énergies fossiles) afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

“Surtout, le prochain gouvernement devra poser formellement les options de modèles de société que ce quinquennat n’a pas su clairement départager. Quelles évolutions des comportements individuels ? Quelle dose de sobriété ? Quel pari sur de possibles futures technologies vertes ? Quel degré d’incitation et de contrainte ?” conclut le document.

Concepcion Alvarez @conce1

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