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COP26 : les marchés carbone au cœur des négociations cette semaine

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Publié le 09 novembre 2021

ENVIRONNEMENT

Les ministres sont arrivés à Glasgow et ils vont devoir se retrousser les manches. Au programme des discussions, il y a notamment les marchés carbone (article 6 de l’Accord de Paris), un dossier qui patine depuis six ans. Si les États ont pu avancer la semaine dernière, de très nombreuses options contradictoires sont encore sur la table. Elles peuvent faire pencher la balance d’un côté comme de l’autre. Voici les principaux enjeux à avoir en tête sur ce sujet. 

C’est la grosse épine dans le pied des négociateurs : la création d’un marché mondial du carbone, prévu par l’article 6 de l’Accord de Paris, en souffrance depuis six ans. Les discussions s’étaient encore terminées sur un échec à la COP25 de Madrid et il paraît impensable qu’elles n’aboutissent pas à Glasgow car cela fragiliserait l’ensemble du traité. Il s’agit de définir un cadre pour réglementer les échanges de crédits de carbone entre pays ou entre acteurs publics et privés.

Les pays pourront acheter ou vendre des quotas d’émissions à d’autres pays ou bien organiser des projets spécifiques à l’étranger qui permettront de comptabiliser la baisse des émissions dans leur propre objectif”, détaille Stéphane Crouzat, l’ambassadeur français chargé des négociations sur le changement climatique. Après quatre versions différentes publiées la semaine dernière, les ministres arrivés à Glasgow lundi 8 novembre doivent désormais trancher de nombreuses options laissées entre crochets.

Des progrès mais beaucoup d’options sur la table

C’est la première fois que les pays arrivent à dialoguer sur l’article 6. Ils ont pu avancer assez vite, se réjouit Myrto Tilianki, chargée de plaidoyer au CCFD-Terre solidaire. Certaines propositions positives concernent le respect des droits humains et des peuples autochtones avec notamment la mise en place d’un mécanisme de plainte, ou les mécanismes non-marchands, longtemps relégués au second plan. Mais la dernière version contient beaucoup de propositions contradictoires qu’il va falloir trancher dans les prochains jours ».

Un accord semblait à portée de main à l’approche de la COP, le Brésil, pays bloquant, ayant accepté de faire un pas vers plus de flexibilité. Mais les pourparlers de la semaine dernière se sont heurtés à de nouveaux obstacles. Les pays en développement exigent notamment qu’une part des échanges sur les marchés carbone leur revienne afin de lutter contre le changement climatique et faire face à ses impacts. L’Union européenne et les États-Unis ont adressé une fin de non-recevoir.

Parmi les autres leviers à lever, il y a le risque de double-comptage des crédits carbone. Si les crédits ne sont pas échangés avec suffisamment de transparence et de responsabilité, il y a en effet un risque que le pays qui vend un crédit carbone et celui qui l’achète le déduisent tous les deux de leur bilan carbone. Enfin, certains pays, comme l’Inde ou le Brésil, plaident pour la réutilisation des anciens crédits accumulés sous le protocole de Kyoto, mais cette surabondance aurait pour effet de noyer totalement le marché.

Plus que la totalité des terres arables de la planète

S’il est urgent de fixer ces règles, alors que le marché de la compensation carbone est en plein essor, de nombreux pays restent fermes sur le fait qu’il vaut mieux ne pas avoir d’accord qu’un accord au rabais. “Lors de la COP 25 de Madrid, plus de 30 pays de l’UE, d’Amérique latine, des Caraïbes et des Petits États insulaires en développement, emmenés par le Costa Rica, ont défini ce que des règles solides signifiaient pour eux dans les Principes de San José, et ont préféré reporter une décision plutôt que d’accepter des règles qui ne répondraient pas à ces normes et pourraient compromettre la réduction collective des émissions” rappelle Lola Vallejo de l’Iddri.

Même position du côté de la société civile, où on estime qu’un accord obtenu coûte que coûte ne sera pas synonyme de succès. Myrto Tilianaki insiste également sur l’importance d’exclure le secteur des terres (projets agricoles ou forestiers) du marché carbone “en raison de leurs impacts sur les droits humains et la biodiversité“. D’après les calculs d’Oxfam, pour éliminer les émissions de carbone dans le monde afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 à partir de la seule utilisation des terres, il faudrait planter au moins 1,6 milliard d’hectares de forêts, soit l’équivalent de cinq fois la superficie de l’Inde ou plus que la totalité des terres arables de la planète.

Concepcion Alvarez @conce1

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