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Ces scandales qui ont changé le monde : le bannissement des gaz qui détruisent la couche d’ozone

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Publié le 13 août 2021

ENVIRONNEMENT

Dans les années 1980, les scientifiques découvrent un gigantesque trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique, qui menace l’ensemble du monde vivant. La communauté internationale se met en branle, signe le Protocole de Montréal en 1987 pour bannir l’usage des substances nocives et les industriels misent sur des substances alternatives. La mobilisation est un succès. Toute la semaine, Novethic revient sur des scandales ayant poussé les industriels à changer de technologie.

C’est un cataclysme et une prise de conscience brutale de l’impact que peut avoir l’humain sur la planète. En 1985, des chercheurs britanniques découvrent un immense trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique, de la taille du continent européen. L’enjeu est vital : situé à une trentaine de kilomètres de la Terre, la couche d’ozone constitue un véritable bouclier qui protège l’ensemble du monde vivant des rayons ultraviolets qui proviennent du soleil.

Le suspect a déjà été identifié. En 1974, deux scientifiques, Mario Molina et Frank Rowland ont publié une étude qui alerte sur la destruction de l’ozone par un gaz massivement utilisé dans les aérosols et l’industrie du froid : les chlorofluorocarbures, ou CFC.

La découverte fait l’effet d’une bombe et la communauté internationale se met en branle. Il devient indispensable de faire cesser les émissions de gaz CFC sous peine de voir exploser le nombre de cancer. Le Protocole de Montréal, qui encadre cet objectif, est ratifié par 24 pays en 1987. D’autres signatures s’ajoutent progressivement à l’accord, qui devient le premier traité à atteindre la ratification universelle – soit 197 pays – en 2009. Les CFC sont officiellement interdits partout dans le monde un an plus tard. Des amendements ajoutent des restrictions sur d’autres produits nuisibles comme les HCFC ou le bromure de méthyle. Les alternatives, comme les hydrofluorocarbures (HFC) existent déjà et facilitent la transition des industriels. En 2019, la NASA annonce que le “trou” est au plus bas depuis sa découverte. Selon l’ONU, la couche de gaz au-dessus des régions polaires devrait être complètement rétablie d’ici 2060.

Un succès historique porteur d’espoir

La lutte pour contrer le trou de la couche d’ozone est souvent présentée comme l’une des rares bonnes nouvelles en matière d’environnement et un succès historique de l’écologie politique. Achim Steiner, alors directeur général du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) estimait en 2014 que “le travail sur les substances appauvrissant la couche d’ozone est peut être l’un des plus grand succès […] des nations agissant ensemble au nom de la science”. L’ex-secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, soulignait un an plus tard que cette réussite signifiait que “le changement est possible, s’il existe une volonté politique pour l’encourager” . 

De quoi laisser quelques espoirs quant à la possibilité de faire front contre le réchauffement climatique. Le protocole de Montréal s’y attelle désormais. Car si l’un des remplaçants privilégié, le HFC, ne menace pas la couche d’ozone, il est en revanche un redoutable gaz à effet de serre jusqu’à 15 000 fois plus puissant que le CO2. L’amendement de Kigali, entré en vigueur en 2019, engage les 119 pays qui l’ont ratifié à réduire la production et la consommation de HFC de 85 % d’ici à 2047. La Chine, premier émetteur, a annoncé début 2021 qu’elle ratifierait l’amendement. Les États-Unis ont annoncé vouloir suivre. Une éradication des HFC permettrait d’éviter 0,5°C de réchauffement climatique à l’échelle mondiale d’ici à 2100.

Pauline Fricot, @PaulineFricot 

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