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Bombes climatiques : après Montagne d’or, voici Espérance, un nouveau projet de mine d’or en Guyane

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Publié le 25 juillet 2022

ENVIRONNEMENT

“Montagne d’Or bis”. C’est comme cela que les opposants au projet de mine d’or Espérance en Guyane l’ont rebaptisé. Situé dans le nord-ouest du pays, en plein cœur de la forêt, il est encore aujourd’hui au stade de la recherche. Mais s’il venait à voir le jour, il serait l’un des projets les plus émetteurs de gaz à effet de serre actuellement menés dans l’Hexagone. Toute la semaine, Novethic vous propose un tour de France des projets les plus climaticides, en s’appuyant sur l’étude “Projet local, impact global” publiée en mai dernier par le cabinet BL Évolution et l’association Terres de luttes*.

Vignettes projets climaticides mine esperance apatou

À quelques dizaines de kilomètres seulement de Montagne d’Or, abandonné par le gouvernement en 2019, c’est un autre projet de méga mine d’or qui se prépare, en toute discrétion. Baptisé Espérance, il est situé à proximité de la commune d’Apatou, au nord-ouest de la Guyane, et est porté par l’entreprise américaine Newmont, leader mondial de la filière aurifère, associée à un opérateur local, la compagnie minière Espérance (CME).

Le site a été exploité par CME entre 1991 et 2012 à petite échelle. Mais le futur projet s’annonce pharaonique avec une fosse à ciel ouvert de plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Fin avril 2020, en plein confinement, la commission départementale des mines de Guyane a émis un avis favorable au renouvellement pour dix ans de cette concession minière et à son extension. Un an auparavant, le gouvernement s’était pourtant opposé à Montagne d’or car “incompatible avec les exigences de protection de l’environnement”.

“Déforestation, déchets, altération des écosystèmes”

“Alors que la Guyane inclut une partie encore intacte de la forêt amazonienne avec sa biodiversité extraordinaire qui représente la moitié de la biodiversité nationale, ce projet, s’il devait se concrétiser, entraînera une déforestation massive, des tonnes de déchets et altèrera gravement les écosystèmes locaux“, expliquent EELV et Guyane Écologie dans un communiqué. Les deux organisations demandent au gouvernement français l’arrêt immédiat de tous les projets de méga-industrie minière sur le sol de la Guyane.

De son côté, l’entreprise Newmont assure que le projet n’en est pour l’instant qu’au “stade du programme de recherche aurifère, première étape du cycle de vie d’un projet minier” et que, s’il devait voir le jour, ce ne serait pas avant une dizaine d’année. “L’objectif est de mieux connaître le sous-sol du lieu-dit d’Espérance afin de préciser le potentiel aurifère du gisement puis de savoir comment il pourrait être exploitable à l’avenir dans de bonnes conditions. Ce programme de recherche répond bien entendu à toutes les exigences réglementaires en matière de sécurité, d’environnement, de respect des règles sanitaires et sociales”, précises un porte-parole auprès de Novethic.

“Ils vont y aller prudemment”

Les perspectives d’exploitation sont encore incertaines“, note également la Direction générale des territoires et de la mer de Guyane dans un rapport consulté par l’AFP, précisant que le ministre en charge des mines, Bruno Le Maire, s’est prononcé en faveur du partenariat Newmont-CME. Sept à huit années d’études exploratoires restent nécessaires pour confirmer l’ouverture d’une mine, a précisé la préfecture. “C’est un projet au long cours, qui avance de façon cachée vu la polémique autour de la réouverture des mines en France. Ils vont y aller prudemment”, réagit Philippe Lamboley du collectif Or de Question qui se mobilise contre la méga-industrie minière en Guyane.

Selon l’étude Projet local, impact global” publiée en mai dernier par le cabinet BL Évolution et l’association Terres de luttes*, qui étudie 65 projets, celui-ci serait le plus impactant actuellement mené en France, en termes d’émissions de gaz à effet de serre, avec près de 20 millions de tonnes de CO2 émis sur 30 ans et 700 hectares artificialisés. “L’extraction d’or a un impact énergétique considérable qui ne trouve pas de justification par les besoins industriels”, soulignent en outre les auteurs du rapport.

Concepcion Alvarez @conce1

*Retrouvez ici l’intégralité de l’étude “Projet local, impact global” publiée en mai 2022 par le cabinet BL Évolution et l’association Terres de luttes. 

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