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CIA, FBI, Pentagone, OTAN… Quand le changement climatique devient un enjeu de sécurité

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Publié le 06 décembre 2021

ENVIRONNEMENT

Pénurie d’eau, catastrophes climatiques, émeutes… les armées sont en première ligne face au changement climatique. L’enjeu a pris une nouvelle dimension ces derniers mois alors que les services de renseignements américains et le Pentagone estiment qu’ils pourraient même provoquer l’effondrement de certains États. Ses impacts bénéficient déjà au développement de certains groupes terroristes comme Boko Haram.

“Le changement climatique est un multiplicateur de menaces qui a des incidences sur la sécurité de l’Alliance. La responsabilité première de l’OTAN est de protéger et de défendre le territoire et la population de ses pays membres contre une attaque, et nous répondrons à l’ensemble des défis et des menaces qui pèsent sur la sécurité euro-atlantique.” Voilà ce qu’écrivaient en juin dernier les chefs d’États de l’OTAN qui promettaient, par la même occasion, qu’elle devienne l’organisation de référence “s’agissant de comprendre les incidences du changement climatique sur la sécurité et de s’y adapter“. Alors qu’il y a quelques années encore, l’urgence climatique était l’angle mort des stratégies de défense des nations de la planète, le sujet monte en puissance. 

Le 12 novembre dernier, la ministre des Armées, Florence Parly a ainsi organisé un évènement au Forum de Paris sur la Paix pour évoquer le rôle des forces armées en première ligne face aux impacts du changement climatique -pénurie d’eau, catastrophes naturelles, etc. “Il s’agit de lancer au niveau international une dynamique pour que les armées, à travers le monde, soient des acteurs engagés de la lutte contre le changement climatique” a expliqué Florence Parly.

Un terreau propice au terrorisme

À la mi-octobre, c’est le Pentagone qui publiait un rapport sur le sujet et écrivait : “L’augmentation des températures, la modification des régimes de précipitations ; et l’augmentation de la fréquence, de l’intensité et de l’imprévisibilité des conditions météorologiques extrêmes causées par le changement climatique exacerbent les risques existants et créent de nouveaux défis de sécurité pour les intérêts américains et ceux de leurs alliés“. 

Le développement du terrorisme dans le sillage du changement climatique fait partie des enjeux les plus explosifs. Dès 2017, un rapport du think tank allemand Adelphi notait que le changement climatique était un “terreau fertile” au développement de groupes terroristes. Dans le bassin du Lac Tchad par exemple, alors que 30 millions de personnes sont dépendantes de cette source d’eau, son assèchement créé de nombreux conflits intercommunautaires, qui facilitent l’enracinement du groupe terroriste Boko Haram. En octobre dernier, un rapport remis au Conseil de sécurité de l’ONU révélait également comment le groupe islamiste Al-Chabab profitait des impacts du changement climatique pour consolider son influence en Somalie, pays marqué par la multiplication des sécheresses et des inondations. 

Onze pays particulièrement à risque

“Dans les cas de figure les plus graves, le changement climatique peut provoquer l’effondrement de l’État incapable de satisfaire les besoins vitaux de sa population”, prévient ainsi le Pentagone. Dans une note inédite et non classifiée des services de renseignements aux États-Unis -incluant la CIA et le FBI-, le risque d’exacerbation des conflits liés au changement climatique est clairement redouté. 

“Nous estimons que le changement climatique exacerbera de plus en plus les risques pour les intérêts de sécurité nationale des États-Unis, à mesure que ses impacts physiques augmentent et que les tensions géopolitiques s’intensifient”, notent les services de renseignements, qui, selon le Washington Post publient ici “l’analyse la plus exhaustive sur des problèmes importants pour la sécurité nationale”. Onze pays sont particulièrement à risques, selon les services de renseignements, à savoir l’Afghanistan, la Colombie, le Guatemala, Haïti, Honduras, l’Inde, l’Irak, le Myanmar, la Corée du Nord, le Nicaragua et le Pakistan.

Marina Fabre Soundron @fabre_marina 

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