La COBEL Academy propose des Webinaires & Master Class

Bus RATP en feu : Faut-il craindre des incendies de batteries électriques ?

https://www.novethic.fr/fileadmin/BUS-RATP-FEU.png
BUS RATP FEU

Publié le 02 mai 2022

Un bus RATP en feu en quelques secondes en plein Paris. C’est la scène qui s’est déroulée le 29 avril dans le 13ème arrondissement, pour la deuxième fois en moins d’un mois. Les 149 bus électriques Bluebus du groupe Bolloré ont été retirés de l’exploitation par la RATP en attendant l’expertise. Une affaire qui renforce un peu plus les craintes d’incendies des batteries électriques alors que les vidéos montrant des Tesla en feu se multiplient sur les réseaux sociaux. 

C’est un incendie impressionnant qui s’est déclenché le vendredi 29 avril à 8h05 dans un autobus électrique à proximité de l’arrêt Bibliothèque François-Mitterrand, dans le 13ème arrondissement de Paris. La vidéo, tirée d’une caméra de surveillance, montre le bus à l’arrêt, en retrait de son terminus, avec la mention “Sans voyageur”. Une petite explosion agite le toit, suivie d’un dégagement de fumée puis d’un véritable feu d’artifice, avec une colonne de flammes qui s’élève vers le ciel. “Le machiniste a été pris en charge par son encadrement”, a indiqué la RATP dans un communiqué, précisant que l’incendie n’a pas fait de blessé.

“Cependant, s’agissant du deuxième incendie sur un bus électrique récent d’une même série Bluebus 5SE de la marque Bolloré en moins d’un mois, la RATP a pris la décision par mesure de précaution, en liaison avec Ile-de-France Mobilités, de retirer temporairement de l’exploitation les 149 bus électriques de cette série”, a-t-elle annoncé. Une décision “raisonnable” pour le ministère des Transports afin de “s’assurer qu’il n’y a pas de défaillances similaires sur d’autres véhicules”. L’Association des usagers des transports a, elle, réclamé des “actions correctrices rapides de la part du constructeur“.

Des incendies difficiles à maîtriser

“Pour l’instant, il faut être très prudent sur les raisons de l’incendie des bus RATP. Cela peut être un défaut d’exploitation, des problèmes de fabrication… il faut réunir un faisceau d’indices pour établir une conclusion”, défend Sébastien Elie, expert en risque automobile et directeur de la branche Motors du groupe Stelliant. “Il est vrai que les batteries peuvent s’auto-embraser, c’est un risque certain mais rare. D’autant que tous les véhicules électriques ne dépendent pas de la même technologie entre les hybrides, les batteries lithium-ion ou encore les LMP (technologie développée par le groupe Bolloré, ndr)”, ajoute le spécialiste.

Si la vidéo de l’incendie du bus RATP à Paris a créé un véritable buzz sur les réseaux sociaux, c’est que les images de véhicules électriques prenant feu se sont multipliées ces dernières années, faisant craindre un risque de sécurité. Le constructeur Tesla est régulièrement épinglé. D’autant que les incendies sont difficiles à gérer pour les pompiers qui sont parfois contraints d’éteindre les flammes pendant des heures. “Les batteries contiennent une très grande quantité d’énergie dans un petit espace. Or les pompiers ne peuvent pas accéder au cœur de la batterie puisque le boîtier est étanche“, explique Sébastien Elie. Les soldats-du-feu suivent d’ailleurs des formations spécifiques sur l’embrasement des véhicules électriques.

“Pas de panique” 

Si les incendies sont impressionnants, ils ne sont en tout cas pas plus fréquents. Une étude publiée par Allianz vient en effet désamorcer les craintes. L’assureur affirme que les véhicules électriques ne s’enflamment pas davantage que les voitures à moteur thermique. “Cela devrait rassurer les propriétaires de véhicules électriques qui pourraient paniquer. Les incendies sont impressionnants mais beaucoup plus rares”, insiste Sébastien Elie. Mais les véhicules ne sont pas les seuls produits concernés. 

En cinq ans, le nombre d’incendies dans les centres de traitement de déchets a été multiplié par deux en raison des batteries lithium-ion. Téléphones, clés de voitures, brosses à dents électriques… après un choc, certains déchets s’enflamment. Un risque difficile à gérer. “Comment identifier la pile d’une clé au milieu de 20 tonnes de déchets“, s’interroge Olivier François, Président de la Commission internationale de la Fédération officielle des entreprises de recyclage (FEDEREC). Se pose en tout cas la question du recyclage, aujourd’hui pas assez prise en compte. 

Marina Fabre Soundron @fabre_marina avec AFP

Pour en savoir plus ou lire la suite : Source | Lien vers l'article