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COP26 : Il n’y a pas que le climat dans la vie

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Publié le 05 novembre 2021

ENVIRONNEMENT

La limitation du réchauffement de la planète à +1,5 °C est devenue le cap à suivre pour de nombreux États et entreprises. Or, cette lutte, considérée comme prioritaire, relègue au second plan des crises environnementales tout aussi primordiales. Surtout, les politiques climatiques dans leur ensemble prennent très peu en compte les droits humains. Un angle mort qui pourrait faire vaciller la transition écologique. 

C’est un seuil critique que les politiques du monde entier ont intégré : la planète ne doit pas se réchauffer de plus de 1,5°C pour limiter les conséquences du changement climatique. Aujourd’hui, on s’en rapproche. Une étude de l’Agence internationale de l’Énergie révèle que si les promesses climatiques prises pendant la COP26, qui se tient en ce moment à Glasgow jusqu’au 12 novembre, sont appliquées, le réchauffement serait limité à 1,8°C. Du côté des entreprises et des investisseurs, la direction est la même. Les engagements des grands groupes visant la neutralité carbone se multiplient. L’enjeu est d’abord et avant tout de ne pas libérer plus de CO2.

Mais cette bataille est-elle vraiment la seule à mener ? Car derrière le climat, d’autres enjeux tout aussi primordiaux peinent à émerger : la lutte contre l’artificialisation des sols, la pollution des rivières et des champs, la sixième extinction de masse des animaux… Si la COP15 biodiversité, qui s’est tenue début octobre a remis le sujet sur le devant de la scène, l’engouement du secteur privé notamment pour le sujet, est récent et limité. Les enjeux sociaux et de respect des droits humains, indirectement liés à la crise environnementale sont quant à eux encore plus marginalisés. 

Des efforts pour la transition juste 

À la veille de l’ouverture de la COP26, la Haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, a ainsi appelé à s’attaquer au triptyque climat-pollution-perte de biodiversité. “S’attaquer à la triple crise environnementale mondiale est un impératif humanitaire, un impératif pour les droits humains, un impératif de consolidation de la paix et un impératif de développement”, a-t-elle affirmé. “En s’intensifiant, ces menaces environnementales constitueront le plus important défi pour l’exercice des droits humains de notre ère”, a-t-elle ajouté.

Dans ce sillage, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a pris, début octobre deux décisions majeures. D’une part, il a adopté une résolution reconnaissant le droit à un environnement “sûr, propre, sain et durable”, et, d’autre part, il a créé un nouveau poste, celui de rapporteur pour la protection des droits humains face au changement climatique. “C’est le début d’une nouvelle ère pour une politique environnementale et climatique fondée sur la protection des droits”, se réjouissait alors l’association Notre affaire à tous.

Car aujourd’hui, les droits humains et par extension les enjeux sociaux sont l’angle mort des politiques climatiques et environnementales. On l’a notamment vu en France avec l’apparition du mouvement des Gilets jaunes dont l’étincelle de la mobilisation a été l’augmentation de la taxe carbone et, logiquement, du prix des carburants. Or aujourd’hui “il y a encore beaucoup de travail à faire pour que la transition juste devienne un élément clé des plans climatiques de tous les États”, explique Eddy Pérez, directeur de la diplomatie climatique internationale au Réseau action climat Canada.  

La COP26 n’échappe pas à la règle

La compensation carbone des États et des entreprises est un exemple criant de cette non-articulation des luttes. Les forêts tropicales, immenses puits de carbone, sont devenues des eldorados de la compensation mais ces pratiques bafouent en général les droits des populations qui y vivent. Et ne sont pas forcément bénéfiques pour l’environnement. En bouleversant l’équilibre des sols, ces arbres peuvent en effet émettre davantage de carbone qu’ils n’en absorbent. 

La COP26, censée être la première à articuler le climat avec la biodiversité, n’échappe pas à la règle. La première semaine a vu les annonces se multiplier sur la neutralité carbone, le méthane ou encore les énergies fossiles. Un panel sur l’océan prévu en début de semaine a finalement été supprimé de l’ordre du jour. Et la thématique “nature” est organisée samedi 6 novembre, loin des radars médiatiques qui peinent déjà à relayer l’événement.

Marina Fabre, @fabre_marina 

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