fbpx

Climat : Lancement d'une Alliance des générations pour co-construire le futur

https://www.novethic.fr/fileadmin/Portrait-Come-Girschig-DR.jpg

Publié le 12 novembre 2021

ENVIRONNEMENT

Face à l’urgence écologique, les discours portés par les anciennes et les nouvelles générations peuvent s’opposer, allant parfois jusqu’à la rupture. Côme Girschig, 26 ans et membre fondateur de l’association Jeunes ambassadeurs pour le climat, vient de co-lancer L’Alliance des générations, une initiative faisant travailler ensemble jeunes et retraités autour de projets climatiques dans les territoires. Interview.

Vous venez de lancer l’Alliance des générations. Pouvez-vous nous expliquer son principe ?                  

C’est un espace d’échanges entre les seniors et les jeunes générations afin qu’elles travaillent ensemble sur des projets climats locaux et concrets. On est parti du constat suivant : chaque année, il y a des centaines de milliers de personnes mises en retraite dont l’expérience n’est pas mise à contribution pour faire progresser la transition écologique. Au cours de leur parcours professionnel, ces personnes ont pourtant vécu différents moments du combat climatique et possèdent un vrai recul sur celui-ci. Notamment sur les erreurs commises. C’est Jacques Brégeon, 67 ans et fondateur du Collège des Hautes Études du Développement durable, qui a eu cette idée. Nous avons échangé ensemble et très vite j’ai décidé de soutenir l’initiative, officiellement lancée au sommet Talent for the Planet courant octobre à Paris. Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre de l’Environnement, ainsi que Jean Jouzel, ancien vice-président du GIEC, nous parrainent.

Quelle forme va prendre cette alliance ?

Rien n’est gravé dans le marbre pour le moment car on souhaite co-construire la structure à mesure que les gens nous rejoignent. On a cependant défini trois grands volets pour cette alliance. Un volet événementiel via lequel seront organisées des rencontres intergénérationnelles autour de la transition écologique dans les territoires. Ces espaces d’échanges ne seront pas réservés à des militants pour le climat car on souhaite rester transversal dans les approches. Une plateforme en ligne va également voir le jour. On y reportera les projets de nos membres et l’alliance les aidera à trouver des financements, voire à les répliquer au niveau national. Enfin, un think tank aura pour fonction de publier des rapports ou des études à partir des retours d’expériences récoltés sur le terrain.

De grandes figures de la jeunesse engagée pour le climat comme Greta Thunberg critiquent vertement l’irresponsabilité des anciennes générations. Est-ce pertinent ?

Je pense qu’il ne faut pas prendre ces discours au pied de la lettre. Ce qui est critiqué est avant tout la manière dont les gouvernants actuels refusent de remettre en cause un modèle qui n’est plus soutenable. Sur ce sujet, les jeunes engagés critiquent surtout les décideurs actuels, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes. Je ne suis pas persuadé qu’ils détestent leurs parents ou leurs grands-parents ! En fin de compte, cette jeunesse ne dénonce pas une génération en elle-même mais l’incapacité de changement de certains membres de cette génération. Pour autant, c’est un discours absolument nécessaire et bienvenu. Il dérange et c’est ce qu’on lui demande. Pour générer un changement radical, cette forme de radicalité dans les mots s’avère très utile. Mais cette approche est totalement stérile si elle n’est pas suivie d’actions. Il faut aussi souligner que l’angle politique tranché des discours de Greta Thunberg, pour ne citer qu’elle, a rendu audible de nombreuses autres voix engagées pour le changement climatique. En ce sens, Greta a d’autant plus sa fonction.

Depuis 2015, avez-vous constaté une amélioration du dialogue intergénérationnel dans les COP ?

Oui, assurément. Aujourd’hui, il y a des jeunes délégués qui participent aux négociations climat dans les COP. Des jeunes ont accès au secrétariat général des Nations-unies et conseillent António Guterres. À la COP21 en 2015, ce n’était pas du tout le cas. Leur influence dans ces instances est certes limitée mais il est indéniable que les jeunes ont plus accès à l’information décisive et aux décideurs politiques sur la question climatique.

Propos recueillis par @MathieuViviani

Pour en savoir plus ou lire la suite : Source | Lien vers l'article