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“Ce n’est plus un combat de pionnier, c’est la norme” : Avant la présidentielle, 2000 entrepreneurs engagés veulent changer les règles

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Publié le 04 février 2022

Un index qui mesure l’action sociale et écologique des entreprises, un impôt sur les sociétés en fonction des impacts extra-financiers,… les patrons engagés entrent en campagne et veulent hisser leurs sujets au cœur du débat présidentiel. Si les candidats semblent ouverts à leurs propositions, reste à savoir s’ils les intégreront dans leur programme. “Les planètes s’alignent, c’est le sens de l’histoire”, croit Jean Moreau, co-président du mouvement Impact France.

La climatologue Valérie Masson-Delmotte, l’ingénieur du Shift Project Matthieu Auzanneau, le patron de la Maif, Pascal Demurger… C’est dire la diversité des personnalités engagées présentes, le 3 février, au Museum d’histoire naturelle pour le lancement du Manifeste de l’économie de demain. À quelques semaines de l’élection présidentielle, l’enjeu est de “remettre le bien commun au cœur de l’économie”, selon les termes du PDG de Zack, Pierre-Emmanuel Saint-Esprit, entreprise qui donne une seconde vie aux produits électroniques usagés.

“On est encore dans le money time, les programmes ne sont pas bouclés“, explique Jean Moreau, co-président d’Impact France. Le mouvement, qui représente le plus grand réseau d’entreprises à impact, a publié un manifeste, signé par plus de 2 000 entrepreneurs, fondé sur cinq priorités pour l’économie de demain. L’enjeu est de les faire inscrire dans le programme des candidats à la présidentielle. Impact France a déjà été reçu par plusieurs d’entre eux dont Yannick Jadot, l’équipe d’Emmanuel Macron et celle de Valérie Pécresse.

Des outils de mesure communs 

“On a le sentiment qu’avec la montée en puissance de nos sujets, le rapport de force s’est équilibré : il y a cinq ans, on n’aurait même pas été reçus. C’est un peu le jour et la nuit”, poursuit Jean Moreau, le fondateur de Phenix, spécialisé dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Parmi les mesures phares proposées par les entrepreneurs engagés, celle de moduler le taux d’impôt sur les sociétés en fonction de l’impact extra-financier. “Il y a aujourd’hui un avantage économique à produire de manière irresponsable. Une “prime au vice” que nous dénonçons”, abonde Julia Faure, cofondatrice de la marque de vêtements durables Loom.

L’enjeu est surtout de trouver un référentiel commun pour mesurer concrètement le degré d’engagement des entreprises. D’où la proposition d’un Index Impact social et écologique, une nouvelle grille de lecture articulée autour d’une trentaine d’objectifs. “Parmi les freins à la transition des entreprises, le greenwashing est un fléau qui torpille la confiance”, justifie la climatologue et membre du GIEC, Valérie Masson-Delmotte. “Cessons de croire que les dirigeants d’entreprise rêvent de dérégulation et de libéralisme à tous crins. Ce que nous attendons, c’est, au contraire, un cadre, des incitations claires et des outils de mesure de l’impact qui s’appliquent à tous”, a également réagi Pascal Demurger qui demande notamment la création d’un statut d’entreprises à impact. 

Une vague verte déferle

Reste à savoir si ces patrons engagés vont être entendus alors que les débats de fonds sur l’urgence environnementale et sociale peinent à émerger dans la campagne présidentielle. Le 1er février, 1 400 scientifiques ont d’ailleurs publié une tribune sur France Info appelant à hisser le débat démocratique à la hauteur des enjeux. Et ils ne sont pas les seuls à mettre la pression. L’Affaire du siècle a lancé une campagne en ce sens tandis que le think tank Shift Project vient de publier son programme de transformation de l’économie pour parvenir à la neutralité carbone. Même le Medef, composé des grandes entreprises, affirme ne pas avoir peur du terme “planification écologique”. 

“Les candidats savent qu’il y a une bascule, les planètes s’alignent, c’est le sens de l’histoire“, croit Jean Moreau. “Il est difficile de croire à une transformation de quinquennat mais le mouvement a gagné en crédibilité : on n’est plus sur un ESS (économie sociale et solidaire) porté par des militants. Maintenant on a des grosses boîtes qui nous ont rejoints. Ce n’est plus un combat de pionner, c’est la norme”, affirme-t-il. Et d’ajouter : “Il y a inévitablement une vague verte. Le prochain ou la prochaine présidente va-t-elle l’accompagner ou l’encaisser ? C’est toute la question”. 

Marina Fabre Soundron @fabre_marina

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