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Climat : l'infographie qui dévoile pourquoi le monde n'est pas sur la voie de la transition

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Publié le 30 novembre 2021

INFOGRAPHIES & VIDÉOS

L’observatoire Climate Chance vient de publier son nouveau panorama de l’action climatique au niveau mondial. S’il y a quelques raisons de s’enthousiasmer avec l’envolée des ventes de voitures électriques ou le boom des énergies renouvelables, sur le fond, la transition n’est pas encore là. Les émissions de gaz à effet serre sont toujours en hausse et notre modèle de production et de consommation, basé sur les énergies fossiles, n’est pas remis en cause.

Pour la quatrième année consécutive, l’association Climate Chance dresse son bilan de l’action climatique au niveau mondial. Un exercice qui prend en compte les initiatives des États mais aussi des collectivités et des entreprises. Et il y a des éléments qui vont incontestablement dans le bon sens. Les énergies renouvelables, par exemple, ne cessent de progresser. Plus d’un tiers de la production mondiale d’électricité en 2020 a été assurée par des énergies bas carbone. De même, le marché des véhicules électriques apparaît comme l’un des rares secteurs auxquels la crise a profité. Les ventes de voitures électriques ont dépassé pour la première fois la barre symbolique des 10 millions d’unités vendues.

Mais en parallèle, le mix électrique mondial est encore largement dominé par les énergies fossiles. Et les émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie devraient encore croître de 4,4 % en 2021 par rapport à 2020 dans le G20, atteignant un niveau proche de celui de 2019. “Nous ne pouvons pas parler de transition, au niveau global, mais plutôt d’accumulation avec des contradictions significatives d’un monde qui s’adapte aux contraintes de la transition énergétique. Nous restons dans une logique d’accroissement de la production et de la consommation. Covid à part, nous n’avons jamais consommé autant de charbon, de pétrole et de gaz” résume Antoine Gillod, l’un des auteurs de l’épais rapport.

Climate chance 2021

Les véhicules électriques n’échappent pas à l’imaginaire de puissance

La Chine est sans aucun doute le pays qui incarne le mieux ces contradictions. Le pays est leader dans les renouvelables en concentrant la moitié des nouvelles capacités installées au niveau mondial. Mais Pékin est aussi à l’origine de 80 % des nouvelles centrales à charbon. Le secteur automobile suit lui aussi cette même logique. L’électrification massive des véhicules et l’explosion de leurs ventes sont des signaux encourageants. Mais près de deux véhicules électriques sur trois vendus dans le monde sont des SUV ou des grosses berlines, avec une empreinte carbone plus élevée que la moyenne. “Les véhicules électriques n’échappent pas à l’imaginaire de puissance” regrette le rapport.

En outre, l’électrification des usages n’est pas forcément vertueuse car elle n’est pas encore suivie d’une décarbonation du mix électrique, les deux étant aujourd’hui désynchronisées. “L’électrification est érigée en priorité. Elle prend le pas sur d’autres solutions socio-politiques qui pourraient émerger. Par exemple, dans le secteur de la mobilité, on pourrait réaménager le territoire, relocaliser les activités professionnelles et de loisirs… Ce sont des approches encore rares” commente Antoine Gillod, chargé de recherche au sein de l’Observatoire Climate Chance.

Parmi les autres contradictions mises en avant, il y a aussi la mauvaise adaptation de l’économie mondialisée aux transitions locales. “Les transitions régionales vont trop vite pour les chaînes d’approvisionnement mondiales” note ainsi le rapport. L’exemple le plus flagrant est celui du vélo, dont l’utilisation a été dopée par la pandémie. Près de 1 500 kilomètres de nouvelles infrastructures cyclables ont ainsi vu le jour entre 2020 et 2021 en Europe. Mais la filière a dû faire face à des pénuries en raison de la concentration de sa chaîne d’approvisionnement entre les mains d’une seule entreprise japonaise, qui a généré des goulets d’étranglement.

Des plans de relance ambigüs

Les plans de relance déployés pour faire face à la crise du Covid-19 illustrent eux aussi à merveille l’ambiguïté qui règne aujourd’hui autour de la transition énergétique. Selon l’Energy Policy Tracker, depuis le début de la pandémie, les pays du G20 se sont engagés à investir plus de 700 milliards de dollars dans leurs économies, dont environ 40 % pour des secteurs carbo-émetteurs et 37 % pour des secteurs bas-carbone…

“Aujourd’hui, l’éléphant dans la pièce c’est le pilotage et la réduction de la demande dans les stratégies de transition des différents acteurs. Ce sujet est complètement absent alors qu’il apparaît prioritaire pour atteindre nos objectifs climatiques” conclut Antoine Gillod.

Concepcion Alvarez @conce1

(1) Voir le bilan complet de Climate Chance, publié le 29 novembre

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