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Contre toute attente, Emmanuel Macron se prononce contre l’exploitation minière des grands fonds marins

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macron ocean protection ludovic marin afp

Publié le 01 juillet 2022

ENVIRONNEMENT

C’était un rendez-vous qui ne devait pas déboucher sur des annonces fortes. Et pourtant, jeudi 30 juin, au dernier jour de la Conférence de l’ONU sur les océans à Lisbonne, Emmanuel Macron s’est prononcé contre l’exploitation des grands fonds marins. Si les ONG se réjouissent de cette position, elles demandent des preuves formelles que la France soutiendra cette position, alors que jusqu’ici, elle n’avait pas tenu ce cap. 

“Je pense que nous devons élaborer un cadre légal pour mettre un coup d’arrêt à l’exploitation minière des fonds en haute mer et ne pas autoriser de nouvelles activités qui mettraient en danger les écosystèmes”. Jeudi 30 juin, lors de la Conférence de l’ONU sur les océans, le Président Emmanuel Macron, assis devant un aquarium rempli de requins, s’est positionné contre l’exploitation minière des grands fonds marins. La déclaration a surpris les ONG. “C’est énorme”, a réagi sur Twitter la fondatrice de Bloom, Claire Nouvian. “C’est une première victoire importante”.

Si l’annonce est si étonnante, c’est qu’Emmanuel Macron n’a pas toujours tenu ce cap. En septembre 2021, lors du congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui s’est tenu à Marseille, la France s’était abstenue lors du vote d’une résolution visant à l’arrêt de l’exploitation des grands fonds marins. “Avant de se réjouir, les annonces de Lisbonne demandent à être confirmées par des engagements clairs et concrets sur plusieurs points”, fait valoir Greenpeace dans un communiqué.

Appel à un “Accord de Paris” de la biodiversité 

L’ONG s’inquiète de la position de la France quant à l’adoption d’un code minier sur l’exploitation minière de la haute mer à l’Autorité internationale des fonds marins d’ici juillet 2023. “Le seul cadre possible pour stopper l’exploitation de ces ressources est l’adoption d’un moratoire sur le code minier pour l’exploitation des ressources minérales. En toute logique, la France doit soutenir ce moratoire et rejoindre la coalition lancée à Lisbonne pour porter cette demande. Va-t-elle le faire ? La France va-t-elle porter politiquement ce moratoire dans les réunions à venir cette année à l’AIFM ?”, interroge Greenpeace. 

La position de la France, deuxième plus grand domaine maritime au monde, est particulièrement attendue alors qu’Emmanuel Macron a annoncé que la France se portait candidate à l’organisation de la prochaine conférence des Nations-Unies sur les océans en 2025, au côté du Costa Rica. “Nous devons nous fixer, comme lors des accords de Paris en 2015, des objectifs ambitieux pour la biodiversité et singulièrement pour les océans”. La France a déjà été hôte d’un sommet à Brest sur les océans en février. Emmanuel Macron avait alors plaidé pour la conclusion à l’Organisation mondiale du commerce d’un accord contre les aides publiques à la surpêche et la pêche illicite, qui s’est concrétisé depuis.

Des aires marines “gérées” pas “protégées”

Quelque 500 acteurs ont également rejoint “l’engagement mondial pour lutter contre la pollution plastique” promu par le Programme des Nations unies pour l’environnement et la Fondation Ellen McArthur. Alors que moins de 10% des océans du monde sont actuellement protégés, 100 pays ont rejoint une coalition préconisant de réserver 30% de la surface terrestre et océanique de la planète à des zones protégées d’ici 2030.

Le sujet est particulièrement épineux. Selon plusieurs études, ces chiffres ne correspondent pas aux standards internationaux et pourraient baisser le niveau d’ambition des négociations internationales sur le sujet. “Ce n’est que de la protection de papier”, s’insurge Élodie Martinie-Cousty, spécialiste Océans, mers et littoraux pour France nature environnement (FNE) pour qui les 30 % de mers et de terres vont être “gérées” plutôt que “protégées”. “Sur les 34 % d’aires protégées annoncées par Emmanuel Macron, seules 4 % sont intégralement protégées. Et parmi ces 4 %, 2,5 % sont situées en terres australes et antarctiques françaises où l’activité humaine est moins forte. Les 30 % restants, c’est faux”, affirme-t-elle.

Marina Fabre Soundron @fabre_marina avec AFP

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