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Climat : la Chine lance son propre marché carbone

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Publié le 16 juillet 2021

ENVIRONNEMENT

La Chine rejoint le rang des pays ayant adopté un marché carbone. Le système consiste à réduire les émissions de gaz à effet de serre par le biais d’échanges de “droits à polluer” par les entreprises. L’enjeu est colossal : le marché devrait couvrir un septième des émissions mondiales de carbone dues à la combustion d’énergies fossiles. Mais des interrogations subsistent quant à l’efficacité du système.

La Chine, première émettrice de gaz à effet de serre, a lancé le 16 juillet son “marché carbone“. Ce dernier devrait l’aider à réduire ses émissions de CO2 dans un contexte où Pékin s’est engagé à atteindre un pic d’ici 2030 puis la “neutralité carbone” d’ici 2060.

Concrètement, il fixe pour la première fois des plafonds de pollution pour les entreprises. Si ces dernières sont incapables de respecter ces quotas, elles doivent acheter des “droit de polluer” à d’autres entreprises ayant une empreinte carbone plus faible. Ce système obligera des milliers d’entreprises du pays à réduire leurs émissions polluantes, sous peine de subir des pertes économiques.    

Un septième des émissions couverte

Le système couvrira initialement 2 162 producteurs chinois d’électricité, a annoncé le ministre de l’Environnement, Huang Runqiu. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), ces compagnies génèrent environ un septième des émissions mondiales de carbone dues à la combustion d’énergies fossiles.

La banque américaine Citigroup estime que 800 millions de dollars de “permis de polluer” seront achetés cette année en Chine, puis 25 milliards d’ici 2030. Le marché carbone chinois devrait alors représenter en valeur commerciale environ un tiers de celui de l’Union européenne , actuellement le plus important. Selon l’agence de presse Chine nouvelle, le nouveau système chinois d’échanges de quotas d’émissions est toutefois déjà “le plus grand du monde” en termes de quantité d’émissions couvertes.

Des ambitions revues à la baisse

Des interrogations subsistent cependant quant à l’ampleur réduite par rapport au projet initial et à l’efficacité du système, avec un faible prix attribué à la pollution, qui risque de ne pas assez dissuader les industriels. Le prix moyen ne devrait tourner qu’aux alentours de 4,60 dollars cette année, soit bien moins que les 49,40 dollars dans l’UE, selon une récente note de la banque chinoise Citic Securities.  De plus, d’après l’organisation britannique TransitionZero, la distribution de permis de polluer gratuits et l’imposition d’amendes modestes en cas de non-respect des règles vont maintenir les prix à un niveau bas.

À l’origine, le dispositif mis en place par Pékin devait avoir une portée beaucoup plus large en couvrant sept secteurs, dont l’aviation et la pétrochimie. Mais le gouvernement a “revu ses ambitions à la baisse“, la croissance économique étant considérée comme prioritaire dans le contexte de la relance post-Covid, note Lauri Myllyvirta, analyste du Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur (CREA).

Mais Pékin a souligné que le marché carbone n’en est qu’à ses balbutiements. Le programme sera étendu aux producteurs de ciment et aux fabricants d’aluminium dès l’année prochaine, a indiqué Zhang Xiliang, concepteur du nouveau système. “L’objectif est de couvrir jusqu’à 10 000 entreprises émettrices, responsables d’environ 5 milliards de tonnes de carbone d’émissions supplémentaires par an“, a-t-il souligné.

La rédaction avec AFP

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