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Biodiversité, capitalisme, épidémie… Les documentaires à voir cet été

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Publié le 06 juillet 2021

ENVIRONNEMENT

C’est l’histoire d’une amitié entre un homme et un poulpe, celle de la plus grande migration d’abeilles au monde par camion, l’histoire de la régénérescence du capitalisme ou celle de la multiplication des épidémies… La rédaction de Novethic a sélectionné quatre documentaires à voir pour mieux appréhender les enjeux environnementaux et sociétaux qui pèsent aujourd’hui sur la planète.  

18 000 abeilles transportées dans des semi-remorques et traversant la moitié des États-Unis. Voici la plus grande migration annuelle d’abeilles dans le monde et, vous l’aurez compris, elle est tout sauf naturelle. Chaque année, des apiculteurs déplacent ainsi leurs centaines de ruches pour polliniser des cultures et assurer la sécurité alimentaire des Américains. La première pollinisation est celle des amandiers, en Californie, où 400 000 hectares d’arbres attendent d’être pollinisés. Avec une ruche nécessaire par hectare, c’est quasiment toute la population d’abeille des États-Unis qui est mobilisée pour cette opération. Or, ces cultures intensives d’amandiers sont nourries de pesticides et menacent les abeilles qui les pollinisent, notamment à cause des néonicotinoïdes, ces pesticides “tueurs d’abeilles” qui attaquent leur système nerveux et immunitaire. Une fuite en avant alors que, partout dans le monde, les populations de pollinisateurs, qu’ils soient domestiques ou indigènes, déclinent à une vitesse folle. 

Les pollinisateurs, Peter Neslon, 2021, à voir sur Arte 

Des PDG aux rémunérations faramineuses, un salaire moyen qui stagne, un pouvoir politique enfermé dans sa tour d’ivoire, des citoyens qui ne croient plus dans leurs institutions… Tout cela est lié et Robert Reich l’explique de manière simple et didactique, loin de tout populisme et complotisme. Cet ancien secrétaire du Travail de Bill Clinton de 1992 à 1993, montre comment la déréglementation financière et économique depuis les années 70 et 80 a déséquilibré aussi bien l’économie que le pouvoir politique. Avec pour conséquence une montée de la colère populaire, qui conduit inexorablement à l’accession au pouvoir du populisme. Le documentaire date de 2017, au moment de l’arrivée de Donald Trump à la Maison blanche. Robert Reich, pourtant, reste optimiste. Il voit dans la jeunesse actuelle une aspiration au changement. “La réalité, c’est qu’un système peut refléter nos valeurs”, plaide-t-il. “Le capitalisme, c’est ce qu’on en fait : soit il améliore les opportunités de réussite des gens, soit il les réduit”

“Sauvons le capitalisme”, Jacob Kornbluth, Sari Gilman, 2017, à voir sur Netflix

C’est l’histoire d’une rencontre entre un homme et un poulpe. Une fascination mutuelle qui, au fil des jours, se mue en relation affective au cœur des forêts de kelp sudafricaines. Le documentariste Craig Foster filme ses plongées thérapeutiques pour noyer son burn-out. Il raconte comment ses excursions régulières en apnée deviennent des bouffées d’air, jusqu’à l’obséder. Hypnotisé par l’animal, il va s’évertuer à le suivre une majeure partie de sa vie, de jour comme de nuit. À travers la relation qu’il tisse avec le poulpe, c’est la vie fascinante et méconnue du céphalopode que l’on découvre :  ses ingénieuses façons de se fondre dans son environnement, de se déplacer, de chasser, qui prennent des allures poétiques sous l’œil de Craig Forester. Le film a créé la surprise aux Oscars en remportant le prix du meilleur documentaire.

La sagesse du poulpe, par Pippa Ehrlich et James Reed, disponible sur Netflix

“L’humanité est au centre d’une communauté infectieuse où transite des pathogènes de toutes sortes. C’est la conséquence de milliers d’années de domestication et de contact rapproché avec des animaux”. Au cœur du premier confinement de 2020, le youtubeur de vulgarisation scientifique Dirty Biology a fait une série de vidéos sur les épidémies. Dans celle intitulée “les futures épidémies que nous vivrons”, il montre que le nombre de pandémies a explosé depuis les années soixante. Cette croissance met en lumière un paradoxe difficile à appréhender. Les pandémies sont issues de la biodiversité (plus il y a de biodiversité, plus il y a de pathogènes), mais plus la biodiversité est menacée, plus il y a de zoonoses (de maladies transmises de l’animal à l’homme). Spoiler Alert : l’agriculture, et l’élevage en particulier, est la première responsable. Pourtant, la pandémie n’a pas fondamentalement remis en cause les modèles agricoles. 

“Les futures épidémies que nous vivrons”, Dirty Biology, 2020, à voir sur Youtube 

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