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“C’est qui le patron” : la marque des consommateurs pour l’alimentaire étend son modèle à d’autres secteurs

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Publié le 12 septembre 2022

Hygiène, habillement, santé, banque… la marque C’est qui le patron n’aidera plus seulement les agriculteurs. Celle qui a cassé le concept du “prix le plus bas” en rémunérant correctement les producteurs, s’autorise désormais à monter au capital d’entreprises voire à les racheter. Ces dernières seront labellisées “C’est qui le patron” en répondant à un cahier des charges fondé notamment sur la transparence et l’équité.

C’est qui le patron, la suite. Depuis six ans, la coopérative a imposé sa marque chez les consommateurs. Symbole de son succès, sa brique de lait en pack de six est devenue en décembre dernier la première référence de sa catégorie, crevant le plafond de verre qu’aucun produit équitable n’avait réussi à franchir jusqu’ici. Car C’est qui le patron (CQLP) n’est pas une marque comme les autres. Pour aider les producteurs, elle vend ses produits quelques centimes de plus, le tarif étant soumis au vote de ses consommateurs-sociétaires. En pleine crise du lait, l’initiative a été saluée jusqu’au Président de la République. Depuis, la marque s’est étendue et propose des dizaines de produits : jus de pomme, beurre, yaourt, pizza, etc. 

“On s’est demandé comment on pouvait aller plus loin, comment on pouvait amplifier l’impact qu’on avait déjà”, explique le fondateur de C’est qui le patron, Nicolas Chabanne. Le déclic est venu en janvier. Un groupe d’éleveurs a lancé un appel à l’aide alors qu’il était en difficulté financière. Pour les aider, CQLP a créé Paysans et consommateurs, devenant copropriétaire d’un abattoir et d’un laboratoire de découpe. “Avec cette initiative, on a pu soutenir 80 familles. On s’est dit qu’on pouvait répliquer ça“, avance Nicolas Chabanne.

“Après le scandale Orpea, c’est à nous de prendre le volant”

La coopérative s’autorise désormais à entrer au capital d’entreprises ou à en racheter. Et, contrairement à aujourd’hui, elle ne va pas se limiter à l’agroalimentaire, plusieurs secteurs seront concernés comme l’assurance, la banque, la santé… “Imaginez si on entre au capital d’un Ehpad et qu’on y insuffle nos valeurs et notre cahier des charges basés sur une bonne rémunération, des produits locaux dans les cuisines, etc. Après le scandale Orpea, c’est à nous de prendre le volant”, estime Nicolas Chabanne. Pour ne pas tomber dans le greenwashing voire le socialwashing, CQLP demande en effet à ses sociétaires de voter pour un cahier des charges strict permettant de labelliser des produits ou, désormais, des entreprises.

“Petit fils d’agriculteurs ma première motivation était d’aider les agriculteurs mais l’initiative des consommateurs m’a poussé à être sociétaire. J’en ai parlé autour de moi”, témoigne auprès de Novethic, Mathieu Delomier sociétaire de CQLP depuis 2019 et conseiller municipal Les Républicains. “Pourquoi s’arrêter au domaine de l’agroalimentaire quand on peut s’étendre à tous les domaines ? Nicolas Chabanne a une philosophie dans laquelle je me retrouve à 100 % ! (…) C’est du bon sens, de la solidarité et de l’équité. Ça redonne espoir dans notre monde par ces temps troublés”.

Pour l’instant, aucun nom d’entreprises dans lesquelles C’est qui le patron pourrait monter au capital n’a été donné mais “les premières structures doivent avoir une forte valeur ajoutée”, insiste Nicolas Chabanne. “On ne va pas se disperser, la priorité va rester l’agroalimentaire, on n’a pas la folie des grandeurs mais on veut s’ouvrir”. Depuis son lancement, CQLP a vendu plus de 380 millions de produits solidaires à 15,1 millions de consommateurs. 

Marina Fabre Soundron, fabre_marina 

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