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Chaque heure où le Canal de Suez est bloqué, c’est 400 millions de dollars qui s’envolent

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Publié le 27 mars 2021

Un porte-conteneurs taïwanais s’est échoué dans le canal de Suez en Égypte, l’Ever Given. Il s’agit d’une des plus grandes voies maritimes au monde sur laquelle repose près de 10 % du commerce mondial. Un incident rarissime qui rappelle que le commerce mondial repose sur des voies physiques bien réelles. Et le moindre aléa fait disparaître des milliards de dollars chaque jour.

Les échanges mondiaux pour alimenter tels ou tels pays consommateurs depuis telles ou telles usines géantes sont presque invisibles aux yeux de tous. Cette immense logistique est une évidence inconsciente, jusqu’au jour où la bonne machine bien huilée grince. C’est exactement ce qui est arrivé mardi 23 mars alors que le porte-conteneurs, l’Ever Given, un mastodonte de 400 mètres de long et 220 000 tonnes, a heurté une des rives du canal de Suez, puis s’est mis en travers bloquant complètement le passage.

Impossible de débloquer ce navire depuis plus de 72 heures et cela pourrait durer des semaines, craignent certains experts. En quelques instants, c’est 10 % du commerce maritime international, qui est à l’arrêt. Et selon la revue spécialisée Lloyd’s list, plus de 200 navires sont actuellement bloqués aux deux extrémités et dans la zone d’attente située au milieu du canal. Le porte-conteneurs coincé bloque chaque jour l’équivalent d’environ 9,6 milliards de dollars (8,1 milliards d’euros) de marchandises, soit 400 millions de dollars par heure.

Le cap de Bon Espérance ou l’Arctique

Près de 19 000 navires ont emprunté le canal en 2020, selon la SCA, soit une moyenne de 51,5 navires par jour. Déjà les grands armateurs mondiaux réfléchissent à des voies alternatives, le plus évident est de reprendre l’ancienne route qui contourne l’Afrique en passant par le cap de Bonne Espérance. Mais cela signifie rallonger les durées de voyages de plus 15 jours. Un délai particulièrement lourd pour l’économie mondiale qui fait déjà face des pénuries de puces électroniques et de conteneurs eux-mêmes.

Face à cet enjeu, c’est la Russie qui se frotte les mains. Le pays travaille depuis des décennies à ouvrir à la navigation tout au long de l’année de la voie maritime arctique. Celle-ci est habituellement seulement utilisable de juillet à fin novembre. Mais avec le réchauffement climatique, pour la première fois un méthanier a réussi à naviguer sur cette voie entre janvier et février. Selon un responsable de la diplomatie russe, Nikolaï Korchounov, le blocage du Canal de Suez “a mis en lumière la nécessité avant tout de la poursuite du développement de la Route maritime du Nord“.

Ludovic Dupin @LudovicDupin

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