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Comment donner du sens à un travail pour lequel on ne se sent pas « vraiment fait » ?

Chroniques d’experts

Carrière

Le 01/09/2022

donner du sens au travail

(© Getty Images)


Temps de lecture : 4 minutes

La quête de sens au travail est primordiale pour bon nombre de collaborateurs. Mais trouver sa vocation n’est pas si simple. Voici quelques clés pour donner du sens à un emploi qui ne vous convient pas comme vous le souhaiteriez.

Pourquoi si peu de gens s’épanouissent dans leur travail ? Il y a quelques années, j’ai posé la question à Amy Wrzesniewski, professeure à la Yale School of Management, qui étudie le sujet. Son explication m’a semblé pleine de bon sens. Les étudiants, m’a-t-elle répondu, « pensent que leur vocation est cachée sous une pierre et que, à force de les retourner, ils finiront par la trouver ».

Les sondages confirment que la première chose que les millenials attendent d’un travail, c’est d’avoir du sens. Or les études d’Amy Wrzesniewski montrent que moins de 50 % des individus considèrent le leur comme une vocation. Beaucoup de ses étudiants se sentent anxieux, frustrés, et insatisfaits de leur emplois et de leur carrière, pourtant enviables sur le papier.

Ce qu’ils ne comprennent pas – comme beaucoup d’entre nous, en fait – c’est que, même sans être une vocation, un travail peut avoir du sens. Les quatre types de postes les plus répandus aux Etats-Unis (vendeur en magasin, caissier, préparateur de repas ou serveur et employé de bureau) sont rarement associés à la notion de sens, contrairement à ceux d’enseignant ou de médecin. Mais ils ont tous un point commun : leur raison d’être est d’aider autrui. Et, comme l’a aussi montré Adam Grant, professeur à la Wharton School de l’université de Pennsylvanie, les emplois considérés comme une forme de don sont davantage perçus comme ayant du sens que les autres.

Prise de conscience

Dès lors, il est possible de donner du sens à quasiment tous les postes dans n’importe quelle entreprise, étant donné que la plupart de celles-ci créent des produits ou des services pour répondre à un besoin auquel chaque employé contribue à sa façon. La clé est de vraiment prendre conscience du service que l’on fournit, à la fois au niveau global et au niveau individuel.

La question est : comment procéder ? Une première manière est d’établir une connexion avec l’utilisateur ou le bénéficiaire final. Adam Grant et ses collègues ont mené des études dont l’une a montré que les individus engagés dans une campagne de levée de fonds pour le compte de leur université et à qui l’on avait présenté des étudiants dont les frais de scolarité étaient couverts par les sommes collectées passaient 142 % plus de temps au téléphone et recueillaient 171 % plus de dons que ceux qui n’avaient pas rencontré les boursiers. Ainsi, que vos clients soient internes ou externes, se concentrer davantage sur eux et comprendre comment vous les aidez à mieux vivre ou à mieux travailler contribue à donner un sens à ce que vous faites.

« Envoyer un homme sur la Lune »

Autre stratégie : garder constamment en tête le but ultime de l’entreprise qui vous emploie. Pensez à cet échange célèbre entre un homme d’entretien et John F. Kennedy en visite à la Nasa, en 1962. Interrogé par le président américain sur ce qu’il faisait, l’employé lui a ainsi répondu : « Je contribue à envoyer un homme sur la Lune. » Chez Life is Good, une marque de vêtements connue pour ses tee-shirts colorés, tous les employés, des dirigeants aux ouvriers, adhèrent à sa mission de propager l’espoir et l’optimisme de par le monde. Si vous travaillez pour un cabinet comptable, vous aidez les gens ou les entreprises dans cette corvée qui consiste à remplir ses déclarations de revenus. Ou encore, si vous êtes aux cuisines dans un fast-food, vous permettez à des familles de se nourrir facilement à bon prix. Chacun de ces emplois a son utilité.

Tout est question d’attitude

Même si la mission de votre entreprise ou ses clients vous laissent indifférent, vous pouvez tout de même adopter une tournure d’esprit orientée vers le service, en considérant votre travail comme un moyen d’aider ceux qui vous sont chers. C’est notamment ce qu’illustre une étude portant sur des salariées d’un centre de traitement de coupons de réduction au Mexique, menée par Jochen Menges, enseignant à la WHU Otto Beisheim School of Management, en Allemagne, et une équipe de chercheurs. Elle a montré que les femmes trouvant leur travail ennuyeux étaient en général moins productives que celles le considérant comme gratifiant, sauf celles qui le voyaient (aussi fastidieux fut-il) comme un moyen de pourvoir aux besoins de leur famille. Cette attitude suffisait à les rendre aussi énergiques et productives que les plus enthousiastes. De nombreuses personnes regardent leur travail de cette façon : il leur permet de rembourser leur emprunt immobilier, de partir en vacances ou même de pratiquer une activité autre qui donne un sens à leur vie, comme proposer bénévolement du soutien scolaire, jardiner ou travailler le bois.

Tout le monde ne se trouve pas forcément de vocation. Pour autant, cela ne veut pas dire être condamné à s’abrutir dans le travail. Il suffit de le considérer comme un moyen d’aider autrui. Il prendra alors tout son sens.

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