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Ce que l’Homme a fabriqué pèse désormais plus lourd que tout le vivant sur Terre

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Publié le 07 avril 2021

ENVIRONNEMENT

L’espèce humaine, qui représente une toute petite partie du vivant, a désormais laissé une trace indélébile sur sa planète, inscrite dans sa lithosphère et son atmosphère. Si la notion est difficile à se représenter, l’étude d’une équipe de l’Institut Weizmann y aide. Ceux-ci ont calculé que la masse de tout ce que l’être humain a fabriqué pèse désormais plus que celle de toute la biomasse.

Tout ce que les humains ont coulé, usiné, fabriqué, fondu, polymérisé, alésé, façonné pèsent près de 1 100 milliers de milliards de tonnes. C’est plus que l’ensemble des animaux, arbres, bactéries, champignons et autres créatures vivantes qui existent sur Terre. C’est la conclusion d’une étude pilotée par des chercheurs de l’institut israélien Weizmann. Dans la prestigieuse revue Nature, ils écrivent : “L’Humanité est devenue une force dominante pour modifier la face de la Terre (…) Nous avons découvert que la Terre est exactement à un tournant : fin 2020, la masse anthropogénique (tout ce qui a été fabriqué par l’Homme, ndr), qui a doublé tous les 20 ans, a surpassé la biomasse vivante“.

Ils ajoutent : “En moyenne, pour chaque personne sur le globe, la masse anthropogénique produite chaque semaine est égale ou supérieure à sa masse corporelle“.  Une notion dingue mais qui devient plus concrète quand on pense à tous nos téléphones, ordinateurs, canettes, bouteilles, voitures, vêtements, villes, routes, avions,  paquebots… L’institut Weizman met en avant une comparaison frappante. La masse de tous les mammifères (dont les humains) et les poissons représentent quatre milliards de tonnes. Celle du plastique sur Terre représente huit milliards de tonnes !

L’âge de l’Homme

Cette étude ajoute une pierre à l’édifice de la théorie de l’anthropocène, littéralement “l’âge de l’Homme”. Si le terme existe depuis la fin du XXe siècle, il est discuté très sérieusement par la communauté des géologues depuis le début des années 2010. Il relate que la présence de l’Homme est désormais inscrite de manière indélébile sur la planète, et y demeurera même bien après que l’Homme aura disparu comme le sont les couches géologiques des ères passées. Une notion que nous ressentons tous plus ou moins au quotidien.

Et cet âge de l’Homme est d’autant plus incroyable que, selon une autre étude de la même équipe de l’institut Weizmann publié en septembre 2020 dans PNAS, les presque huit milliards d’humains de la planète ne représentent que 0,01 % de la masse totale des êtres vivants. Ce sont les plantes qui dominent (en particulier les 3 000 milliards d’arbres) avec 82 % de la masse du vivant, 13 % pour les bactéries, 2,2 % pour les champignons et 0,37 % pour les animaux.

Malgré cette insignifiance fraction, il n’y a presque plus que nous sur Terre. Sur la masse totale des mammifères, seuls 4 % sont des animaux sauvages. Le reste est composé à 60 % des mammifères et 36 % d’êtres humains. Un autre ordre de grandeurs frappant est donnée dans l’étude de 2018 The biomass distribution on Earth, publiée dans PNAS également : seuls 30 % des oiseaux sont aujourd’hui sauvages, le reste est composé par la volaille d’élevage.

Ludovic Dupin @LudovicDupin

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