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[Bonne nouvelle] Évaluer le stock carbone dans les terres cultivées pour mobiliser les agriculteurs

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Publié le 02 mai 2021

ENVIRONNEMENT

Comment mettre à profit le potentiel de stockage de CO2 des sols agricoles ? L’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et l’association Planet A ont annoncé début avril développer un indicateur permettant de mesurer la quantité de CO2 que peuvent absorber les sols en fonction des systèmes de production. L’outil vise à faciliter l’engagement des agriculteurs.

Le potentiel des terres agricoles en matière de stockage de carbone est connu : celles-ci pourraient stocker 3,3 % de CO2 en plus chaque année, selon l’Institut national de la recherche agronomique (Inrae) dans une étude publiée en 2019. Comment dès lors, optimiser le processus ? Début avril, l’Institut et l’association Planet A, œuvrant pour “une agriculture innovante, durable et humaine“, ont annoncé avoir mis au point un indicateur d’évolution du stock de carbone dans les sols agricoles. Baptisé SOCCROP, il permettra de mesurer la quantité de CO2 que peuvent absorber ou émettre les parcelles en fonction des systèmes de production choisis.

Une équipe de l’Inrae a mis en évidence par le biais d’images satellites un lien direct entre la durée annuelle de couverture végétale des sols agricoles et l’accumulation de carbone pour les grandes cultures en Europe. Plus cette période est longue, plus les sols absorbent du CO2.

Les premiers résultats de l’indicateur seront dévoilés courant 2021. “Dans un premier temps, nous voulons faire la démonstration que c’est possible, souligne à Novethic Éric Ceschia, du Centre d’Études Spatiales de la BIOsphère (CESBIO), membre projet. Nous allons produire une carte de la France pour mettre à disposition les données sur une ou deux années“. Seconde étape : trouver un organisme en mesure de poursuivre le projet et développer l’indicateur à l’échelle internationale.

Faciliter l’engagement des agriculteurs

L’ambition de l’outil est d’abord de faciliter la mobilisation des acteurs sur le terrain. L’indicateur “pourra utiliser par les agriculteurs eux-mêmes ou leur conseiller, détaille Éric Ceschia. Avec la mise en place d’un marché carbone en agriculture à l’échelle européenne et le label bas carbone qui se développe en France, cette information pourrait être utilisée par les chambres d’agricultures pour aider les agriculteurs à mettre en place de nouvelles pratiques, comme la mise en place de cultures intermédiaire pour augmenter la fixation de CO2.”

L’indicateur permet également de balayer les idées reçues. “Les terres agricoles sont souvent accusées d’être sources d’émission de gaz à effet de serre, souligne l’Inrae, mais leur utilisation raisonnée et le recours à des pratiques agricoles vertueuses peuvent néanmoins contribuer à lutter contre le changement climatique “. L’indicateur est donc un moyen de reconnaître le rôle de l’agriculture dans le processus.

Pour le PDG de l’Inrae, Philippe Mauguin,”si on veut que les agriculteurs s’engagent” sur des pratiques durables, “si on veut que les politiques les soutiennent – et notamment la prochaine Politique agricole commune -, il faut des éléments de suivi et de traduction des efforts des pratiques agroécologiques, de couverture des sols qui vont contribuer à un enrichissement en carbone“. La nouvelle PAC, qui entre en vigueur en 2023, contraint chaque pays européen à accorder au moins 20 % de son budget agricole à des solutions plus responsables.

Pauline Fricot, @PaulineFricot avec AFP

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