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Capitalisme responsable contre croisades anti-woke : les États-Unis se déchirent avant les élections de mi-mandat

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Abigail Disney documentaire Santiago Felipe Getty images via AFP

Publié le 26 octobre 2022

L’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis renforce les tensions autour des politiques sociales et environnementales des entreprises. Abigail Disney, activiste et petite fille du cofondateur du groupe de divertissement éponyme, signe un documentaire épinglant l’entreprise pour ses pratiques sociales et prônant une vision d’un capitalisme plus proche de ses parties prenantes. À l’opposé du spectre, des entrepreneurs lancent des services financiers ouvertement “anti-woke”.

“Comment peut-on dire qu’une entreprise est prospère quand ses employés souffrent. Si on remet l’humain au centre des calculs, alors on verrait Disney d’un tout autre œil, sachant que plusieurs de ses employés doivent recourir aux aides alimentaires”, s’emporte Abigail Disney, petite-fille du cofondateur du groupe du même nom et activiste. L’héritière du géant du divertissement a cosigné un documentaire intitulé “The American Dream and Other Fairy Tales” (Le rêve américain et autres contes de fées), sorti aux États-Unis fin septembre 2022, dans lequel elle étrille les pratiques sociales de l’entreprise en obtenant le témoignage d’employés à plein temps qui peinent à joindre les deux bouts.

Cette réalité, elle la pointe du doigt depuis plusieurs années, en dénonçant notamment la rémunération très élevée du dirigeant de Disney, comparé aux très faibles revenus des “cast members”, les salariés des parcs d’attraction. Dans une interview donnée à la chaîne CNBC, Abigail Disney explique que les entreprises doivent mieux prendre en compte aussi bien leurs salariés que la planète. Elle cite le mouvement B-Corp en exemple. “On voit éclore une nouvelle pensée selon laquelle le capitalisme est un bon système (…) à partir du moment où il est bien régulé, pour qu’il ne demeure pas cette entité prédatrice”, estime-t-elle.

Deux idéologies s’affrontent

Cette vision d’un capitalisme plus proche de toutes les parties prenantes de l’entreprises, et non plus seulement de ses actionnaires, est cependant loin d’être partagée par l’ensemble de la société américaine. L’approche des élections de mi-mandat, qui se tiennent le 8 novembre pour renouveler la Chambre des représentants et une partie du Sénat, l’a même propulsée dans les débats politiques. Deux idéologies s’affrontent. D’un côté, les Républicains partisans d’une économie dérégulée. De l’autre, une partie des Démocrates plus encline à transformer le monde économique. La position des entreprises sur des sujets comme les droits humains, le climat, la diversité, est résumée par le camp démocrate comme étant une émanation de la culture “woke”, trop progressiste à leur goût.

Plusieurs gouverneurs d’États républicains, comme la Louisiane, le Texas ou la Floride, ont ainsi critiqué ouvertement les stratégies d’investissements durables de grands établissements financiers. Cet été, le contrôleur financier du Texas a publié une liste de banques et de fonds d’investissement jugés trop “verts” et a demandé au fonds de pension de l’État de ne plus faire appel à leurs services. Parmi les sociétés boycottées, se trouvaient notamment BNP Paribas ou encore BlackRock. Début octobre, la Louisiane a également mis BlackRock sur liste noire et retiré l’argent public investi dans la société de gestion.

Des initiatives “anti-woke”

Des entrepreneurs ont de leur côté décidé de créer des initiatives “anti-woke”. À l’image de Toby Neugebauer et Nick Ayers, ancien collaborateur de Mike Pence (vice-président de Donald Trump), qui ont créé GloriFi. Cette fintech, qui se qualifie de “pro-liberté, pro-Amérique, pro-capitalisme”, veut proposer des services bancaires aux déçus de la politique trop libérale des banques traditionnelles. La jeune pousse connaît cependant des débuts chaotiques. Selon le Wall Street Journal, Toby Neugebauer a dû quitter ses fonctions de directeur général, la fintech étant au bord de la faillite.

Sur le même mode, le fonds d’investissement “God Bless America” a été lancé le 10 octobre 2022. Il promet aux épargnants d’investir dans des entreprises américaines cotées, en éliminant celles qui ont “mis l’accent sur un activisme politique de gauche ou libéral et des agendas sociaux, aux dépens de la maximisation du rendement pour les actionnaires”.

Cette fracture entre deux visions de l’économie paraît irréconciliable. Pourtant, Abigail Disney estime que “ceux qui critiquent l’ESG manquent l’essentiel. Ils ne voient pas que cela permet de contribuer à de meilleurs résultats à long terme pour les entreprises.”

Arnaud Dumas, @ADumas5

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