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[Bonne nouvelle] La Vendée veut transformer ses eaux usées en eau potable

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Publié le 25 juillet 2021

ENVIRONNEMENT

La Vendée pourrait bientôt transformer ses eaux usées en eau potable à usage domestique. Le 9 juillet a été lancé la construction d’une unité d’affinage par Veolia. Le défi est technique mais pas que : il s’agit de “briser un tabou“, alors que moins de 1% des eaux usées sont recyclées en France, principalement à des fins agricoles. Pour le département, très dépendant de ses eaux de surface vulnérables face au changement climatique, il y a nécessité à anticiper une pénurie de la ressource.

C’est une première en Europe, soulignent ses initiateurs. La Vendée, confrontée à de fortes tensions sur sa ressource en eau, lance un projet d’utilisation d’eaux usées traitées à des fins domestiques, pour produire notamment de l’eau potable. Lancé avec Veolia et baptisé “Jourdain”, le projet pilote devrait être opérationnel mi 2022 avec un objectif de développement à grande échelle en 2030 si les phases de test sont réussies. Le projet fonctionnera à blanc pendant un an pour vérifier l’efficacité du traitement. 

Le territoire veut anticiper une pénurie inévitable de l’or bleu. La Vendée dépend aujourd’hui à 90% des eaux de surface conservées dans des retenues, mais celles-ci sont très sensibles au changement climatique. Pour Jacky Dallet, président du syndicat Vendée Eau, “il faut être audacieux“. “Il en va du développement et de la vie sur notre territoire“, a-t-il ajouté, relevant que “de nombreuses collectivités observent le déroulement de ce projet avec l’espoir que demain la Vendée apporte une réponse à leurs défis d’eau potable“.

“Briser un tabou”

Pour le climatologue Jean Jouzel, présent à l’inauguration le 9 juillet, “Vendée Eau et Veolia ont brisé un tabou en lançant ce projet“.  En France, seulement 0,6% des eaux usées sont recyclées, surtout dans l’irrigation agricole et l’arrosage des espaces verts. Dans le monde, la moyenne est à 4%, mais les eaux usées sont rarement réutilisées à des fins domestiques, sauf dans une poignée de pays comme en Australie, en Namibie ou à Singapour. Conscients des enjeux d’acceptabilité face aux questionnements sanitaires, élus et syndicat vont miser sur la sensibilisation. Les résultats des analyses seront publics. Le but est que l’opinion s’approprie le sujet. 

Le projet sera “en avance sur les règles européennes notamment sur les micro-polluants, pesticides ou résidus médicamenteux“, insiste le PDG de Veolia Antoine Frérot, qui promet “une eau probablement beaucoup plus propre que l’eau des rivières“.  L’eau venue de la station d’épuration des Sables-d’Olonne passera par deux étapes de filtration, puis deux étapes de désinfection. Elle sera ensuite rejetée dans une zone végétalisée où elle se mélangera à la rivière et transitera vers la retenue et l’usine d’eau potable desservant l’ouest de la Vendée. Coût du projet: 19,5 millions d’euros sur 10 ans, selon Vendée Eau, qui promet que la facture du consommateur n’augmentera pas. Pour le PDG de Veolia, “l’eau est trop précieuse pour n’être utilisée qu’une fois“.

Pauline Fricot, @PaulineFricot avec AFP

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