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Ces scandales qui ont changé le monde : l’interdiction de l'amiante, la fin d’un produit miracle

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Publié le 11 août 2021

ENVIRONNEMENT

Difficile pour les industriels de renoncer à ce produit miracle. Il ne s’enflamme pas, il est très résistant, c’est un isolant aussi bien au niveau phonique que thermique. Mais l’amiante tue. Dans les années 90, son interdiction est prononcée et de nombreux procès en responsabilité voient le jour. Aujourd’hui aucun produit unique n’arrive à le remplacer, et les fabricants multiplient les matériaux de substitution. Toute la semaine, Novethic revient sur des scandales ayant poussé les industriels à changer de technologie.

Ses dangers sur la santé humaine étaient connus dès la fin du 19ème siècle. Mais comment résister à un matériau naturel aux propriétés exceptionnelles ! L’amiante résiste au feu, aux attaques chimiques, jouit d’un fort pouvoir isolant aussi bien thermique que phonique et électrique, tout en étant léger. Une aubaine pour de nombreux secteurs industriels qui s’en sont emparés pour fabriquer leurs produits.

C’est principalement dans le bâtiment que l’amiante était utilisée, mais on en retrouve aussi dans une multitude de domaines : pièces automobiles comme les plaquettes de frein, revêtements routiers, trains, bateaux, vêtements de protection, etc. L’amiante est partout. Sa dangerosité est pourtant connue. L’inhalation des fibres d’amiante est à l’origine de plusieurs maladies, fibrose pulmonaire, asbestose et plusieurs types de cancers. L’Organisation internationale du travail évalue à 100 000 par an le nombre de morts en raison de l’amiante.

Longtemps, les pouvoirs publics ferment les yeux, tandis que le lobbying des industriels tente de minimiser les risques. Jusqu’à ce que, dans les années 90, le scandale éclate. Des protestations contre l’amiante pointent du doigt le matériau, comme dans l’université de Jussieu, à Paris, dans laquelle les chercheurs s’inquiètent depuis de nombreuses années sur le risque posé par l’amiante. Les voix s’élèvent de plus en plus contre l’amiante et des associations de victimes sont créées, comme l’Andeva, l’association nationale des victimes de l’amiante, en 1996.

Interdiction en 1997

Le vent tourne pour l’ex-matériau miracle et le gouvernement français finit par lui tourner le dos. En 1997, l’utilisation de l’amiante est interdite en France. La réglementation devient plus stricte, avec notamment des obligations de désamiantage par des équipes spécialisées en cas de travaux ou de démolition. L’affaire n’est, bien sûr, pas que française. L’Union européenne interdit également l’usage de l’amiante peu de temps après la décision française et, aujourd’hui, plus d’une soixantaine de pays dans le monde l’interdisent.

Le scandale de l’amiante se déroule également devant les tribunaux. Les salariés ayant manipulé, regroupés au sein d’association, attaquent les industriels en justice. Avec peu de résultats… Les tribunaux rejettent les plaintes, au motif qu’il ne serait pas possible de déterminer le début de l’exposition à l’amiante. Il faut attendre plus de vingt ans pour que, en mars 2021, la Cour de cassation redonne espoir aux victimes par un revirement de jurisprudence. En 2019, la Cour de cassation avait déjà élargi le préjudice d’anxiété, qui permet d’obtenir des réparations du fait de l’inquiétude provoquée par l’exposition à l’amiante.

Le vide causé par l’interdiction de l’amiante peine cependant à se combler. Des matériaux de substitution existent bien sûr, mais aucun qui ne soit aussi complet et, surtout, aussi peu cher. En fait, les industriels ont dû trouver une multitude de produits de remplacement. D’autres matériaux isolants sont ainsi utilisés dans le bâtiment à base de laine de verre ou de roche, des fibres de cellulose sont injectées à la place de l’amiante dans le ciment, le mica est utilisé pour sa résistance au feu…

Arnaud Dumas, @ADumas5

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